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Libre-échange agricole: sacrifier la paysannerie suisse?
04.11.2008

Libre-échange agricole: sacrifier la paysannerie suisse?

En ouvrant des négociations sur un accord de libre-échange agricole avec l'Union européenne, la conseillère fédérale Doris Leuthard fait un pas dans la mauvaise direction. L'ouverture des...

(UDC) En ouvrant des négociations sur un accord de libre-échange agricole avec l'Union européenne, la conseillère fédérale Doris Leuthard fait un pas dans la mauvaise direction. L'ouverture des frontières dans le secteur agricole réduit encore une fois le degré d'auto-approvisionnement de la Suisse, compromet la souveraineté alimentaire du pays et menace des dizaines de milliers d'emplois.

Bien que l'UDC ait à plusieurs reprises rappelé les problèmes énormes que le libre-échange agricole pose aux paysans suisses, le Conseil fédéral a décidé d'entamer des négociations avec Bruxelles sur un tel accord. Le gouvernement tient donc à ouvrir encore davantage les frontières alors que les expériences faites jusqu'ici dans les secteurs déjà libéralisés de l'agriculture ne sont pas positives, beaucoup s'en faut.

Ce développement menace les bases de l'agriculture suisse. Dans un marché agricole totalement libéralisé, les biens sont produits là où c'est le moins cher. Or, les paysans suisses ne peuvent tout simplement pas soutenir la concurrence au niveau des prix. La situation de départ en Suisse est totalement différente de celles des pays de l'UE: les exploitations helvétiques sont plus petites en surface, les coûts salariaux sont plus élevés et les paysans suisses subissent une législation beaucoup plus sévère que leurs concurrents étrangers, par exemple en ce qui concerne la protection des animaux, de l'environnement et de l'eau. Ces facteurs compromettent la compétitivité internationale des agriculteurs suisses.

Les paysans suisses produisent des denrées alimentaires de haute qualité et apportent ainsi une contribution notable à la sécurité de l'approvisionnement et à la souveraineté alimentaire de la Suisse. L'ouverture complète du marché agricole serait fatale, car le taux d'auto-approvisionnement déjà très bas de la Suisse tomberait à moins de 30% avec un accord de libre-échange. Avec la suppression complète des barrières frontalières, le revenu agricole baisserait jusqu'à 60% et on assisterait à une vague de disparition des exploitations agricoles encore jamais connue jusque là. Les paysans suisses seraient éliminés par les producteurs industriels étrangers et le mandat constitutionnel de l'agriculture suisse deviendrait désuet.

L'UDC ne peut pas accepter que le Conseil fédéral et, plus particulièrement, la responsable du DFE, Doris Leuthard, jouent avec l'existence de milliers de paysans suisses. L'accord de libre-échange agricole ruine l'agriculture suisse, conduit à la perte d'emplois et accroît la dépendance de la Suisse de l'étranger. L'affaire est assez grave pour que, le cas échéant, l'UDC combatte un éventuel accord avec un référendum.

Berne, 4 novembre 2008

04.11.2008

Libre-échange agricole: sacrifier la paysannerie suisse?

En ouvrant des négociations sur un accord de libre-échange agricole avec l'Union européenne, la conseillère fédérale Doris Leuthard fait un pas dans la mauvaise direction. L'ouverture des...

(UDC) En ouvrant des négociations sur un accord de libre-échange agricole avec l'Union européenne, la conseillère fédérale Doris Leuthard fait un pas dans la mauvaise direction. L'ouverture des frontières dans le secteur agricole réduit encore une fois le degré d'auto-approvisionnement de la Suisse, compromet la souveraineté alimentaire du pays et menace des dizaines de milliers d'emplois.

Bien que l'UDC ait à plusieurs reprises rappelé les problèmes énormes que le libre-échange agricole pose aux paysans suisses, le Conseil fédéral a décidé d'entamer des négociations avec Bruxelles sur un tel accord. Le gouvernement tient donc à ouvrir encore davantage les frontières alors que les expériences faites jusqu'ici dans les secteurs déjà libéralisés de l'agriculture ne sont pas positives, beaucoup s'en faut.

Ce développement menace les bases de l'agriculture suisse. Dans un marché agricole totalement libéralisé, les biens sont produits là où c'est le moins cher. Or, les paysans suisses ne peuvent tout simplement pas soutenir la concurrence au niveau des prix. La situation de départ en Suisse est totalement différente de celles des pays de l'UE: les exploitations helvétiques sont plus petites en surface, les coûts salariaux sont plus élevés et les paysans suisses subissent une législation beaucoup plus sévère que leurs concurrents étrangers, par exemple en ce qui concerne la protection des animaux, de l'environnement et de l'eau. Ces facteurs compromettent la compétitivité internationale des agriculteurs suisses.

Les paysans suisses produisent des denrées alimentaires de haute qualité et apportent ainsi une contribution notable à la sécurité de l'approvisionnement et à la souveraineté alimentaire de la Suisse. L'ouverture complète du marché agricole serait fatale, car le taux d'auto-approvisionnement déjà très bas de la Suisse tomberait à moins de 30% avec un accord de libre-échange. Avec la suppression complète des barrières frontalières, le revenu agricole baisserait jusqu'à 60% et on assisterait à une vague de disparition des exploitations agricoles encore jamais connue jusque là. Les paysans suisses seraient éliminés par les producteurs industriels étrangers et le mandat constitutionnel de l'agriculture suisse deviendrait désuet.

L'UDC ne peut pas accepter que le Conseil fédéral et, plus particulièrement, la responsable du DFE, Doris Leuthard, jouent avec l'existence de milliers de paysans suisses. L'accord de libre-échange agricole ruine l'agriculture suisse, conduit à la perte d'emplois et accroît la dépendance de la Suisse de l'étranger. L'affaire est assez grave pour que, le cas échéant, l'UDC combatte un éventuel accord avec un référendum.

Berne, 4 novembre 2008