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Schengen est un désastre
30.12.2010

Schengen est un désastre

Le projet Schengen, à savoir la construction d'un grand espace de sécurité uniforme et organisé incluant des Etats extrêmement divers, se heurte tous les jours à la réalité pratique. Ce projet est...

Le projet Schengen, à savoir la construction d'un grand espace de sécurité uniforme et organisé incluant des Etats extrêmement divers, se heurte tous les jours à la réalité pratique. Ce projet est une illusion de plus en plus onéreuse. Entre-temps nous devons accepter une augmentation constante de l'afflux de personnes sans documents valables ou munies de visas falsifiés franchissant les frontières non surveillées de la Suisse. Et aussi que des bandes criminelles opèrent depuis les zones frontières voisines pour lancer de véritables rapines en Suisse et retourner ensuite à l'étranger en franchissant sans encombre les frontières. A cela s'ajoute un chaos au niveau de la répartition des compétences entre le Corps des gardes-frontière et les polices cantonales, l'abandon de la souveraineté législative, des gros problèmes d'efficacité et de financement pour le système d'investigation policière SIS ainsi qu'une augmentation massive des coûts par rapport aux chiffres avancés avant la votation populaire. En comparant les avantages et les inconvénients de Schengen, on arrive à une conclusion évidente: renégocier ou résilier. Le prétendu espace de sécurité Schengen est devenu un dangereux espace d'insécurité.

Le 12 décembre dernier il y avait juste deux ans depuis l'adhésion de la Suisse à l'accord de Schengen. Une bonne raison pour l'UDC de dresser un bilan. Personne ne l'a fait jusqu'ici. Ni le Conseil fédéral, ni les organisations concernées, ni les autres partis politiques n'ont jugé nécessaire d'évoquer les deux années d'appartenance à l'espace Schengen. C'est plus que curieux, c'est suspect. Il semble que l'on préfère passer cet anniversaire sous silence que le célébrer.

Ce silence est compréhensible. Schengen est d'abord synonyme d'assujettissement à un régime juridique étranger. La Suisse a dû modifier une foule de textes légaux après l'adhésion à Schengen. Il a fallu nouvellement créer ou modifier quelque 500 pages de lois et d'ordonnances. Depuis que la Suisse est membre de l'espace Schengen, l'UE lui dicte au rythme hebdomadaire les développements du droit Schengen que nous sommes contraints de reprendre. La Suisse s'est vu imposer 112 adaptations légales - en partie fort problématiques - faute de quoi l'UE aurait immédiatement déclenché la procédure de résiliation de tout le contrat.

Il suffit de comparer les promesses faites par le Conseil fédéral avant la votation sur Schengen avec la réalité d'aujourd'hui pour comprendre que la Suisse a adhéré à un traité extrêmement problématique. Dans ses explications de vote, le Conseil fédéral affirmait que l'adhésion de la Suisse à Schengen allait accroître la sécurité du pays grâce à la coopération transfrontalière, au contrôle commun des frontières extérieures de Schengen et à la banque de données commune pour les investigations policières. Le fait est que nous avons depuis l'adhésion à Schengen il y a deux ans nettement plus d'immigrants clandestins et de touristes criminels. Les statistiques policières cantonales confirment ce constat. La frontière extérieure de l'UE est quasi incontrôlable. Le système de recherche policière SIS cause de graves soucis aux autorités européennes: il manifeste des déficiences évidentes, il est suranné et sa modernisation n'avance pas. Et, parallèlement, le coût de ce système a entre-temps décuplé. Ensuite, le Conseil fédéral annonçait que, grâce à une politique commune en matière de visas, ces derniers seraient attribués selon des critères uniformes et les demandes soigneusement examinées dans tout l'espace Schengen. Le fait est que la police suisse des étrangers interpelle un nombre croissant de personnes circulant avec de faux visas Schengen. Pour couronner le tout, les coûts ont explosé. Dans ses explications de vote, le Conseil fédéral avait parlé d'un coût de 7,4 millions de francs par an. La réalité est que l'appartenance à Schengen à coûté à ce jour 185 millions de francs à la Suisse, soit le quintuple du prix annoncé.

Le bilan des avantages et des inconvénients que l'accord de Schengen apporte à la Suisse débouche sur un résultat clair: la Suisse doit à nouveau surveiller elle-même ses frontières et reprendre le contrôle de l'octroi de visas. En formulant ces revendications, l'UDC ne demande ni plus, ni moins que ce qu'ont obtenu la Grande-Bretagne et l'Irlande. Ces deux pays participent à la coopération policière et judiciaire, mais contrôlent indépendamment leurs frontières et leur politique des visas.

L'UDC donne donc mandat au Conseil fédéral de renégocier l'accord de Schengen. Si un "opting-out" selon le modèle irlandais et britannique n'est pas possible, la Suisse doit résilier cet accord.

» La Suisse dans l'espace Schengen: un bilan après deux ans (décembre 2010) 

» Annexe - Les conséquences qualitatives et quantitatives de l'adhésion à l'accord de Schengen pour le régime juridique suisse

30.12.2010

Schengen est un désastre

Le projet Schengen, à savoir la construction d'un grand espace de sécurité uniforme et organisé incluant des Etats extrêmement divers, se heurte tous les jours à la réalité pratique. Ce projet est...

Le projet Schengen, à savoir la construction d'un grand espace de sécurité uniforme et organisé incluant des Etats extrêmement divers, se heurte tous les jours à la réalité pratique. Ce projet est une illusion de plus en plus onéreuse. Entre-temps nous devons accepter une augmentation constante de l'afflux de personnes sans documents valables ou munies de visas falsifiés franchissant les frontières non surveillées de la Suisse. Et aussi que des bandes criminelles opèrent depuis les zones frontières voisines pour lancer de véritables rapines en Suisse et retourner ensuite à l'étranger en franchissant sans encombre les frontières. A cela s'ajoute un chaos au niveau de la répartition des compétences entre le Corps des gardes-frontière et les polices cantonales, l'abandon de la souveraineté législative, des gros problèmes d'efficacité et de financement pour le système d'investigation policière SIS ainsi qu'une augmentation massive des coûts par rapport aux chiffres avancés avant la votation populaire. En comparant les avantages et les inconvénients de Schengen, on arrive à une conclusion évidente: renégocier ou résilier. Le prétendu espace de sécurité Schengen est devenu un dangereux espace d'insécurité.

Le 12 décembre dernier il y avait juste deux ans depuis l'adhésion de la Suisse à l'accord de Schengen. Une bonne raison pour l'UDC de dresser un bilan. Personne ne l'a fait jusqu'ici. Ni le Conseil fédéral, ni les organisations concernées, ni les autres partis politiques n'ont jugé nécessaire d'évoquer les deux années d'appartenance à l'espace Schengen. C'est plus que curieux, c'est suspect. Il semble que l'on préfère passer cet anniversaire sous silence que le célébrer.

Ce silence est compréhensible. Schengen est d'abord synonyme d'assujettissement à un régime juridique étranger. La Suisse a dû modifier une foule de textes légaux après l'adhésion à Schengen. Il a fallu nouvellement créer ou modifier quelque 500 pages de lois et d'ordonnances. Depuis que la Suisse est membre de l'espace Schengen, l'UE lui dicte au rythme hebdomadaire les développements du droit Schengen que nous sommes contraints de reprendre. La Suisse s'est vu imposer 112 adaptations légales - en partie fort problématiques - faute de quoi l'UE aurait immédiatement déclenché la procédure de résiliation de tout le contrat.

Il suffit de comparer les promesses faites par le Conseil fédéral avant la votation sur Schengen avec la réalité d'aujourd'hui pour comprendre que la Suisse a adhéré à un traité extrêmement problématique. Dans ses explications de vote, le Conseil fédéral affirmait que l'adhésion de la Suisse à Schengen allait accroître la sécurité du pays grâce à la coopération transfrontalière, au contrôle commun des frontières extérieures de Schengen et à la banque de données commune pour les investigations policières. Le fait est que nous avons depuis l'adhésion à Schengen il y a deux ans nettement plus d'immigrants clandestins et de touristes criminels. Les statistiques policières cantonales confirment ce constat. La frontière extérieure de l'UE est quasi incontrôlable. Le système de recherche policière SIS cause de graves soucis aux autorités européennes: il manifeste des déficiences évidentes, il est suranné et sa modernisation n'avance pas. Et, parallèlement, le coût de ce système a entre-temps décuplé. Ensuite, le Conseil fédéral annonçait que, grâce à une politique commune en matière de visas, ces derniers seraient attribués selon des critères uniformes et les demandes soigneusement examinées dans tout l'espace Schengen. Le fait est que la police suisse des étrangers interpelle un nombre croissant de personnes circulant avec de faux visas Schengen. Pour couronner le tout, les coûts ont explosé. Dans ses explications de vote, le Conseil fédéral avait parlé d'un coût de 7,4 millions de francs par an. La réalité est que l'appartenance à Schengen à coûté à ce jour 185 millions de francs à la Suisse, soit le quintuple du prix annoncé.

Le bilan des avantages et des inconvénients que l'accord de Schengen apporte à la Suisse débouche sur un résultat clair: la Suisse doit à nouveau surveiller elle-même ses frontières et reprendre le contrôle de l'octroi de visas. En formulant ces revendications, l'UDC ne demande ni plus, ni moins que ce qu'ont obtenu la Grande-Bretagne et l'Irlande. Ces deux pays participent à la coopération policière et judiciaire, mais contrôlent indépendamment leurs frontières et leur politique des visas.

L'UDC donne donc mandat au Conseil fédéral de renégocier l'accord de Schengen. Si un "opting-out" selon le modèle irlandais et britannique n'est pas possible, la Suisse doit résilier cet accord.

» La Suisse dans l'espace Schengen: un bilan après deux ans (décembre 2010) 

» Annexe - Les conséquences qualitatives et quantitatives de l'adhésion à l'accord de Schengen pour le régime juridique suisse