Exposé

La 5e révision de l’AI – une approche critique

La 5e révision de l’AI est un pas important et même indispensable vers l’assainissement de l’assurance-invalidité. Il serait cependant faux de croire qu’elle résout tous les problèmes. D’autres réform

Marcel Scherer
Hünenberg (ZG)

La 5e révision de l’AI est un pas important et même indispensable vers l’assainissement de l’assurance-invalidité. Il serait cependant faux de croire qu’elle résout tous les problèmes. D’autres réformes devront être entreprises à cet effet. Mais au moins cette 5e révision contribue-t-elle à stabiliser les structures de l’AI.

Le Parti socialiste ayant des années durant tout mis en œuvre pour protéger l’industrie du social et de l’assistance, les abus ont pu proliférer librement. Aujourd’hui, on peut même parler d’une « balkanisation » de l’AI dans certains cantons comme, par exemple, dans celui de Zoug, mon canton d’origine, où une étude scientifique a révélé que les personnes d’ex-Yougoslavie étaient largement sur-représentées dans cette assurance: alors qu’elles ne représentent que 6,1% de la population, elles constituent 20,8 des rentiers AI. Autre exemple: dans le demi-canton de Bâle-Ville, une personne sur dix en âge d’exercer une activité lucrative touche une rente AI. Par sa politique, la gauche a systématiquement encouragé ces abus. Pourtant, la loi actuelle sur l’AI ne prévoit pas d’accorder des rentes aux profiteurs, aux paresseux et à d’autres éléments asociaux.

L’un des objectifs de cette 5e révision de l’AI est précisément de combattre les abus. Et, une fois de plus, c’est le Parti socialiste qui, non content d’encourager par sa politique les abus dans l’AI, s’oppose à la moindre correction du système actuel en soutenant le référendum contre cette révision. Il y a quelques mois, les socialistes avaient fait de même en combattant les nouvelles lois sur l’asile et sur les étrangers qui visaient également à corriger les abus massifs commis dans ce domaine. Mais cet acharnement de la gauche à protéger des dysfonctionnements évidents n’a rien d’étonnant: une bonne partie de l’électorat rouge-vert profite de la manne distribuée toujours plus généreusement par l’AI. De nombreux bureaux d’avocats, les employés de l’industrie AI, les offices fédéraux concernés, les tribunaux et une armée de médecins et de psychiatres vivent fort confortablement des abus dont est victime cette institution. Et il ne faut surtout pas que cela change, car le PS a fait des promesses à sa clientèle.

L’UDC, de son côté, combat avec véhémence ce copinage social contrôlé par la gauche et dont l’unique but est de tirer de l’argent des poches des citoyens travailleurs. Avec pour conséquence un affaiblissement progressif de l’économie.

L’un des aspects positifs de cette 5e révision de l’AI est de maintenir la souplesse du marché du travail suisse. Mieux que tous les autres pays membres de l’OCDE, la Suisse a su jusqu’ici réinsérer les personnes handicapées dans le processus de la vie professionnelle. D’ailleurs, des quotas d’employés handicapés seraient difficiles à imposer dans un pays dont 99,7% des entreprises sont des PME et dont 87,9% des entreprises emploient moins de 10 collaborateurs.

Le principal acquis de cette 5e révision de l’AI, c’est in investissement annuel d’un montant de 434 millions de francs en moyenne dans la réinsertion professionnelle de personnes frappées d’une incapacité de travailler. Contrairement aux allégations bruyantes de la gauche, dont le trio Dreifuss-Piller-Breitenmoser est le principal responsable de la ruine de l’AI, cette révision ne se fait donc nullement sur le dos des handicapés, mais constitue au contraire un investissement énorme dans le rétablissement de leur capacité de travailler. L’objectif des nouvelles mesures mises en place est d’identifier aussi rapidement que possible le risque d’invalidité afin de prendre immédiatement les mesures qui s’imposent pour maintenir un maximum de personnes dans le marché du travail.

Nonobstant la tendance de la gauche à offrir des rentes AI à tour de bras même quand elles ne sont nullement justifiées, cette réforme marque un retour au principe fondamental qui s’appelle « la réinsertion avant la rente ». Utile à la fois aux assurés et à l’assurance, la 5e révision de l’AI contribue aussi à l’assainissement de cette institution. Grâce aussi aux mesures d’économie ponctuelles prévues dans cette réforme, les dépenses de l’AI pourront être réduite à moyen terme d’environ un demi-milliard de francs par an. Cela ne suffit certes pas à assainir définitivement les structures de l’AI, mais cette 5e révision permettra tout de même de freiner l’explosion du nombre de nouvelles rentes, donc de stabiliser structurellement l’AI.

L’AI ne pourra prendre la place qui lui revient dans la sécurité sociale que si les abus dont elle fait l’objet sont systématiquement combattus. L’AI doit redevenir une assurance sociale qui offre une base existentielle aux personnes frappées d’une incapacité de gain, et à elles seulement. Elle ne retrouvera la confiance de la population que quand elle réservera ses prestations exclusivement aux personnes qui y ont réellement droit. Il en va de l’avenir à long terme de l’AI qui ne peut subsister que si elle est acceptée par toute la population.

La 5e révision de l’AI est nécessaire et importante, mais elle n’est qu’un premier pas vers le règlement des dysfonctionnements qui grèvent cette institution. D’autres pas sont nécessaires pour assainir définitivement les structures de l’AI. Un groupe de travail interne de l’UDC proposera prochainement des mesures supplémentaires pour poursuivre l’assainissement de cette assurance.

Marcel Scherer
Hünenberg (ZG)
 
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