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Non à l'initiative «Pas de spéculation sur les denrées alimentaires»
31.10.2015 - Guy Parmelin

Non à l'initiative «Pas de spéculation sur les denrées alimentaires»

Une nouvelle recette à la sauce socialiste totalement inefficace

 
En préambule, il convient de dire clairement que le droit fondamental de chaque être humain à une alimentation suffisante est reconnu sur le plan international. Ceci dit, la Suisse est-elle responsable des malheurs de ce monde ? Est-elle à l’origine de la sous-alimentation chronique qui frappe une personne sur huit dans le monde ? Non, bien évidemment. Et la politique menée par la Suisse depuis des années vise, par des actes concrets, l’objectif d’améliorer la situation dans les pays les plus concernés par des carences en la matière. Les Jeunes socialistes n’ont donc, ni le monopole du cœur, ni celui de la compassion.

La question primordiale est plutôt la suivante : l’acceptation de cette initiative va-t-elle améliorer la situation dans les pays dont la population souffre régulièrement de la faim? A nouveau, la réponse est bien évidemment non.

Les faits démontrent clairement que la hausse du prix des matières premières agricoles ne peut pas être attribuée à un seul facteur et en tous les cas pas à une éventuelle spéculation. Les aléas climatiques, l’insécurité dans des zones de production, les changements d’habitudes alimentaires, l’augmentation considérable de la population à nourrir dans les pays émergents sans oublier la raréfaction des terres cultivables sont les causes essentielles de la fluctuation des prix des denrées agricoles. Dans les années 2007 et 2008, le blocage des exportations par des pays tels l’Inde, qui voulaient assurer en priorité l’approvisionnement de leur propre population a ajouté encore plus d’instabilité sur les marchés ; des stocks plus bas que la moyenne ont achevé de pousser les prix mondiaux à la hausse avec les conséquences que l’on connaît, particulièrement dans les pays fortement dépendants des importations. Il n’y a donc pas eu spéculation, mais bien déséquilibre entre l’offre et la demande. Ce n’est donc pas en changeant la Constitution suisse que ce problème d’adéquation va être résolu !

D’ailleurs, même un marché agricole tel celui du riz, qui échappe à ce qu’on appelle la financiarisation, a connu des fortes hausses de prix. Et la confirmation que les accidents climatiques, dans des zones de production importantes du globe, sont la cause essentielle des augmentations de prix sur les marchés survenue en 2011 et 2012. Sécheresse et incendies de forêts en Russie, aux USA, graves pluies en Australie et gel en Inde ont fait fondre les stocks mondiaux et poussé les prix à la hausse car certains Etats ont dû importer massivement et d’autres ont tout simplement stoppé leurs exportations pour préserver leurs propres populations du risque de pénurie et de flambée des prix.

L’initiative n’apporte donc de toute évidence aucune solution à un problème grave et lancinant qui est celui d’améliorer l’accès de millions de personnes à une alimentation suffisante.

En revanche, elle va avoir des conséquences importantes dans notre pays car elle s’attaque directement aux acteurs du commerce international des dérivés agricoles établis en Suisse. La région lémanique serait tout particulièrement frappée de plein fouet tout comme Zoug, Lugano et Zurich d’ailleurs. Elle enregistrerait des pertes d’emplois et de valeur ajoutée importantes ainsi qu’une diminution des recettes fiscales car il serait très facile pour toute une partie des entreprises actives dans ce secteur de déplacer les opérations visées par l’initiative à l’étranger voire de délocaliser purement et simplement leur siège ou leurs succursales. Et la Suisse joue un rôle très important puisque 35% du commerce mondial des céréales, 50% de celui du sucre et 60% de celui du café s’effectuent dans notre pays selon des chiffres datant de 2010.

De plus, l’initiative ferait augmenter l’insécurité concernant l’évolution des conditions-cadre économiques dans notre pays et enverrait un signal négatif pour l’ensemble de la place économique suisse.

Notre pays s’engage en outre toujours plus pour améliorer les infrastructures dans les pays qui souffrent de pénuries chroniques. Routes, voies de chemin de fer, bâtiments permettant de stocker les denrées agricoles dans de bonnes conditions en limitant les pertes, voilà où doit porter l’effort principal.

Cette initiative n’est même pas une fausse bonne idée, mais elle est bien un non-sens total. Elle apporte une fois de plus la preuve que les recettes socialistes en matière économique sont à côté de la plaque puisqu’elle rate l’objectif principal qui est de lutter contre la pauvreté et la malnutrition chronique dans le monde. Il faut donc voter NON à ce texte sans état d’âme.

 

 

31.10.2015 - Guy Parmelin

Non à l'initiative «Pas de spéculation sur les denrées alimentaires»

Une nouvelle recette à la sauce socialiste totalement inefficace

 
En préambule, il convient de dire clairement que le droit fondamental de chaque être humain à une alimentation suffisante est reconnu sur le plan international. Ceci dit, la Suisse est-elle responsable des malheurs de ce monde ? Est-elle à l’origine de la sous-alimentation chronique qui frappe une personne sur huit dans le monde ? Non, bien évidemment. Et la politique menée par la Suisse depuis des années vise, par des actes concrets, l’objectif d’améliorer la situation dans les pays les plus concernés par des carences en la matière. Les Jeunes socialistes n’ont donc, ni le monopole du cœur, ni celui de la compassion.

La question primordiale est plutôt la suivante : l’acceptation de cette initiative va-t-elle améliorer la situation dans les pays dont la population souffre régulièrement de la faim? A nouveau, la réponse est bien évidemment non.

Les faits démontrent clairement que la hausse du prix des matières premières agricoles ne peut pas être attribuée à un seul facteur et en tous les cas pas à une éventuelle spéculation. Les aléas climatiques, l’insécurité dans des zones de production, les changements d’habitudes alimentaires, l’augmentation considérable de la population à nourrir dans les pays émergents sans oublier la raréfaction des terres cultivables sont les causes essentielles de la fluctuation des prix des denrées agricoles. Dans les années 2007 et 2008, le blocage des exportations par des pays tels l’Inde, qui voulaient assurer en priorité l’approvisionnement de leur propre population a ajouté encore plus d’instabilité sur les marchés ; des stocks plus bas que la moyenne ont achevé de pousser les prix mondiaux à la hausse avec les conséquences que l’on connaît, particulièrement dans les pays fortement dépendants des importations. Il n’y a donc pas eu spéculation, mais bien déséquilibre entre l’offre et la demande. Ce n’est donc pas en changeant la Constitution suisse que ce problème d’adéquation va être résolu !

D’ailleurs, même un marché agricole tel celui du riz, qui échappe à ce qu’on appelle la financiarisation, a connu des fortes hausses de prix. Et la confirmation que les accidents climatiques, dans des zones de production importantes du globe, sont la cause essentielle des augmentations de prix sur les marchés survenue en 2011 et 2012. Sécheresse et incendies de forêts en Russie, aux USA, graves pluies en Australie et gel en Inde ont fait fondre les stocks mondiaux et poussé les prix à la hausse car certains Etats ont dû importer massivement et d’autres ont tout simplement stoppé leurs exportations pour préserver leurs propres populations du risque de pénurie et de flambée des prix.

L’initiative n’apporte donc de toute évidence aucune solution à un problème grave et lancinant qui est celui d’améliorer l’accès de millions de personnes à une alimentation suffisante.

En revanche, elle va avoir des conséquences importantes dans notre pays car elle s’attaque directement aux acteurs du commerce international des dérivés agricoles établis en Suisse. La région lémanique serait tout particulièrement frappée de plein fouet tout comme Zoug, Lugano et Zurich d’ailleurs. Elle enregistrerait des pertes d’emplois et de valeur ajoutée importantes ainsi qu’une diminution des recettes fiscales car il serait très facile pour toute une partie des entreprises actives dans ce secteur de déplacer les opérations visées par l’initiative à l’étranger voire de délocaliser purement et simplement leur siège ou leurs succursales. Et la Suisse joue un rôle très important puisque 35% du commerce mondial des céréales, 50% de celui du sucre et 60% de celui du café s’effectuent dans notre pays selon des chiffres datant de 2010.

De plus, l’initiative ferait augmenter l’insécurité concernant l’évolution des conditions-cadre économiques dans notre pays et enverrait un signal négatif pour l’ensemble de la place économique suisse.

Notre pays s’engage en outre toujours plus pour améliorer les infrastructures dans les pays qui souffrent de pénuries chroniques. Routes, voies de chemin de fer, bâtiments permettant de stocker les denrées agricoles dans de bonnes conditions en limitant les pertes, voilà où doit porter l’effort principal.

Cette initiative n’est même pas une fausse bonne idée, mais elle est bien un non-sens total. Elle apporte une fois de plus la preuve que les recettes socialistes en matière économique sont à côté de la plaque puisqu’elle rate l’objectif principal qui est de lutter contre la pauvreté et la malnutrition chronique dans le monde. Il faut donc voter NON à ce texte sans état d’âme.