Articles dans
le temps
Non à l'utilisation de rentes AVS pour financer les dysfonctionnements de l'AI
04.09.2009

Non à l'utilisation de rentes AVS pour financer les dysfonctionnements de l'AI

Aujourd'hui, chaque personne, qu'elle soit millionnaire ou qu'elle ne gagne qu'un salaire minimal, verse 4.2% de son revenu à l'AVS aussi longtemps qu'elle exerce une activité lucrative...

Hans Uhlmann, anc. conseiller aux Etats, anc. président UDC Suisse, Bonau (TG)

Aujourd'hui, chaque personne, qu'elle soit millionnaire ou qu'elle ne gagne qu'un salaire minimal, verse 4.2% de son revenu à l'AVS aussi longtemps qu'elle exerce une activité lucrative. L'employeur paie la même part. Ces cotisations donnent droit, après quelques décennies de travail, à des rentes, qui varient beaucoup moins que les montants effectivement versés par les assurés, soit entre 1140 à 2280 francs par mois et par personne. En cas de besoin, des prestations complémentaires s'ajoutent à la rente. Notre assurance-vieillesse et survivants, pour citer le nom complet de l'AVS, a donc un effet de redistribution qui est un des plus importants parmi toutes les œuvres sociales du même genre. Néanmoins, l'AVS est parfaitement acceptée par la population.

La majorité du Parlement tente précisément d'user ou plutôt d'abuser de ce succès populaire de l'AVS pour assainir l'AI. Une coalition de combinards politiques veut en effet prélever de l'argent dans la caisse de l'AVS pour boucher les trous d'une assurance-invalidité dont les déficits chroniques sont de plus en plus mal vus par de larges couches de la population. Voilà l'enjeu de la votation du 27 septembre 2009. Les milieux politiques qui soutiennent ce projet, soit les partis de gauche et du centre, savent très bien qu'ils obtiendront toujours l'aval du peuple pour augmenter les impôts et prélèvements en faveur de l'AVS, mais non pas pour assainir l'AI.

Si nous analysons en détail le projet qui nous est soumis le 27 septembre, nous y relevons deux transactions funestes pour l'AVS. A la fin de l'année dernière, le fonds AVS disposait d'une réserve comptable de 41 milliards de francs; en réalité, les liquidités de l'AVS ne se montaient qu'à 28 milliards. La différence de 12,7 milliards correspond à la dette de l'AI auprès de l'AVS. Cette dette, qui atteindra quelque 15 milliards de francs jusqu'à l'éventuelle entrée en vigueur du projet mis au vote, sera définitivement créditée à l'AI. La deuxième erreur de fond du point de vue des personnes, qui espèrent un jour recevoir une rente AVS, consiste à constituer un fonds pour l'AI. Cinq milliards de francs supplémentaires devraient être prélevés à cet effet dans la caisse de l'AVS. Au total donc, l'AVS doit payer quelque 20 milliards de francs, soit la moitié de ses réserves, pour être libérée du boulet de l'AI.

En fait je me suis retiré de la politique active il y a dix ans déjà. Vous n'avez d'ailleurs plus entendu d'intervention politique de ma part durant cette période. Mais ces décisions malhonnêtes du Parlement m'ont forcé à m'exprimer en public sur une affaire politique. Décisions malhonnêtes sur le fond, car l'AVS risque d'être saignée au profit de l'AI, et aussi sur le plan formel, car ce projet, alors qu'il avait déjà été publié dans la Feuille fédérale, a été modifié après coup en l'espace de quatre jours seulement, une rapidité tout à fait exceptionnelle pour la Berne fédérale!

Ces procédés doivent être dénoncés publiquement. Il ne saurait être question que la sécurité de l'AVS soit compromise pour sauver une AI aux structures pourries. Il ne saurait être question que les rentes AVS, que nous avons constituées grâce à notre travail, soient utilisées pour dissimuler les dysfonctionnements énormes qui continueront d'affecter l'AI. Et il ne saurait être question que les rentiers AVS, donc beaucoup doivent se contenter d'un revenu modeste, doivent passer à la caisse par le biais d'une augmentation de la TVA. Imaginez donc ce qu'une charge supplémentaire de 160 francs par an représente pour une personne qui touche une rente AVS minimale, soit 1140 francs par mois. Il est grand temps de tirer le frein de secours!

Je refuse avec détermination l'augmentation de la TVA en faveur de l'AI qui nous est proposée le 27 septembre prochain et j'espère que le peuple suisse en fera autant. Comme rentier AVS j'ai le devoir d'informer toutes les personnes, qui veulent toucher maintenant ou plus tard une rente, sur les manipulations financières désastreuses dont l'AVS risque de faire l'objet.

04.09.2009

Non à l'utilisation de rentes AVS pour financer les dysfonctionnements de l'AI

Aujourd'hui, chaque personne, qu'elle soit millionnaire ou qu'elle ne gagne qu'un salaire minimal, verse 4.2% de son revenu à l'AVS aussi longtemps qu'elle exerce une activité lucrative...

Hans Uhlmann, anc. conseiller aux Etats, anc. président UDC Suisse, Bonau (TG)

Aujourd'hui, chaque personne, qu'elle soit millionnaire ou qu'elle ne gagne qu'un salaire minimal, verse 4.2% de son revenu à l'AVS aussi longtemps qu'elle exerce une activité lucrative. L'employeur paie la même part. Ces cotisations donnent droit, après quelques décennies de travail, à des rentes, qui varient beaucoup moins que les montants effectivement versés par les assurés, soit entre 1140 à 2280 francs par mois et par personne. En cas de besoin, des prestations complémentaires s'ajoutent à la rente. Notre assurance-vieillesse et survivants, pour citer le nom complet de l'AVS, a donc un effet de redistribution qui est un des plus importants parmi toutes les œuvres sociales du même genre. Néanmoins, l'AVS est parfaitement acceptée par la population.

La majorité du Parlement tente précisément d'user ou plutôt d'abuser de ce succès populaire de l'AVS pour assainir l'AI. Une coalition de combinards politiques veut en effet prélever de l'argent dans la caisse de l'AVS pour boucher les trous d'une assurance-invalidité dont les déficits chroniques sont de plus en plus mal vus par de larges couches de la population. Voilà l'enjeu de la votation du 27 septembre 2009. Les milieux politiques qui soutiennent ce projet, soit les partis de gauche et du centre, savent très bien qu'ils obtiendront toujours l'aval du peuple pour augmenter les impôts et prélèvements en faveur de l'AVS, mais non pas pour assainir l'AI.

Si nous analysons en détail le projet qui nous est soumis le 27 septembre, nous y relevons deux transactions funestes pour l'AVS. A la fin de l'année dernière, le fonds AVS disposait d'une réserve comptable de 41 milliards de francs; en réalité, les liquidités de l'AVS ne se montaient qu'à 28 milliards. La différence de 12,7 milliards correspond à la dette de l'AI auprès de l'AVS. Cette dette, qui atteindra quelque 15 milliards de francs jusqu'à l'éventuelle entrée en vigueur du projet mis au vote, sera définitivement créditée à l'AI. La deuxième erreur de fond du point de vue des personnes, qui espèrent un jour recevoir une rente AVS, consiste à constituer un fonds pour l'AI. Cinq milliards de francs supplémentaires devraient être prélevés à cet effet dans la caisse de l'AVS. Au total donc, l'AVS doit payer quelque 20 milliards de francs, soit la moitié de ses réserves, pour être libérée du boulet de l'AI.

En fait je me suis retiré de la politique active il y a dix ans déjà. Vous n'avez d'ailleurs plus entendu d'intervention politique de ma part durant cette période. Mais ces décisions malhonnêtes du Parlement m'ont forcé à m'exprimer en public sur une affaire politique. Décisions malhonnêtes sur le fond, car l'AVS risque d'être saignée au profit de l'AI, et aussi sur le plan formel, car ce projet, alors qu'il avait déjà été publié dans la Feuille fédérale, a été modifié après coup en l'espace de quatre jours seulement, une rapidité tout à fait exceptionnelle pour la Berne fédérale!

Ces procédés doivent être dénoncés publiquement. Il ne saurait être question que la sécurité de l'AVS soit compromise pour sauver une AI aux structures pourries. Il ne saurait être question que les rentes AVS, que nous avons constituées grâce à notre travail, soient utilisées pour dissimuler les dysfonctionnements énormes qui continueront d'affecter l'AI. Et il ne saurait être question que les rentiers AVS, donc beaucoup doivent se contenter d'un revenu modeste, doivent passer à la caisse par le biais d'une augmentation de la TVA. Imaginez donc ce qu'une charge supplémentaire de 160 francs par an représente pour une personne qui touche une rente AVS minimale, soit 1140 francs par mois. Il est grand temps de tirer le frein de secours!

Je refuse avec détermination l'augmentation de la TVA en faveur de l'AI qui nous est proposée le 27 septembre prochain et j'espère que le peuple suisse en fera autant. Comme rentier AVS j'ai le devoir d'informer toutes les personnes, qui veulent toucher maintenant ou plus tard une rente, sur les manipulations financières désastreuses dont l'AVS risque de faire l'objet.