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Ne pas réduire la liberté des parents

La conseillère nationale Nadja Pieren est éducatrice diplômée de la petite enfance. Entre 2004 et 2006 elle a suivi et terminé une formation de cadre dirigeant professionnel avec diplôme fédéral…

La conseillère nationale Nadja Pieren est éducatrice diplômée de la petite enfance. Entre 2004 et 2006 elle a suivi et terminé une formation de cadre dirigeant professionnel avec diplôme fédéral tout en gérant une institution d’accueil des enfants durant la journée. En 2005, elle a fondé une crèche privée qu’elle dirige toujours aujourd’hui.

Edition spéciale: Madame Pieren, pourquoi n’existe-il pas plus de crèches?

De nombreuses crèches publiques pour les enfants en âge préscolaire sont créées chaque année, notamment dans les villes. Cette offre ne cesse de s’étendre. Comme crèche privée, il est très difficile de se positionner sur ce marché. On n’est pas concurrentiel au niveau des prix.

De plus, l’ouverture d’une nouvelle crèche est soumise à d’énormes contraintes administratives. Cela commence par la recherche de locaux adéquats. Une crèche étant considérée comme une entreprise artisanale, on ne peut pas l’organiser dans son propre appartement à moins de déposer une demande de réaffectation, ce qui coûte cher et prend beaucoup de temps – pour finalement être refusé dans la majorité des cas. Le service de la jeunesse impose de nombreuses conditions – locaux, personnel, hygiène, concept, principes directeurs…

Bref, la bureaucratie est très lourde. De plus, une crèche est soumise au contrôle d’hygiène alimentaire (chaque année comme dans un restaurant). Toutes ces exigences bureaucratiques découragent nombre d’entreprises et de particuliers à créer des offres de garde extrafamiliale des enfants.

Vous vous prononcez contre « l’étatisation des enfants », mais les enfants dans votre crèche ne sont pas non plus éduqués à domicile…

Il y a pour moi une différence essentielle entre un système où l’Etat prescrit aux parents comment et combien de fois ils peuvent faire garder leurs enfants par des tiers et un autre où les parents décident de leur propre responsabilité la manière dont ils veulent faire garder leurs enfants.

Il n’y a absolument rien à reprocher à des parents qui mettent leurs enfants dans une crèche 2 à 3 jours par semaine. Ces parents agissent en toute conscience et conservent l’essentiel de la responsabilité éducative de leurs enfants.

Mais si l’article sur les familles est accepté le 3 mars prochain, toute la garde extrafamiliale des enfants sera étatisée. Les familles ne pourront plus choisir librement. Avec pour conséquence que nombre de parents feront garder leurs enfants par des tiers. La responsabilité éducative passe donc des parents à l’Etat. C’est contre cela que je me bats. En revanche, je soutiens le modèle actuel d’une garde des enfants qui complète l’éducation au sein de la famille.

 

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UDC conseillère nationale (BE)
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