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Exposé
Conférence de presse de 12. août 2005

Agriculture suisse: que faire?

L’agriculture a incontestablement fait la preuve ces dernières années de sa volonté d’assumer les tâches que lui impose l’article 104 de la Constitution fédérale. Les paysans savent que seuls une cons

Exposé de Therese Rufer-Wüthrich, députée, Zuzwil (BE)

L’agriculture a incontestablement fait la preuve ces dernières années de sa volonté d’assumer les tâches que lui impose l’article 104 de la Constitution fédérale. Les paysans savent que seuls une conscience aiguë de la qualité, un entretien parfait du paysage et une consommation notable de biens permettent de conserver la clientèle des consommateurs suisses et, d’une manière générale, de sauvegarder la bonne image de l’agriculture auprès de la population. Toutefois, cet engagement de l’agriculture est aujourd’hui souvent mal récompensé. Pour assumer ses tâches multifonctionnelles dans une concurrence de plus en plus dure tout en réalisant un revenu équitable, les agriculteurs ont besoin que leurs efforts soient soutenus par diverses mesures à court ou à long terme.

Pour permettre à l’agriculture de résister à une concurrence de plus en plus rude, les conditions-cadres des exploitants doivent être rapidement améliorées. Dans son document stratégique, l’UDC demande notamment une augmentation du degré d’auto-approvisionnement. La garantie d’un approvisionnement alimentaire suffisant en denrées alimentaires de qualité est particulièrement importante pour un pays qui se veut neutre et indépendant.

Les futures mesures d’économie à charge de l’agriculture ne doivent plus intervenir au niveau des paysans, mais elles doivent viser le secteur administratif. Par exemple, on ne voit pas pourquoi aujourd’hui cinq offices fédéraux s’occupent d’un nombre d’agriculteurs en constante diminution. L’UDC propose donc que tous ces services fédéraux soient réunis dans un unique « Office fédéral de l’agriculture et de l’alimentation » doté d’une structure rationnelle. C’est dans cette même idée que nous demandons qu’à l’avenir les crédits visant à renforcer les structures des régions rurales ne soient plus tout simplement mis à charge des crédits agricoles. La politique régionale est dans l’intérêt de toute l’économie, si bien que ses coûts doivent être équitablement répartis.

Le travail dans des conditions particulièrement difficiles et les coûts de production plus élevés dans les zones des collines préalpines et des montagnes doivent toujours être compensés par des paiements directs. Les familles des paysans de montagne apportent en effet une contribution essentielle à la décentralisation de l’habitat et de l’exploitation du sol. Elles produisent ainsi une prestation exigée par la société et doivent donc être équitablement indemnisées.

Dans les zones de plaine aussi, les paiements directs servent à indemniser des prestations d’intérêt public. Toutefois, le système actuel des paiements directs doit être revu et simplifié à moyen terme. Il s’agit notamment de lier davantage les paiements directs au travail. En contrepartie, les contributions par unité de main-d’œuvre standard (UMOS) en fonction de la surface exploitée doivent être réduites. Les surfaces d’exploitation devenant ainsi plus mobiles, les exploitations sans revenu annexe auront davantage de possibilités de s’agrandir. Dans le régime actuel, les paiements directs provoquent souvent des distorsions du marché parce que les prestations écologiques supplémentaires ne sont pas payées par le consommateur, mais par le contribuable. Une correction apportée à ce système aurait aussi pour effet que les paiements directs ne soient plus considérés comme des aumônes, mais comme une indemnité méritée. De plus, les agriculteurs seraient contraints de chercher directement le contact avec la population et les consommateurs. La formation professionnelle doit contribuer à encourager cette nouvelle mentalité, en ce sens que les futurs paysannes et paysans ne doivent pas être formés pour adopter des méthodes de production rapportant un maximum de paiements directs, mais pour faire preuve d’esprit d’entreprise et chercher des voies nouvelles pour faire fonctionner leur exploitation.

Ces mesures et bien d’autres permettront certes d’améliorer à court terme la compétitivité de l’agriculture, mais elles ne suffiront pas à long terme à surmonter les énormes réformes et baisses de prix provoquées par la politique de l’Union européenne et les accords conclus dans le cadre de l’OMC. La suppression progressive de tous les obstacles à l’importation fera que des biens facilement transportables et de qualité équivalente soient produits à l’étranger. Il ne sera plus possible à long terme de produire tous les biens actuels dans un pays à salaire élevé comme la Suisse.

Pour rester compétitive à long terme, l’agriculture suisse sera contrainte de revenir à ses compétences centrales tout en conservant sa multifonctionnalité. La production laitière est une de ces compétences premières, compte tenu aussi de la situation géographique et de la topographie particulière de la Suisse. La Suisse est perçue au niveau international comme un pays de lait et de fromage. C’est sur cette base solide que les paysans suisses doivent construire, car bon nombre de pays ne sont pas compétitifs dans ce segment du marché en raison de leur topographie, de leurs conditions météorologiques et de leur végétation. L’agriculture suisse doit se concentrer sur la production de lait et de fromage et conquérir une position de leader dans le secteur des fromages à pâte dure et mi-dure. Les moyens à disposition doivent être engagés de manière ciblée dans la restructuration et la commercialisation. Sur la base d’une stratégie commerciale offensive, le fromage et d’autres produits laitiers de haute qualité doivent être exportés dans le monde entier. La croissance constante de la consommation de fromage en Europe ces dernières années confirme le bien-fondé de cet objectif et la nécessité de soutenir les efforts allant dans ce sens.

A côté de la production laitière, l’agriculture suisse dispose aussi d’un savoir-faire exceptionnel dans la culture de légumes, de fruits et de vignes ainsi que dans la production carnée. Grâce à un soutien efficace et une coordination performante au niveau de l’exportation, ces produits frais et de niche peuvent parfaitement trouver preneur.

Ces mesures permettent d’assurer à long terme non seulement l’exploitation de nos surfaces vertes, mais aussi de garantir la pérennité de la paysannerie.

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