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Exposé
Conférence de presse de 25. février 2008

Aide au sous-développement

Le titre est polémique, j’en conviens. Pourtant, il reflète la réalité de la dérive bien involontaire que connaît l’aide au développement depuis la dernière guerre mondiale. Les statistiques le démont

Le titre est polémique, j’en conviens.
Pourtant, il reflète la réalité de la dérive bien involontaire que connaît l’aide au développement depuis la dernière guerre mondiale.

Les statistiques le démontrant de manière cruelle : Les pays ayant reçu les plus grandes sommes dans le cadre de l’aide au développement sont devenus les zones les plus sinistrées du tiers monde.

Pourquoi cela?

Tout simplement parce qu’on ne s’est soucié que de l’input, du flux des finances que l’on dirigeait vers le sud. La banque mondiale, l’ONU et l’UE n’étaient préoccupés par rien d’autre que les normes qu’elles s’imposaient elles-mêmes, sans penser à définir des critères pour mesurer le succès des efforts fournis et contrôler les effets de l’argent investi.

On a donc totalement négligé l’output, l’analyse des résultats concrets réalisés par les milliards investis.

Et pourquoi cela?

Vraisemblablement parce que les sommes investies servaient plus à faire taire un sentiment de culpabilité datant de l’époque du colonialisme que d’aider vraiment les pays du sud à sortir de la dépendance.

Ou alors, était-ce dû à un racisme sous-jacent et inavoué s’exprimant par un paternalisme pesant qui a décrété une fois pour toutes que les pays pauvres devaient être sauvés par le monde occidental ? L’instrument pour atteindre ce but prétendument noble fut appelé « aide au développement ». Et l’on affubla les « pays barbares ou non civilisés » de la désignation de « pays sous-développés ». Quant aux soit disant « sauvages » d’avant la première guerre mondiale, ils reçurent l’appellation plus noble de « tiers monde ».

Le résultat de cette démarche porta très vite des fruits pernicieux.

Ce que l’on a surtout subventionné par l’aide au développement, qui s’élève à la somme faramineuse d’ un billard de dollars américains en quarante ans, c’est la corruption, la paresse, la dépendance apprise, ce sont des administrations pléthoriques et des dictateurs à qui l’on a donné le moyen de faire la guerre à leurs voisins.

A force de vouloir être bons et généreux, nous avons oublié de lier toute cette aide à des exigences strictes imposant des lois de marché, des réformes, un changement de procédures et d’attitude.

Regardez le Ghana et la Malaisie, deux anciennes colonies britanniques. Alors que leur situation initiale lors de l’indépendance était presque comparable, aujourd’hui la Malaisie a un PIB dix fois supérieur au Ghana, pays pourtant riche en matières premières et bénéficiaire d’une aide au développement importante.

Les statistiques sont cruelles. Concernant l’Afrique, elles démontrent très clairement que le taux de croissance est inversement proportionnel aux sommes investies dans le cadre de l’aide au développement.

Pour se refaire une virginité, on n’hésite donc pas à tuer le développement des pays du tiers monde par une aide aussi bien intentionnée que contre-productive.

Paradoxalement, ce sont des voix africaines qui sont les plus critiques envers l’aide au développement. Thembo Sono, d’Afrique du sud, affirme « qu’en vérité, la dernière chose dont l’Afrique a besoin, c’est d’aide au développement ». James Shikwati du Kenia explique dans le « Spiegel » comment l’aide au développement « finance d’énormes bureaucraties, encourage la corruption et la complaisance, éduque les africains à la mendicité et à la dépendance. » June Arunga, également du Kénia, déclarait même à la BBC en 2004 que « l’aide au développement n’est que la poursuite du colonialisme par d’autres moyens. »

Il y aurait encore bien des témoignages à citer, mais je vais m’arrêter là.

L’égalitarisme socialiste qui veut imposer les mêmes normes partout, représente en vérité un mépris total pour les différences culturelles, les particularismes, les identités. De plus, il comporte une part insoutenable d’arrogance et de manque de confiance dans la capacité des pays du sud à s’en sortir par leurs propres moyens. A force de vouloir couver et materner la planète entière, cette mentalité collectiviste parvient à castrer toute velléité d’indépendance et d’autonomie.

Actuellement, il est plus lucratif, pour un pays africain, de rester pauvre, afin de demeurer attractif pour l’aide au développement, que d’attirer des investisseurs sérieux par une bonne gestion politique.

Ce constat d’échec doit nous contraindre à changer la perception que nous avons de notre rôle de pays développés envers les pays en voie de développement. Il faut que nous cessions de ne voir le monde qu’à travers le prisme de l’ethnocentrisme de l’homme blanc, que nous arrêtions d’imposer au monde entier un fonctionnement qui est culturellement incompatible avec d’autres pays et continents, comme si c’était le seul modèle possible.

Au lieu de verser stupidement d’énormes sommes qui ne serviront qu’à des dirigeants corrompus à s’acheter des limousines, il vaudrait mieux exiger, pour chaque franc investi, un élargissement des libertés économiques et politiques, une prise de responsabilité et une imposition équitable, en particulier des nantis. Il vaudrait également la peine de rétablir une balance commerciale plus équitable.

L’Afrique, continent sinistré, peut être sauvé. Mais il ne pourra se sauver que par lui-même. Le maintenir dans la dépendance sous une avalanche d’argent versé comme si nous étions des dames patronnesses faisant l’aumône à leurs pauvres, c’est manquer de respect envers l’homme noir qui n’est, ni plus stupide, ni moins travailleur que l’homme blanc.

Il faut laisser l’Afrique travailler à sa manière, sur la base de ses propres initiatives, afin qu’elle puisse se sauver par ses propres forces. Il faut faire confiance à l’Africain, ce frère humain différent, mais si riche d’une histoire et de racines qui lui sont propres.

par l’auteur
Oskar Freysinger
UDC (VS)
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