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Alléger les coÛts de production

On parle beaucoup et à juste titre des difficultés que la situation monétaire actuelle pose à notre industrie d’exportation ; mais on oublie souvent que des entreprises suisses qui travaillent au pays avec des produits ou matières premières suisses rencontrent les mêmes problèmes.

Ainsi, tout comme ces branches économiques tournées vers le marché intérieur, le secteur agricole voit dans la situation actuelle générée par la force du franc suisse plusieurs conséquences dommageables :

  • L’exportation de ses spécialités à forte valeur ajoutée est handicapée par un renchérissement sur les marchés internationaux difficile à éviter (fromages par exemple)
  • A contrario, la pénétration du marché suisse par des spécialités produites à l’étranger est facilitée et concurrence encore plus rudement la production indigène dont les coûts de production sont difficilement compressibles
  • Les matières premières brutes importées bénéficient, de par la situation économique actuelle et du taux de change, d’une quasi « prime à l’exportation » vu le différentiel important en matière de change, même si la tendance est à la hausse des prix agricoles sur les marchés internationaux.

Pour l’agriculture suisse, cette situation si elle devait perdurer pourrait à terme avoir des conséquences dramatiques quant à la survie de secteurs entiers de la production indigène et se répercuter sur le taux d’auto-approvisionnement de notre pays qui est déjà un des plus bas du monde.

Face à cette situation inquiétante, tout ce qui peut être entrepris pour alléger les coûts de production de la branche mérite d’être soutenu ; et la première mesure qui vient à l’esprit est d’éviter toute nouvelle taxe ou toute mesure présentant un handicap supplémentaire pour l’agriculture. Rétrospectivement, on ne peut donc que se féliciter par exemple que le supplément prévu pour la production de fromage ait été maintenu contrairement à ce que prévoyait initialement le Conseil fédéral.

Il faut donc tout faire pour éviter de nouveaux renchérissements dans le secteur de l’énergie et des transports tout spécialement ; ce sont des facteurs de coûts non négligeables auxquels l’agriculture suisse ne peut pas se soustraire et surtout qu’elle ne peut pas simplement absorber par une productivité accrue. Le facteur travail est aussi une composante essentielle des coûts de production suisse ; à titre d’exemple, la composante salaire représente plus de la moitié des frais de production des légumes dans notre pays et en comparaison internationale, les ouvriers agricoles sont rémunérés correctement ; s’il n’est tout simplement pas envisageable de diminuer les rétributions dans le secteur agricole, on comprend cependant aisément que toute augmentation des charges sociales liées aux salaires représente un handicap quasi rédhibitoire en comparaison internationale. D’une manière générale, on peut paraphraser le slogan claironné régulièrement par certains qui disent : » l’énergie la meilleure marché est celle que l’on ne consomme pas » en affirmant : « la meilleure mesure de soutien à l’économie, c’est la taxe ou la redevance que l’on renonce à prélever ou mieux encore, que l’on abroge ou suspend temporairement». Et cela est valable aussi pour les particuliers ! Chaque ponction qui leur est infligée diminue leur pouvoir d’achat, les incite à moins consommer et produit donc un effet pervers sur tout le système bien au-delà du simple portemonnaie du ménage.

Quant aux mesures à court terme, la Confédération, les cantons et même les communes ont plusieurs cartes en main pour aider l’ensemble de l’économie et des particuliers à surmonter cette situation délicate ; ils peuvent alléger les redevances et taxes prélevés sur les agents énergétiques ce qui se répercutera favorablement au niveau des coûts de production et chez les ménages.

Ils peuvent agir au niveau de l’imposition des entreprises et des personnes physiques en allégeant la charge fiscale, par exemple en abaissant substantiellement l’impôt sur la fortune en rapport avec le facteur outil de production.

Voilà deux mesures directes qui peuvent être très vite mises en œuvre et produire des effets bénéfiques en procurant une nouvelle marge de manœuvre aux entreprises et aux ménages privés.

Une diminution substantielle du taux de la TVA entre aussi en ligne de compte mais ses effets immédiats n’auront pas les mêmes répercussions sur l’ensemble de l’économie qu’une action ciblée sur les coûts de production salariaux ou énergétiques.

Chaque canton a aussi ses spécificités fiscales qui pénalisent les citoyens soucieux de se constituer une prévoyance privée sans rien demander à l’Etat ; ainsi, il serait très facile par exemple de supprimer l’imposition au titre de la fortune qui frappe la valeur de rachat de certaines formes de prévoyance professionnelle, à tout le moins durant la phase de constitution de l’avoir de retraite.

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