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Autodétermination du citoyen, de la famille et de l’Etat

Vous connaissez sans doute tous la célèbre citation de Jeremias Gotthelf: "Im Hause muss beginnen, was leuchten soll im Vaterland“ – C’est à la maison que doit débuter ce qui va briller dans la…

Vous connaissez sans doute tous la célèbre citation de Jeremias Gotthelf: "Im Hause muss beginnen, was leuchten soll im Vaterland" – C’est à la maison que doit débuter ce qui va briller dans la patrie.

Souvent on se sert de cette citation comme d’un slogan. C’est lui faire injustice, car elle résume en une seule phrase un principe fondamental de notre société libérale.

La société libérale a deux domaines: Gotthelf les appelait "maison" et "patrie". La "maison" représente le domaine privé des citoyens et la famille alors que la "patrie" symbolise le domaine public, la société et l’Etat. Ces deux domaines doivent être en équilibre.

L’Etat ne peut fonctionner que grâce aux efforts des citoyens et surtout des familles. Les familles transmettent tout ce qui fait la force de notre société: le savoir-vivre, le respect, les valeurs, le sens du devoir, les traditions, etc.

A l’inverse, la tâche de l’Etat est de veiller à la sécurité et à la liberté des citoyens et des familles. Ainsi, les deux domaines sont en équilibre. Les rapports entre la "maison" et la "patrie", comme le disait Gotthelf, sont justes. Nous parlons aujourd’hui plutôt des rapports entre les citoyens et l’Etat.

Je souhaite approfondir cette thématique qui est d’une actualité brûlante. Ce que nous voyons en regardant au-delà de nos frontières doit nous servir d’avertissement. Partout nous observons des pays qui ont perdu l’équilibre.

La dette publique est un thème récurrent depuis de nombreuses années. Les Etats font, à ce sujet, à tour de rôle les gros titres des médias – les Etats-Unis, puis le Japon, puis certains membres de l’UE. Les pays sont différents, mais le développement est le même: les dépenses échappent au contrôle et la dette augmente.

Les dettes publiques sont comme des icebergs: on ne voit que la pointe, mais les problèmes sont beaucoup plus profonds. Le problème provient de la perte d’équilibre dans les Etats: l’administration et la bureaucratie croissent, deviennent toujours plus puissants, attirent de nouvelles tâches, font de nouvelles lois, règlementent de plus en plus l’économie et la vie des citoyens.

Equilibre entre citoyens et Etat
Nous abordons ainsi un principe essentiel, celui du rôle des citoyens et du rôle de l’Etat. L’équilibre entre les citoyens et l’Etat, justement.

Si nous autres Suissesses et Suisses sommes encore dans une bonne situation, c’est parce que chez nous cet équilibre n’est pas encore aussi détruit que dans d’autres pays. Mais nous aussi, nous devons rester vigilants. Chez nous aussi la tendance est à un Etat omniprésent.

Vous serez bientôt appelés à prendre des décisions importantes: songez par exemple aux initiatives populaires qui exigent un salaire minimal imposé par l’Etat, voire un revenu de base versé sans condition ou encore à ces projets qui visent à accroître les recettes de l’Etat comme l’impôt sur les successions.

Accepter ces propositions, ce serait partir dans une fausse direction. Nous copierions les régimes étatiques d’autres pays qui, aujourd’hui, étouffent sous le poids de la dette et des règlementations.

Si nous avons du succès, c’est parce que nous avons choisi une autre voie. Nous avons besoin de l’Etat, c’est évident, mais nous avons avant tout besoin de citoyens qui sont capables de décider eux-mêmes de leur propre vie.

Etre citoyen, ne signifie pas simplement posséder un passeport rouge à croix blanche. Et il ne suffit pas, pour être citoyen, de payer ses impôts. Etre citoyen signifie être indépendant.

L’autodétermination du citoyen
L’autodétermination du citoyen repose sur trois piliers: la propriété, la sphère privée et la famille. Voilà pourquoi il n’est guère étonnant que les milieux, qui refusent un Etat libéral de citoyens indépendants, s’attaquent principalement à ces trois piliers.

Propriété: celui à qui on refuse la propriété ou que l’on n’autorise qu’à détenir une modeste propriété, sera forcément dépendant des autres. Et celui qui est dépendant ne peut plus se permettre une opinion indépendante. Il ne sera donc jamais un citoyen libre.

La propriété est si bien ancrée dans notre société que personne n’ose la mettre ouvertement en question. Les attaques contre la propriété privée sont donc toujours camouflées. C’est par exemple le cas avec l’impôt sur les successions.

Sphère privée: elle est un autre pilier de notre autodétermination. C’est à ce niveau surtout qu’un Etat totalitaire se distingue d’un Etat démocratique. Un Etat démocratique est transparent alors que dans un Etat totalitaire les citoyens sont transparents. L’Etat peut les observer et les surveiller en permanence.

On prétend chez nous accorder une grande importance à la protection des données privées. En réalité, la sphère privée est aujourd’hui plus menacée que jamais. Elle risque surtout d’être perdue dans le domaine financier.

Famille: elle est le troisième pilier de l’autodétermination du citoyen. J’ai cité tout à l’heure Jeremias Gotthelf. La famille est la plus petite unité de la société. Les hommes et les femmes s’organisent librement dans la famille. Les jeunes y sont préparés à la vie. Des valeurs fondamentales y sont vécues, transmises et intégrées.

Les parents jouent donc un rôle important non seulement pour leurs propres enfants, mais aussi pour toute la société. C’est grâce à eux que des jeunes deviennent des citoyens responsables. Si nous renforçons la famille, nous renforçons aussi le citoyen et, partant, l’équilibre politique fondamental dans notre pays.

Je résume: les pays perdent l’équilibre lorsque les citoyens perdent leur autodétermination. Tel est le cas lorsque l’Etat relativise la propriété, restreint la sphère privée et se mêle de la vie des familles.

L’autodétermination de l’Etat
Nous avons jusqu’ici considéré une face de cet équilibre, à savoir la position du citoyen. La sauvegarde de cet équilibre exige cependant aussi que l’Etat assume rigoureusement ses tâches premières. L’inverse est souvent vrai: l’Etat s’occupe de trop de choses et il ne cesse de progresser sur cette voie. En revanche, il néglige ses tâches premières qui sont à l’origine de son existence.

Sécurité: la première tâche de l’Etat est de garantir la sécurité – à l’intérieur comme à l’extérieur. La sécurité est à la base de la prospérité et de la qualité de la vie.

Aujourd’hui nous devons constater que l’Etat néglige la sécurité. L’armée a été contrainte à de dures économies alors que toutes les autres dépenses de l’Etat ont massivement augmenté.

L’opposition fondamentale de certains milieux contre l’armée, donc contre la sécurité, est pour le moins étonnante. L’année prochaine, nous voterons probablement sur l’achat de l’avion de combat Gripen. En fait, cette acquisition n’est qu’un prétexte, la question réelle étant de savoir si nous sommes encore prêts à investir dans la sécurité de notre pays.

Prenons un autre exemple d’actualité: dans le canton de Bâle-Campagne, des soldats en cours de répétition ont soutenu la police dans une action contre des cambrioleurs. Et il existe des élus politiques et des journalistes qui osent critiquer bruyamment cette intervention. N’est-ce pas absurde? On critique nos soldats qui aident la police à protéger la population contre des criminels!

Indépendance: la deuxième tâche centrale de l’Etat est d’assurer l’indépendance de notre pays. Elle viendra au premier plan politique dans les années à venir. La crise de l’endettement en est une explication et ainsi se ferme le cercle: un grand nombre d’Etats ayant perdu leur équilibre, leur politique à l’égard des autres pays devient toujours plus brutale. Les responsables de ces pays cherchent à détourner l’attention des problèmes intérieurs, ils cherchent de nouvelles sources d’argent. Ils tentent d’affaiblir d’autres places économiques et financières parce leur propre économie perd du terrain dans la concurrence internationale.

La Suisse ressent très nettement ce développement. De grands pays et des organisations internationales critiquent notre ordre libéral. Ils veulent nous imposer des changements qui les arrangent. On exige de nous que nous adaptions notre régime légal qui repose sur des décisions démocratiques. On veut même nous imposer des juges étrangers.

Mais rappelons-nous l’équilibre entre les citoyens et l’Etat. Comment accepter d’adapter notre ordre à celui d’Etats qui, de toute évidence, ont complètement perdu l’équilibre? Les conséquences seraient désastreuses pour nous. Nous nous retrouverions dans la même situation que les autres. Et nous perdrions rapidement notre équilibre.

Notre objectif doit être juste inverse: nous devons sauvegarder notre équilibre qui a fait ses preuves, qui nous a assuré le succès jusqu’ici et qui continuera de le faire. Nous devons donc renforcer l’autodétermination du citoyen et, partant, protéger la propriété privée et la sphère privée et nous devons être conscients du rôle fondamental que joue la famille dans notre société.

 

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par l’auteur
UDC conseiller fédéral (ZH)
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