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Deux siÈges au Conseil fédéral ou opposition

L’Union démocratique du centre UDC a réalisé un score historique lors des élections du 19 octobre dernier: remportant plus de 26,6% des suffrages, elle a réussi à conforter sa position de premier parti politique du pays. Il y a plusieurs décennies qu’un parti politique n’avait plus obtenu la confiance d’un si grand nombre d’électrices et d’électeurs. Ce succès électoral de notre parti montre aussi que beaucoup de citoyennes et de citoyens ne sont plus satisfaits de la politique du PS, du PDC et du PRD.

L’UDC a confirmé le 19 octobre 2003 de manière impressionnante ses succès électoraux de 1995 et 1999. Personne ou presque n’y avait cru il n’y a pas si longtemps encore. Que disait-on à la ronde au lendemain des élections de 1999? Le succès de l’UDC est éphémère; l’UDC ne reçoit que des votes protestataires; les voix obtenues par l’UDC sont fluctuantes; etc. Nonobstant ces pronostics, l’UDC a progressé lors de presque toutes les élections cantonales entre 1999 et 2003, parfois même de manière spectaculaire, si bien qu’elle a notablement élargi sa base dans les cantons également. En Suisse romande, surtout, l’UDC a gagné un terrain important.

Il n’en va pas de même des autres partis. Le PRD et le PDC ne cessent de perdre des électeurs depuis des décennies. Ils paient la facture de leur politique qui glisse de plus en plus à gauche et qui, en fin de compte, ne sert qu’à donner des majorités aux socialistes. Le PDC, surtout, subit les conséquences de son manque d’orientation politique. Pour la deuxième fois consécutive, il sort d’une élection fédérale bon dernier des quatre partis gouvernementaux. Ce qui confirme sans contestation possible que ce parti est sur-représenté au Conseil fédéral avec ses deux sièges.

Les électeurs veulent un changement bourgeois

Depuis plusieurs années les électrices et électeurs quittent les autres partis pour rejoindre les rangs de l’UDC. La raison de ce transfert est évidente: la coalition du centre gauche a échoué. La dette publique s’alourdit et, parallèlement, les impôts, taxes et redevances augmentent. Résultat: l’économie suisse est de moins en moins compétitive. On voit mal comment pourrait prendre fin ce dangereux développement puisque chaque année la Confédération budgétise de nouveaux déficits – 3,5 milliards de francs en 2004. Une fois de plus, l’UDC sera le seul parti à rejeter ce budget. Nous refusons en effet d’assumer la responsabilité de cette politique déficitaire.

Et que devons-nous encore à cette coalition du centre gauche? Les abus dans le droit d’asile progressent; la sécurité publique n’est plus garantie; le trafic de drogues est florissant; des bandes criminelles commettent leurs méfaits. Voilà les conséquences d’une politique d’asile lâche et irresponsable.
La pression sur l’indépendance, la souveraineté et la neutralité de la Suisse augmente. Des conventions internationales de plus en plus détaillées déterminent notre droit national. Et même des avantages essentiels comme le secret protégeant les clients des banques, donc le droit fondamental à la protection de la sphère privée, sont imprudemment mis en jeu.

Le message qui se dégage des dernières élections fédérales est clair: les citoyennes et citoyens de ce pays veulent une autre politique. Ils exigent un changement vers une politique bourgeoise. Les problèmes doivent être résolus et non pas simplement gérés et leur solution constamment repoussée au lendemain.

Oui à la concordance et à la responsabilité gouvernementale

Une question centrale se pose en vue des prochaines élections au Conseil fédéral: les problèmes que connaît notre pays peuvent-ils être résolus avec le système gouvernemental actuel qui repose sur la concordance ou faut-il passer à un système avec une coalition gouvernementale et une opposition?

Pour répondre à cette question de fond, le Comité directeur de l’UDC a constitué assez tôt une commission stratégique chargée d’élaborer des scénarios et des variantes pour notre parti. Cette commission se compose d’Ueli Maurer, président du parti, de Toni Brunner et Jean Fattebert, vice-présidents, du président du groupe parlementaire ainsi que des présidents de sections bernoise et zurichoise, Hermann Weyeneth et Christoph Blocher.

Cela fait des décennies que l’UDC soutient le système de la concordance en vertu duquel les quatre principaux partis sont représentés au Conseil fédéral, les trois plus grands disposant de deux sièges chacun, le plus petit d’un siège. C’est bien pour cette raison que l’UDC a dû se contenter des années durant d’un seul représentant au gouvernement. Mais aujourd’hui, alors que l’UDC est le premier parti du pays par le nombre de ses électeurs, elle doit revendiquer deux sièges au Conseil fédéral si elle prend au sérieux le mandat que lui ont donné ses électeurs et si elle veut défendre toujours et partout (donc aussi au gouvernement) les intérêts politiques de ses électeurs.

La décision de la commission stratégique, du comité du groupe et du groupe

Sur proposition de la commission stratégique, le comité du groupe parlementaire UDC a pris la décision suivante le 20 octobre 2003, décision confirmée le 24 octobre 2003 par l’ensemble du groupe:

« Le groupe UDC soutient une véritable concordance. Il revendique deux sièges au Conseil fédéral et propose à cet effet les candidatures du conseiller fédéral Samuel Schmid et du conseiller national Christoph Blocher. Au cas où le Parlement n’élit pas les deux candidats proposés par le groupe, en élit d’autres ou n’en élit qu’un seul, l’UDC part dans l’opposition. Les personnes non nommées qui acceptent leur élection ne sont plus membres du groupe. »

Vous le voyez bien: le groupe UDC veut un gouvernement reposant sur la concordance. Nous estimons que la meilleure manière de résoudre les grands problèmes de notre pays, surtout en cette période difficile, est de réunir les quatre principaux partis politiques au gouvernement en fonction de leur force et de les faire chercher ensemble des solutions. Si les autres partis refusent ce principe, l’UDC ne peut pas accepter, malgré son succès électoral, de participer au gouvernement à n’importe quel prix. Car si le PS cherche avec le PDC à constituer un gouvernement de centre gauche ou si le parlement élit d’autres candidats que ceux proposés par l’UDC, des candidats qui ne défendent pas intégralement le programme de leur parti, l’UDC ne serait plus à même de remplir le mandat de ses électeurs qui veulent changer quelque chose en Suisse durant la prochaine législature. Par conséquent, nous ne pouvons pas accepter en pareil cas d’assumer une responsabilité gouvernementale.

L’UDC approuve une authentique concordance numérique. Cela signifie que l’UDC, le PS et le PRD ont chacun droit à deux sièges au Conseil fédéral alors que le PDC doit se contenter d’un seul représentant. Voilà pourquoi l’UDC demande un deuxième siège. Le PDC doit céder ce siège à l’UDC.

Samuel Schmid et Christoph Blocher: une équipe forte

Le groupe parlementaire UDC a nommé à l’unanimité l’actuel conseiller fédéral Samuel Schmid et le conseiller national Christoph Blocher. La présidence du parti a eu des entretiens approfondis avec les deux candidats. Nous avons pu nous rendre compte que nos candidats

a) sont fermement décidés à faire valoir les objectifs de l’UDC dans leur travail gouvernemental,
b) soutiennent sans restriction les objectifs du programme politique de l’UDC,
c) imaginent pouvoir collaborer fructueusement.

Avec le conseiller national Christoph Blocher, l’UDC nomme un de ses hommes politiques les plus crédibles et les plus expérimentés. Christoph Blocher préside depuis 1977 l’UDC du canton de Zurich et appartient depuis 1979 au parlement fédéral. Durant ces 24 années, il a marqué la politique fédérale – donc aussi l’UDC – comme aucun autre. Conseiller communal de Meilen, puis député au Grand Conseil zurichois et enfin conseiller national, il a l’expérience de tous les niveaux politiques.

Au militaire, Christoph Blocher a commandé un régiment avec rang de colonel. Chef d’une entreprise internationale, il a créé de nombreux emplois. A la tête du groupe EMS Chemie, il a fait la preuve de ses qualités de direction et de ses compétences économiques comme aucun autre membre du parlement.

Notre pays a besoin d’hommes politiques de cette trempe. Ces hommes doivent faire partie du Conseil fédéral. Christoph Blocher donnera une dimension nouvelle au gouvernement suisse: celle de la réflexion économique. Sa grande expérience des organes collégiaux le servira dans cette fonction.

Dans un gouvernement, on est forcément contraint d’accepter quelque fois des compromis. Il est d’autant plus important que les représentants de l’UDC au Conseil fédéral défendent fermement et de manière crédible les exigences de leur parti dans les discussions gouvernementales.

L’UDC est prête à entrer dans l’opposition

Si l’Assemblée fédérale n’élit pas les deux candidats proposés par le groupe, si elle n’en élit qu’un ou si elle élit d’autres personnes, l’UDC ne peut plus assumer la responsabilité gouvernementale et doit partir dans l’opposition. Cela signifie que l’UDC ne serait plus représentée pendant quelque temps au Conseil fédéral. L’UDC n’entrera pas volontairement dans l’opposition. Elle n’a pas le droit de le faire face à ses électeurs. D’ailleurs, un parti politique qui part dans l’opposition ne franchit jamais volontairement ce pas. Il y est poussé. Cela dit, si nous y sommes contraints, nous le ferons.

Si la concordance n’est pas respectée et si un gouvernement de centre gauche est constitué ou si la concordance est respectée, mais si les candidats UDC nommés par le groupe ne sont pas élus (mais d’autres représentants de l’UDC), l’UDC ne peut pas rester plus longtemps au gouvernement parce qu’elle ne peut plus obtenir de majorité. En pareil cas, nous ne pourrions pas tenir notre promesse électorale, à savoir changer quelque chose dans ce pays. La Confédération continuerait de jeter l’argent des contribuables par les fenêtres; la position de la Suisse face à l’UE resterait diffuse; les abus dans les œuvres sociales se poursuivraient; la dette publique continuerait de croître. L’UDC devrait alors partir dans l’opposition parce qu’elle ne pourrait pas porter la responsabilité de la mauvaise gestion du gouvernement. Dans quatre ans, les électrices et électeurs nous reprocheraient à juste titre que nous n’avons rien changé alors que nous étions au gouvernement. Cependant, nous n’aurions de toute manière rien pu changer faute d’une majorité bourgeoise au Conseil fédéral. Ne pas entrer dans l’opposition dans ces conditions, ce serait perdre tout crédit. Nous devons absolument éviter cela.

Que signifie pour le PDC et le PRD un scénario plaçant l’UDC dans l’opposition? C’est une évidence: les radicaux et les démocrates-chrétiens deviendraient les jouets des circonstances. Incapables de former à eux seuls une majorité parlementaire, ils devraient alternativement constituer des alliances avec le PS et l’UDC pour faire passer leurs projets. Soit ils défendraient des solutions du centre gauche, soit ils devraient accepter les conditions de l’opposition bourgeoise, l’UDC.

Le PDC et le PRD iraient en droite ligne vers leur prochaine défaite électorale en 2007. Il est en effet évident dès à présent que jamais ces deux partis ne parviendront à mettre fin à la politique déficitaire et à l’endettement public avec l’aide du PS. Le fiasco est programmé d’avance.

Ce scénario d’opposition aurait aussi des conséquences graves pour le PS. En s’engageant en faveur de la concordance, l’UDC reconnaît les deux sièges socialistes au Conseil fédéral. Si le PS refuse cette offre historique et s’il s’oppose à une double représentation de l’UDC au Conseil fédéral, il pousse l’UDC dans l’opposition. Les socialistes devront bien réfléchir avant de franchir ce pas. En effet, on assisterait alors après peu d’années à la formation d’un gouvernement bourgeois, le cas échéant avec trois conseillers fédéraux UDC, dont le PS serait exclu.

Ne pas céder au chantage

Des voix critiques se sont fait entendre ces dernières semaines et ces derniers jours, notamment à l’égard de la candidature de Christoph Blocher. Pourquoi? La réponse est claire. Il ne s’agit pas du deuxième siège pour l’UDC, ni du procédé choisi par l’UDC, ni de son style. Il ne s’agit pas non plus d’un éventuel manque de qualifications de Christoph Blocher. Non, la seule chose que souhaitent les autres partis, c’est une représentation UDC aussi faible que possible au Conseil fédéral. Voilà pourquoi ils ne veulent pas de Christoph Blocher. Les autres partis ont tout intérêt à ce que l’UDC soit faiblement représentée au Conseil fédéral. Ils souhaitent des conseillers fédéraux UDC qui n’ont pas la force de s’imposer.

Lorsque les autres partis parlent de l’aptitude à la concordance, ils entendent en règle générale la faculté de conclure facilement des compromis et d’adapter ses propres avis à ceux des autres. Quand les autres partis parlent de la capacité du dialogue, ils pensent en réalité absence de profil. Et le souci de pratiquer un style correct sert trop souvent à cacher l’absence de contenu politique.

En exigeant que l’UDC leur soumette une autre candidature qu’ils pourraient agréer, les partis de gauche cherchent uniquement à affaiblir l’UDC. Nous ne pouvons pas céder à cette pression. Voilà pourquoi notre assemblée des délégués d’aujourd’hui doit se ranger en rangs serrés derrière son groupe parlementaire et prendre la décision suivante:

« L’UDC soutient une véritable concordance. Elle revendique deux sièges au Conseil fédéral. Au cas où le Parlement n’élit pas les deux candidats proposés par le groupe, le conseiller fédéral Samuel Schmid et le conseiller national Christoph Blocher, en élit d’autres ou n’en élit qu’un seul, l’UDC part dans l’opposition. »

 

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par l’auteur
Caspar Baader
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