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Exposé

Famille, éducation et école: un demi-tour s’impose

Récemment, durant une promenade matinale, une maîtresse d’école à la retraite s’est approchée de moi. Visiblement émue, elle m’a raconté l’histoire suivante: "J’étais pendant quarante ans…

I. L’atmosphère qui règne en ce 21e siècle
II. Ecole et éducation: l’UDC doit corriger le cap
III. Les errements socialistes
IV. « Moi, tout et tout de suite! »
V. Une société privée de valeurs
VI. Garde des enfants: l’Etat évince la famille
VII. Ordonnance sur la prise en charge extrafamiliale des enfants
VIII. HarmoS
IX. Plan d’enseignement 21
X. Lueurs d’espoirs
XI. Que faut-il faire?

I. L’atmosphère qui règne en ce 21e siècle

Récemment, durant une promenade matinale, une maîtresse d’école à la retraite s’est approchée de moi. Visiblement émue, elle m’a raconté l’histoire suivante: « J’étais pendant quarante ans enseignante dans une école spéciale. Mais aujourd’hui, on veut supprimer l’école spéciale. Cela s’appellera école intégrative. Un beau projet! Quelle injustice à l’égard des enfants! Maintenant on leur fait comprendre tous les jours qu’ils ont un handicap mental ou physique. On pourra mettre à disposition de ces classes autant de pédagogues spécialisés qu’on voudra. Cela ne changera rien sur le fond. Les enfants normalement et supérieurement doués ne progresseront de toute manière pas! »

Cette enseignante n’est pas un cas isolé, beaucoup s’en faut. Partout des mères et des pères se plaignent d’écoles où les enfants suisses sont prétérités.

Les parents critiquent aussi l’absence d’un maître de classe dont le rôle est si important à l’école primaire. Les enfants n’ont plus de personne de référence. Les enseignants spécialisés ne comblent pas cette lacune.

D’autres se plaignent du manque d’objectifs fixés à l’enseignement ou encore d’enfants surmenés ou, au contraire, insuffisamment sollicités.

Récemment des élèves de l’école secondaire d’une commune riveraine du lac de Zurich, une école manifestement infestée par des essais pédagogiques en tous genres, se sont plaints dans un journal que leur école n’était pas assez exigeante et qu’ils étaient donc mal formés.

Des enseignants sont désespérés: « Cela ne peut pas continuer ainsi », disent-ils, débordés par le quotidien scolaire.

II. Ecole et éducation: l’UDC doit corriger le cap

Mesdames et Messieurs, longtemps – trop longtemps, sans doute – l’UDC a cédé à des prétendus spécialistes les domaines fondamentaux que sont la formation, l’éducation et l’école. Pour nous, la famille est un domaine privé où l’Etat n’a rien à faire. L’éducation des enfants ressort de la responsabilité individuelle des parents.

Longtemps nous n’avons pas voulu admettre que de plus en plus d’adeptes de la « génération soixante-huitarde » se sont incrustés dans des positions importantes de l’administration et notamment dans toute l’instruction publique – au point que les conceptions désastreuses de la vie et les idéologies gauchistes de ces milieux se sont profondément enracinés dans ce secteur. Ces idéologies déterminent aujourd’hui dans une large mesure l’éducation et l’instruction publique. Elles dominent fréquemment les directions de l’instruction publique et tout le secteur de l’éducation.

Depuis quelques temps ces idéologies – propagées non seulement par la gauche et les Verts, mais aussi par des politiciens PDC et PRD – contaminent même les familles. Contrairement à ce qu’on dit, elles ne visent pas à aider les membres les plus faibles des familles, mais au contraire à remodeler ces dernières, en clair à les affaiblir, à miner la responsabilité individuelle et à installer l’Etat à la place des parents – dans la plus pure tradition socialiste.

On tente maintenant « d’harmoniser » cette tendance au niveau national afin que plus personne n’y échappe. L’école intégrative veille à ce que l’idéologie passe avant la performance. Les écoles spéciales sont supprimées. La garde des enfants est contrôlée par l’Etat dès la naissance. Cette évolution nous éloigne de la société libérale basée sur la responsabilité individuelle pour nous mener vers la conception socialiste de l’homme, vers la collectivisation, vers l’Etat omniprésent. Mesdames et Messieurs, nous devons reprendre les commandes, nous devons corriger ce cap fatal!

Récemment le président de la Société suisse des enseignants a parlé d’un ton sentencieux aux Suissesses et aux Suisses: « L’école ne doit pas être politisée. La politique ne doit pas toucher à l’école », a-t-il clamé. Il va de soi qu’il visait uniquement l’UDC, ca aussi longtemps que l’école était la chasse gardée de la gauche, personne ne se plaignait de l’influence de la politique. Mais Monsieur le Président des enseignants suisses oublie une chose essentielle:

L’école est aussi l’affaire de nous autres parents qui veillons aux intérêts de nos enfants! L’école n’est pas le jardin privatif de bureaucrates gauchistes!

III. Les errements socialistes

Mesdames et Messieurs, jusque dans les années quatre-vingts, la Suisse était un pays bourgeois, libéral et fondée sur la responsabilité individuelle de ses citoyens. L’UDC, le PLR et des parties du PDC défendaient des objectifs communs, de concert avec l’économie et une instruction publique inspirée de principes bourgeois. Les partis de droite s’engageaient pour ces valeurs qui étaient également respectées dans l’instruction publique. Malheureusement, les choses ont commencé à changer dès les années septante. Une conception pervertie de la vie et le doux poison du socialisme se sont répandus. Ces idées promettaient une vie confortable sans souci et sans effort. Cette conception pervertie d’un humain égocentrique, vivant uniquement pour le plaisir, sans engagement et sans responsabilité est devenue le modèle directeur de l’éducation. L’épanouissement personnel égoïste – aussi des éducateurs, des parents et des politiques – au détriment des enfants est devenu le but à atteindre. Cette tendance a largement dépassé le cadre de la gauche politique; les églises et les milieux universitaires ont joyeusement suivi le mouvement.

Aujourd’hui, soixante-quatre ans après la victoire sur un socialisme qui s’ornait du mot « national » et vingt ans après la banqueroute officielle du socialisme réel en Europe, plus personne n’ose ouvertement réclamer le retour à l’économie planifiée. Mais le doux poison du socialisme continue d’embrouiller les têtes: alors que ces conceptions ont si lamentablement échoué dans l’économie, on tente de les prolonger en politique sociale et en politique de l’éducation.

Nous nous trouvons aujourd’hui dans un état d’urgence alarmant au niveau de la société et de la politique. Alors, Mesdames et Messieurs, nous devons saisir le gouvernail de ce bateau en détresse – non pas pour nous y promener, mais pour lui imposer à nouveau un cap correct.

IV. « Moi, tout et tout de suite! »

Le bouleversement intervenu depuis les années quatre-vingts visait à abattre toutes les barrières. Le travail, les limites, l’apprentissage, la discipline ne sont que synonymes de peine et d’effort. On a donc cherché à construire des arguments scientifiques pour justifier le refus de l’éducation.

Le travail, c’est la sueur – on a donc inventé la société sans travail.

La recherche du plaisir est devenue le principe unique de la vie.

Eduquer c’est prendre des décisions, assumer des responsabilités – on a donc créé la pédagogie cajoleuse.

Pour justifier ces changements, on a construit une nouvelle vision du monde en déclarant tout simplement: pas besoin de règles, pas besoin d’éducation, les enfants sont naturellement bons; ils font d’eux-mêmes les bons choix; on peut donc les laisser faire. La bien-pensance a été érigée en principe universel de l’éducation – comme de bien d’autres domaines, d’ailleurs.
On a bien sûr tu soigneusement que cette conception déplaçait le poids de la décision des parents vers l’enfant. Et que l’enfant est fréquemment surmené par cette tâche, que ce surmenage le rend capricieux et revendicateur. Il prend l’habitude de tout vouloir, de tout réclamer et finalement aussi de tout recevoir. « Moi, tout et tout de suite!« , voilà la devise – à peine simplifiée – des parents et des enfants. Quand la satisfaction de ses propres désirs devient l’objectif suprême, l’absence d’égards, voire la brutalité, et l’incapacité de s’adapter sont des conséquences inévitables.

Comme on n’a jamais dû respecter des limites, on ne s’arrête pas non plus devant la criminalité. La violence choquante qui se manifeste aujourd’hui parmi les jeunes est le fruit de cette éducation enseignant systématiquement l’absence d’égards et de respect.

V. Une société privée de valeurs

Ce phénomène sociétal s’est rapidement propagé à d’autres domaines de la vie pour finalement générer une société privée de valeurs. Le sens de la responsabilité est ridiculisé et la responsabilité individuelle est présentée comme une attitude antisociale. Les us et coutumes sont décriés comme surannés, notre religion et ses conceptions sont qualifiées d’intolérantes. La transmission de valeurs morales et culturelles, de modèles, de mythes, de matières religieuses ou d’histoires bibliques est décriée comme un comportement démodé, raciste et incompatible avec la liberté d’opinion et religieuse. Elle est bannie de l’école dès le jardin d’enfants.

L’intégrité a été dégradée au niveau d’un comportement petit-bourgeois; le souci de la propreté et de l’ordre dans les rues et sur les places publiques est considéré comme un défaut caractériel.

La Suisse est tournée en dérision comme une idylle arriérée. Aujourd’hui, il faut être multiculturel; l’irrespect et l’indiscipline sont considérés comme des attitudes originales.

La propension à la violence et le vandalisme sont appréciés comme des expressions d’une révolte justifiée contre trop d’ordre et trop de restrictions.

Le refus de l’effort est un droit accordé à ceux qu’on appelle les pauvres et les exploités.

Les écoliers paresseux et récalcitrants passent pour être particulièrement intelligents et imaginatifs.

Tout cela a été dit et écrit si souvent que le flot uniforme de médias a fini par ne plus admettre d’autres avis. Si bien que la Suisse a commencé à avoir honte d’elle-même.

Pour justifier cette honte, il a fallu réécrire l’histoire suisse et arracher nos racines. Car une société déracinée peut être plus facilement égarée. Concrètement, cette évolution s’est par exemple traduite par la suppression pure et simple de la chaire d’histoire suisse à l’Université de Zurich.

Ce qu’on aurait préféré avant tout, c’est tout simplement supprimer la Suisse de la carte du monde. Cette volonté de déraciner les gens dès leur plus jeune âge se retrouve aussi dans la décision de renoncer dès l’école enfantine à la pratique la langue maternelle, le suisse alémanique avec ses poésies et ses chants, au profit d’un haut-allemand adapté. Il va de soi que tout cela est justifié par des arguments hautement scientifiques.

Mesdames et Messieurs, il est grand temps de faire demi-tour!

VI. Garde des enfants: l’Etat évince la famille

Cette conception socialiste de la vie pollue de plus en plus la politique familiale et de l’éducation. Et comme le socialisme repose sur un mode de pensée totalitaire, ces changements doivent si nécessaire être imposés par la force. Sous le prétexte de la « protection des défavorisés et des faibles », on postule la tutelle de l’Etat et l’immixtion de la politique dans la vie familiale.

Ces apologistes de l’Etat n’exècrent rien de plus que ce qu’ils appellent la « famille petite-bourgeoise » parce que celle-ci échappe à leur influence malfaisante. La « Wohnstubenkraft » (la force de la chambre familiale), terme qu’utilisait Pestalozzi pour décrire le sentiment de sécurité au sein de la famille, inquiète ces milieux; elle doit donc être brisée à tout prix, car la famille est le début de l’éducation, de chaque conversation, de chaque confrontation avec les parents, les frères et sœurs, les parents plus lointains et les voisins. La famille, c’est le contraire de la fusion dans la masse, c’est l’opposé du déracinement. Les idéologues gauchistes ne peuvent donc pas la tolérer.

« Moi, tout et tout de suite! »

La revendication résumée dans ce titre est à l’opposé de ce que vise une famille. La communauté familiale ne s’alimente pas principalement d’égoïsme et d’épanouissement individuel, mais du souci de l’ensemble et de chaque membre de la communauté. Une famille ne revendique pas tout, ne reçoit pas tout, ne peut pas satisfaire immédiatement tous ses désirs. Bien au contraire, l’individu dans la famille doit souvent renoncer, se limiter, économiser, planifier. La famille n’est pas un « projet pour tout de suite »; c’est au contraire un projet à long terme qui dure au-delà des générations. Or, nous assistons aujourd’hui à la mise en place d’une nouvelle politique sociale et familiale selon le modèle socialiste. On veut nous imposer une modèle familial extra-familial et étatisé moyennant des encouragements publics, desdits financements de départ pour des crèches, des garderies, des cantines, des devoirs surveillés, etc. L’éducation collective par des employés de l’Etat prend la place de l’éducation au sein de la famille. Avons-nous oublié les dégâts énormes faits par les champions de l’éducation collective, les nazis et les communistes?

Fidèles à leur logique, les socialistes, les Verts et les partis du centre ont donc fait le pas suivant: les parents qui font garder leurs enfants par des tiers – on entend par là bien entendu avant tout des institutions étatiques – doivent avoir un avantage financier par rapport aux familles qui assument eux-mêmes la garde de leurs enfants. Ainsi, les premiers auraient droit à une déduction de 10 000 francs par enfant au niveau de l’impôt fédéral. Les parents qui éduquent eux-mêmes leurs enfants n’auraient pas le droit à une telle déduction. Il s’agit là, ni plus ni moins, d’une discrimination massive des ménages traditionnels par l’Etat, donc des familles dans lesquelles les parents s’occupent entièrement de l’éducation de leurs enfants. Il n’y a rien d’étonnant à ce que les socialistes et les Verts, dont le but affiché est de confier les humains à l’Etat depuis la naissance jusqu’à la mort, applaudissent frénétiquement devant une telle monstruosité. En revanche, il est inquiétant et révélateur que des partis comme le PDC, qui s’érige volontiers en grand défenseur de la famille, et le PLR, qui porte le mot libéral dans son nom, soutiennent, voire initient ces projets qui accélèrent la décomposition de la famille.

L’UDC doit s’opposer à ce développement et elle le fera: il est donc important que vous, Mesdames et Messieurs, souteniez en ce 5 décembre 2009 l’initiative UDC en faveur des familles. Cette initiative exige que les parents, qui ne se débarrassent pas de leurs enfants, bénéficient des mêmes avantages que les autres, donc aussi d’une déduction d’au moins 10 000 francs par enfants dans l’impôt fédéral. Le Parlement a en effet réservé cette possibilité à l’accueil extrafamilial des enfants. Et comme le Parlement fédéral prescrit de surcroît aux cantons d’autoriser également une déduction par enfant gardé à l’extérieur de la famille, nous exigeons que tous les modèles familiaux soient mis sur pied d’égalité à ce niveau également.

VII. Ordonnance sur la prise en charge extrafamiliale des enfants

Mesdames et Messieurs, le même esprit de perversion anime le projet d’ordonnance sur la prise en charge extrafamiliale des enfants que le DFJP a mis en consultation l’été dernier. Après avoir des années durant méprisé les mères de famille à domicile en les considérant comme socialement inférieures aux femmes exerçant une activité lucrative à l’extérieur, on tente aujourd’hui de faire un pas de plus en enlevant complètement les enfants aux parents pour les placer sous le contrôle de l’Etat, donc sous la surveillance de fonctionnaires.

Les tantes, les oncles, les marraines et parrains, les cousins et cousines, qui pourraient garder les enfants durant une certaine période, seront placés sous la surveillance d’une autorité cantonale spécialement instituée à cet effet. En clair, toutes les personnes pouvant logiquement et utilement garder des enfants sont systématiquement soupçonnés par un Etat méfiant. Ils doivent suivre des cours et se soumettre à des contrôles. Et ceux qui ne respectent pas ces règles s’exposent à une amende de 5000 francs. L’initiative individuelle et l’aide entre voisins sont sabotées par l’Etat

Les grands-parents qui gardent leurs petits-enfants doivent faire rapport sur leur action. Face à la tempête de protestations soulevée par ce projet sous l’égide de l’UDC, la conseillère fédérale concernée s’est empressée d’annoncer un assouplissement des règles. Non pas parce qu’elle aurait compris l’ineptie de son projet, mais parce qu’elle a pris peur devant un soulèvement qui devenait dangereux. Son idéologie pervertie reste entière.

Mesdames et Messieurs, comprenez-vous ce qui se cache derrière ses élucubrations absurdes concoctées par les bureaucrates de la Berne fédérale? La toute-puissance de l’Etat s’impose sournoisement dans la vie de la société. L’Etat est persuadé que des fonctionnaires peuvent mieux s’occuper des enfants que les parents. Nous devons nous battre avec détermination contre ces idéologies totalitaires qui poussent encore et toujours sur le fumier socialiste.

VIII. HarmoS

Aussi longtemps que le peuple pouvait décider du fonctionnement de l’école primaire, la Suisse possédait sans doute une des meilleures écoles de base du monde. Mais depuis que des fonctionnaires de l’instruction publique polluent la vie scolaire par leurs incessantes réformes, les élèves, les parents, mais aussi les enseignants sont de plus en plus dépassés.

La dernière attaque frontale des fonctionnaires de l’instruction publique repose sur une machination astucieuse qui a pour nom « HarmoS ». Ce projet impose la scolarisation obligatoire (en haut-allemand en Suisse alémanique) dès l’âge de quatre ans. Les enfants suisses doivent s’adapter aux enfants étrangers. L’intention est claire: priver un enfant de sa langue maternelle, c’est le déraciner plus facilement! Au lieu de laisser la responsabilité éducative aux parents, HarmoS oblige les communes à mettre sur pied des structures d’accueil diurnes – dans la plus belle tradition de l’ancienne Allemagne de l’Est communiste!

L’UDC a contré cette intention malfaisante et elle a mené des campagnes référendaires dans plusieurs cantons. Elle s’est battue seule contre tous les autres partis, mais avec le soutien de nombreux parents et enseignants inquiets qui se rendent compte du chemin fatal que prend notre système scolaire.

En vertu du projet HarmoS, la Confédération peut donner une force obligatoire générale à cette réforme, donc l’imposer dans toute la Suisse, si au moins 18 cantons y adhèrent. Cela a pu être empêché pour le moment grâce à l’UDC.

Les citoyens des cantons de Lucerne, de Nidwald, d’Uri, de Zoug, des Grisons et de Thurgovie on rejeté le projet HarmoS contre l’avis de leurs gouvernements et parlements.

Le souverain argovien a même enterré le projet « trèfle-à-quatre » qui reposait sur HarmoS. Entre temps, le gouvernement de ce canton a annoncé qu’il renonçait à la réforme HarmoS.
Idem pour le canton d’Appenzell-Rhodes Intérieures dont la landsgemeinde a rejeté la réforme légale basée sur HarmoS à la suite de l’intervention d’une simple mère de famille.

Dans le canton de Schwyz, la réforme a déjà échoué au Parlement.

Le gouvernement obwaldien s’est empressé de retirer le projet, car il pressentait son échec.

Finalement, moins de 18 cantons sont pour HarmoS.

La Confédération ne peut plus donner force obligatoire générale à ce projet. L’uniformisation nationale de l’école primaire par la mise sur la touche des cantons a donc pu être empêchée, du moins provisoirement. Les bureaucrates de la Conférence des directeurs de l’instruction publique ne peuvent plus agir à leur guise.

IX. Plan d’enseignement 21

Le projet « Plan d’enseignement 21 » prend le même faux chemin. Ce projet s’appelle ainsi parce que son objectif est d’imposer en ce 21e siècle un enseignement uniforme dans les 21 cantons de Suisse alémanique. Il va de soi que cette œuvre a été élaborée par une « petite équipe de spécialistes ». En clair, un groupe de personnes nourries d’idéologies socialistes, voire gauchistes, a pu se défouler librement. On ne sera donc guère surpris d’apprendre que ces prétendus spécialistes réclament l’introduction dans le plan d’enseignement de cours sur la prise de conscience sexuelle, sur l’égalité des sexes ou encore sur la conception de la vie. Rien d’étonnant non plus à ce que les leçons de chimie, de physique, de sciences de la nature et de géographie soient remplacées par des informations sur le changement climatique, le développement durable et les droits de l’homme. Les élèves des degrés scolaires inférieurs seraient déjà appelés à apprécier eux-mêmes leurs performances scolaires, les enseignants n’étant plus des enseignants, mais des coordinateurs qui mettent à disposition les matières. Les enfants doivent se débrouiller tous seuls. Non, Mesdames et Messieurs, nous devons nous opposer avec détermination à pareilles absurdités. Ce développement néfaste doit être tué dans l’œuf!

Si nous voulons faire de la place à l’école pour des améliorations, nous devons commencer par débarrasser les détritus qui encombrent notre instruction publique. Nous devons mettre les idéologies soixante-huitardes à leur juste place: la poubelle. Notre revendication est fort simple: l’éducation et la garde des enfants sont l’affaire des parents et non des fonctionnaires de l’Etat.

Nous voulons que nos enfants apprennent à nouveau à lire, à écrire et à calculer à l’école primaire. Cela exige de la discipline, de la volonté à l’effort, des performances et de la concurrence. Il n’y a définitivement plus de place à l’école pour les pédagogies cajoleuses, les idéologies hostiles à l’effort, l’éducation antiautoritaire, l’enseignement par des méthodes puériles, sans exigences claires et ne reposant que sur le prétendu plaisir, plus de place non plus pour l’agitation et le désordre, autant de conditions et de comportements qui empêchent un apprentissage concentré.

A l’opposé de ces méthodes, qui ont de toute évidence échoué, il y a l’éducation par l’exemple. Bien sûr, cela demande de l’effort. Mais celui qui exige la ponctualité, la discipline, la fiabilité et des efforts doit commencer par pratiquer lui-même ces vertus – comme enseignant, comme père, comme mère et d’ailleurs aussi comme chef d’entreprise.

Nombre de politiques et d’enseignants se plaignent fréquemment d’un manque d’argent pour faire vraiment une bonne école. C’est faux: aucun pays d’Europe ne dépense autant d’argent que la Suisse pour ses élèves des écoles primaires, secondaires et universités. Avec un résultat mitigé. On cherche en vain la Suisse dans les premiers rangs du classement de l’étude PISA. On n’a jamais résolu des problèmes avec de l’argent seulement.

X. Lueurs d’espoirs

Mesdames et Messieurs, il me semble que cette désastreuse politique familiale, scolaire et de l’éducation a atteint son point culminant et qu’un retour s’amorce. Les fonctionnaires et idéologues gauchistes de l’instruction publique et leurs suiveurs aveugles des partis bourgeois ont été démasqués. Leurs conceptions destructrices de la société suscitent de plus en plus de résistances. Cette prise de conscience n’a pas encore atteint le Palais fédéral, ni la Conférence des directeurs de l’instruction publique et leurs états-majors de bureaucrates de l’éducation; cela durera sans doute encore longtemps. Le tournant vers le positif vient d’en bas – comme si souvent en Suisse. Et le bas fera finalement basculer le haut.

Nous avons besoin d’un changement conservateur – dans la société, dans la famille, dans l’éducation, dans l’école: nous avons besoin d’une réforme dans le sens vrai et utile du mot, car ré-former signifie rétablir la forme originale, celle qui répond aux besoins de la vie. Réformer signifie revenir au bon sens, rétablir le bien, le vrai, le durable.

Ce principe vaut aussi pour la très importante profession qu’exercent les enseignantes et les enseignants. Ceux-ci doivent être préparés à leur métier par une formation efficace, proche de la vie et pratique. La formation des enseignants doit elle aussi être réformée. Ces personnes doivent être préparées sérieusement à leur importante fonction sociale et aux responsabilités qu’ils portent face aux enfants. Et pour l’école primaire, nous avons besoin de maîtres de classe et non pas d’enseignants spécialisés.

XI. Que faut-il faire?

Mesdames et Messieurs,

  1. L’UDC doit se battre pour une politique scolaire et de l’éducation fondée sur des valeurs, conforme aux exigences de la vie et marquée par la responsabilité individuelle.
  2. Il faut stopper la destruction des familles qui assument leurs responsabilités et la mise en place d’un système de garde des enfants complètement contrôlé par l’Etat. Cela signifie qu’il faut
  3. combattre HarmoS.
  4. lancer notre initiative en faveur des familles qui exige des déductions fiscales au moins égales pour les familles assumant elles-mêmes la garde de leurs enfants.
  5. nous engager pour une école primaire basée sur le principe de la performance.
  6. nous engager pour le maintien des maîtres de classe à l’école primaire. Il faut un maître responsable de la conduite de la classe.
  7. nous engager pour la réforme de la formation des enseignants en mettant en place une formation efficace, proche de la vie, pratique et générale (non pas spécialisée) des enseignants de l’école primaire.
  8. nous engager pour le maintien d’un plan d’enseignement assorti d’objectifs mesurables. 
  9.  nous engager pour le maintien des classes spéciales, donc contre l’école intégrative.
  10. nous engager pour une formation professionnelle basée sur la pratique selon le principe dual (maître d’apprentissage et école professionnelle).
  11. nous engager contre l’académisation de la formation professionnelle.
  12. nous engager pour des universités fixant des exigences élevées (la qualité doit passer avant la quantité).
  13. refuser la réforme de Bologne qui nivelle par le bas et abrutit l’esprit.

 

par l’auteur
UDC anc. conseiller fédéral (ZH)
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