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Exposé
Conférence de presse de 01. février 2008

La politique de défense de nos intérÊts doit déterminer notre politique extérieure

Que signifient des négociations bilatérales? L’UE les interprète comme un rapport de distribution d’ordres. Et la Suisse officielle entend par là une manifestation de bienfaisance. Ni l’une, ni l’autr

Que signifient des négociations bilatérales? L’UE les interprète comme un rapport de distribution d’ordres. Et la Suisse officielle entend par là une manifestation de bienfaisance. Ni l’une, ni l’autre interprétation n’est juste. Il s’agit en réalité d’un marchandage. Pour les deux partenaires engagés dans la négociation, il s’agit de prendre et de donner. Et il s’agit de défendre ses propres intérêts.

Tout cela est clair et ne devrait nécessiter aucune explication supplémentaire. Et dans la vie privée chacun agit de cette manière: quand nos conseillers fédéraux voyageurs – je songe par exemple à Monsieur Couchepin qui vient de s’offrir une excursion au Maroc ou à Madame Calmy-Rey qui a fait un beau voyage en Afrique l’été dernier – veulent acheter un joli souvenir dans un bazar, ils n’acceptent pas le premier prix fixé par le marchand. Il va de soi qu’ils vont longuement marchander – du moins s’ils ne peuvent pas mettre l’objet acheté sur leur note de frais.

La politique extérieure est la politique de défense des intérêts
Il en est de même dans la diplomatie. La politique extérieure est la politique de défense des intérêts. Celui qui ne défend pas les intérêts de son pays se met automatiquement au service d’intérêts étrangers. C’est de la sottise ou de la trahison.

Nous devons bien comprendre cela en nous positionnant par rapport à l’UE. Les intérêts de notre pays doivent être les repères de notre politique extérieure. Pour simplifier, notre intérêt est de préserver une Suisse libérale, souveraine, régie par la démocratie directe et florissante. Voilà qui doit déterminer notre politique extérieure et rien d’autre.

Si nous observons les rapports actuels entre la Suisse et l’UE, nous constatons que l’UE mène une politique de défense de ses intérêts claire et rigoureuse, même si elle cache son attitude par de belles envolées verbales. En Suisse, c’est juste l’inverse: les belles envolées verbales sont l’unique programme officiel. C’est donc une évidence: le Conseil fédéral, la classe politique et la diplomatie se précipitent sans concept et sans conduite dans le désastre. L’UE exige sur un ton menaçant la suppression de certaines réglementations fiscales cantonales. Elle va même jusqu’à se lancer dans une interprétation nouvelle et parfaitement absurde de l’accord de libre-échange de 1972. Une attitude insensée sur le plan juridique, mais néanmoins très dangereuse.

Voyons clairement ce que cela signifie: les questions fiscales sont toujours hautement délicates. Quand il s’agit d’impôt, l’Etat intervient souverainement auprès du citoyen et porte atteinte à sa propriété privée. Le mode et l’intensité de cette intervention sont donc de bons instruments de mesure de la démocratie, de l’Etat de droit et du respect de la vie privée. En Suisse, l’obligation de payer des impôts est donc liée au droit de pouvoir décider librement du régime fiscal. Voilà une raison du succès économique de notre pays. Il faut rappeler cela aussi à certains représentants de l’économie qui, pour ne pas mettre en péril une immigration fortement problématique en provenance d’Europe de l’Est, sont prêts à mettre à disposition notre régime libéral.

Attaque contre notre souveraineté
Quand l’UE s’approche de nous pour exiger une modification de notre régime fiscal en fonction de ses idées, elle n’attaque pas seulement l’attractivité de notre place économique, mais aussi nos lois démocratiquement approuvées, notre régime libéral et notre indépendance.

Il est vrai que l’arrogance des diplomates UE n’est pas une surprise. Elle est avant tout le résultat de l’attitude lâche de la Suisse. Marqué par l’absence de volonté et de courage, le climat de politique intérieure de la Suisse s’est depuis longtemps répercuté sur la défense des intérêts en politique extérieure. Le camp rouge-vert, les faux bourgeois, les médias de gauche et les intellectuels de gauche diffament systématiquement toute personne s’engageant pour la Suisse. Lorsque Christoph Blocher a analysé la situation en politique extérieure et plaidé pour une meilleure défense de nos intérêts, l’alliance gouvernementale, de Hans-Jürg Fehr à Christophe Darbellay, en passant par les conseillers fédéraux Merz et Couchepin, était d’accord pour affirmer bruyamment qu’il était inadmissible et même pervers de ne défendre que ses propres intérêts. Cette attitude consisterait même à ouvrir la voie à des négociations dans la question fiscale. Or, il est évident que la garantie de l’autonomie fiscale de la Suisse ne fait pas l’objet de négociations, mais bien d’une déclaration de l’UE. Je suis certain: si les élus politiques jouaient aux échecs, ils se mettraient eux-mêmes échec et mat – de préférence déjà avant le début de la partie.

En cédant constamment sans nous battre nous suscitons forcément toujours de nouvelles revendications. Pour casser cette spirale de la faiblesse, nous devons répondre avec fermeté et détermination aux exigences de l’UE.

Exploiter la situation de départ
Si nous faisons le point de la situation actuelle, nous constatons que la position de la Suisse est bonne dans l’ensemble. Les dossiers suivants font l’objet de négociations:

  • extension de la libre circulation en faveur de la Roumanie et de la Bulgarie. La Suisse n’en profitera pas. Quels spécialistes et professionnels offrent ces pays que la Suisse ne pourrait pas recruter ailleurs? Pourquoi ne suffirait-il pas de permettre sélectivement à la Bulgarie et à la Roumanie d’accéder à notre marché du travail en attribuant des autorisations? Pourquoi la Suisse devrait-elle accorder à tous les citoyens de ce pays le libre accès à son marché du travail? Et pourquoi l’arrivée de Roms roumains n’aurait-elle pas les mêmes effets en Suisse qu’en Italie?
  • paiements de cohésion à ces pays précisément. Quel est l’intérêt de la Suisse de transférer trois ou quatre cents millions de francs dans les Balkans?

La menace que l’UE déclare caducs tous les accords bilatéraux en cas de refus de la Suisse d’inclure la Roumanie et la Bulgarie dans la libre circulation des personnes est l’unique argument des partisans de ce projet. Ces derniers cherchent ainsi à faire peur aux Suisses et cachent bien sûr soigneusement le fait que l’UE a jusqu’ici largement profité des accords conclus. Rappelons simplement l’accord sur les transports terrestres qui est d’une importance capitale pour l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche.

Tous les sujets de négociation cités plus haut sont en revanche importants pour l’UE. Il en est de même pour d’autres comme le libre-échange en matière agricole, la santé publique, le système de navigation par satellite Galileo ou encore la conclusion d’un accord-cadre. Il s’agit-là de dossiers qui intéressent aussi l’UE à l’exception du dernier, peut-être, dans lequel les diplomates du DFAE voient surtout un moyen d’accroître leur pouvoir.

Cette situation de départ nous dicte notre attitude.

  • Quand l’UE frappe à notre porte pour nous demander quelque chose, nous devons fixer le prix. Cela signifie ce qui suit: premièrement, nous demandons pour l’accord de libre circulation des personnes avec la Roumanie et la Bulgarie un délai plus long de cinq ans pour le contingentement, soit au total une période de 12 ans durant laquelle le contingentement est permis. Deuxièmement, la Suisse doit conclure avec la Roumanie et la Bulgarie un solide accord de réadmission pour leurs nationaux criminels ou séjournant illégalement en Suisse. Cet accord doit notamment stipuler que le coût du renvoi des personnes concernées est à la charge de leur pays d’origine. La situation actuelle en Italie montre bien qu’il s’agit là d’une nécessité absolue. Troisièmement, il n’est pas acceptable que le marché du travail suisse soit encore plus réglementé par lesdites mesures d’accompagnement qui servent essentiellement à renforcer la position des fonctionnaires syndicaux, mais qui nuisent à l’économie. Quatrièmement, nous posons une condition de principe: non à des négociations sur la libre circulation des personnes en faveur de la Roumanie et de la Bulgarie sans déclaration écrite dans laquelle Bruxelles s’engage à respecter la souveraineté suisse y compris la souveraineté fiscale et à ne plus l’attaquer.
  • Comme il est impossible de faire confiance aux diplomates du DFAE et à la coalition de centre gauche qui compose le Conseil fédéral, la protection de la souveraineté suisse doit devenir l’affaire du peuple. Donc, il faut un nouveau référendum en matière de traité d’Etat. Les droits populaires doivent être renforcés dans ce sens par une modification constitutionnelle.

Voilà la seule manière d’obtenir que la Suisse défende ses propres intérêts et non pas ceux de l’UE. C’est la moindre des choses que la classe politique doit au peuple.

par l’auteur
Christoph Mörgeli
UDC (ZH)
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