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La politique européenne de l’UDC: engagement pour une Suisse indépendante

Il y a juste treize ans, nous avons remporté une victoire aussi glorieuse qu’importante. Souvenez-vous: le 6 décembre 1992, le peuple a refusé au cours d’un vote mémorable l’adhésion de la Suisse…

Il y a juste treize ans, nous avons remporté une victoire aussi glorieuse qu’importante. Souvenez-vous: le 6 décembre 1992, le peuple a refusé au cours d’un vote mémorable l’adhésion de la Suisse à l’EEE. L’UDC était l’unique parti gouvernemental opposé à cet accord. Cet échec populaire s’explique aussi bien par certaines déclarations du Conseil fédéral – « L’EEE est un camp d’entraînement pour l’entrée dans la CE » – que par le dépôt à Bruxelles d’une demande d’adhésion juste avant le scrutin. Malgré les nombreuses invitations et interventions de notre parti, le Conseil fédéral a refusé obstinément de retirer cette demande d’adhésion, position confirmée lors de sa dernière séance spéciale du 26 octobre 2005 sur la politique européenne.

Toujours est-il que le Conseil fédéral a décidé lors de cette séance de transformer en « option à long terme » ce projet d’adhésion qui était jusque-là un « objectif stratégique ». C’était la moindre des choses. Par son attitude systématiquement pro-UE, le gouvernement a méprisé une volonté populaire qui s’est pourtant exprimée clairement à plusieurs reprises, notamment en 2001 où l’initiative populaire « Oui à l’Europe » a été enterrée par 77% des votants. Ce scrutin indique à l’évidence que le peuple ne veut pas d’une adhésion à l’UE et qu’il tient à la souveraineté et à l’indépendance de son pays. En adhérant à l’UE, la Suisse compromettrait sa neutralité, perdrait son indépendance et restreindrait sa souveraineté parce qu’elle devrait reprendre automatiquement le dé-veloppement du droit communautaire.

L’UDC a toujours pris le peuple au sérieux et, par conséquent, elle a toujours combattu l’adhésion à l’UE. Cela fait treize ans qu’elle ne s’est pas écartée d’un millimètre de cette ligne. Tous ses documents stratégiques, prises de position, interventions parlementaires et recommandations de vote reflètent la même attitude: non à l’adhésion à l’UE, oui à une Suisse souveraine, indépendante et neutre.

Il n’en est pas ainsi dans les autres partis. A peine une année après l’échec de la votation sur l’EEE, le conseiller fédéral PDC Flavio Cotti a déclaré: « En l’an 2000 au plus tard, la Suisse sera membre de la CE » (Cash, 22.10.93). Dans son congrès de politique européenne du 4 avril 1998, le PDC a décidé par 411 voix contre 48 que « le PDC s’engage pour l’adhésion de la Suisse à la Communauté européenne ». Ce même parti a apporté son soutien à l’initiative « Oui à l’Europe ». Quant à la position actuelle du PDC dans la question européenne, il est difficile d’en avoir une idée définitive.

Dans son discours à l’Université de Zurich du 29 mai 2000, le conseiller fédéral Joseph Deiss a déclaré ce qui suit: « En clair, cela signifie que l’adhésion à l’UE entraînerait certes des coûts et imposerait des adaptations de nos institutions, mais elle nous apporterait un droit de codécision et de l’influence. Donc un avantage en matière de souveraineté. » Le fait est que Monsieur Deiss n’était pas aussi sûr qu’il s’en donnait l’air. Peu avant, soit le 22 mai 2000, il avait encore dit au quotidien « Basler Zeitung »: « L’adhésion à l’UE exige cependant d’importants préparatifs en politique intérieure. Je songe notamment à la réforme du gouvernement ou à un débat sur notre démocratie directe. »

Dans la « Sonntagszeitung » du 25.10.98, Franz Steinegger, alors président du PRD, s’entendait poser la question suivante: « Vous en restez donc à la tactique du salami qui consiste à progresser tranche par tranche vers l’adhésion à l’UE »? Sa réponse: « Bien entendu. Dans une démocratie directe, des petits pas concrets constituent la seule manière de progresser. » Dans ses « Visions », le PRD a prévu l’adhésion à l’UE pour 2007.

Quant au PS, on sait qu’il veut précipiter le mouvement pour faire entrer la Suisse dans l’UE. Selon le conseiller fédéral Moritz Leuenberger, l’adhésion n’est pas une question économique, mais uniquement une affaire politique (exposé du 1er juin 1999 à Berne). Lui aussi ose affirmer (dans le même discours) qu’une adhésion à l’UE constitue un gain de souveraineté pour la Suisse. L’irréalisme de la politique européenne du PS ressort aussi de certaines déclarations comme celle que l’ancien conseiller national Peter Bodenmann a faite au magazine « Bilanz » (no 10/1992): « La Suisse dans la CE en 1995 ou 1996. »

Je rappelle brièvement ce qu’est en réalité l’UE: une union d’Etats socialistes dirigée par deux douzaines de personnes qui n’ont pas été élues, qui ne peuvent donc pas être révoquées par le peuple et qui n’ont aucun compte à lui rendre.

L’UDC ne joue pas les prophètes. Le peuple a toujours su que l’UDC combattait avec détermination l’adhésion à l’UE et il pourra s’y fier à l’avenir également.

La voie bilatérale

L’UDC a proposé d’emblée de conclure des accords bilatéraux avec l’UE comme solution de remplacement à l’adhésion à l’EEE. Mais suivre la voie bilatérale ne signifie pas cependant qu’il faille soutenir les yeux fermés tous les accords bilatéraux que nous soumet le Conseil fédéral. La politique extérieure est une politique de défense des intérêts du pays. Donc, la Suisse ne doit conclure des accords bilatéraux avec l’UE que si ces accords sont utiles à notre pays. Je ne crois pas que tous les accords conclus jusqu’ici répondent à cette exigence. Une rétrospective sur les objectifs atteints jusqu’ici révèle bien plus que la majorité de ces accords bilatéraux visaient purement et simplement à éliminer de gros obstacles sur la voie de l’adhésion.

Concrètement, nous avons beaucoup de mal à accepter l’accord bilatéral sur les transports terrestres qui ouvre les axes de transit au trafic international des camions de 40 tonnes et qui nous vaut encore et toujours des dizaines de kilomètres de colonnes de poids lourds sur nos routes.

Le fameux transfert de la route au rail est resté une illusion. Et la libre circulation des personnes – quelque 475 millions de citoyens UE auront libre accès au marché du travail suisse! – nous confrontera à des problèmes énormes au niveau des assurances sociales. Voilà pourquoi l’UDC a exigé et obtenu qu’un vote référendaire puisse avoir lieu sept ans après l’entrée en vigueur de l’accord sur la libre circulation des personnes. Ainsi, le peuple aura la possibilité de voter sur l’ensemble des sept accords et il pourra, si nécessaire, tirer le frein de secours.

Accords bilatéraux II

Avant l’entrée en vigueur des accords bilatéraux I au milieu de l’année 2002, donc bien avant d’avoir pu faire la moindre expérience pratique avec ces accords, le Conseil fédéral s’est précipité dans de nouvelles négociations bilatérales. La raison: l’UE a mis sous pression la place financière suisse sous le prétexte de la lutte contre la fuite fiscale et le blanchiment d’argent sale. Parmi les accords bilatéraux II qui sont approuvés aujourd’hui, on trouve également quelques dossiers délicats comme, par exemple, le dossier Schengen/Dublin et celui sur la lutte contre la fraude.

Conclusion

On serait aujourd’hui en droit d’espérer que le débat européen se calme et que la politique européenne se limite pour l’essentiel à évaluer les résultats pratiques du réseau bilatéral établi avec l’UE. Espoir trompé, car le Conseil fédéral s’obstine à maintenir sa demande d’adhésion à Bruxelles et à conserver le projet d’adhésion dans sa politique extérieure.

On peut même lire ce qui suit dans le rapport de politique extérieure 2000 du Conseil fédéral: « La défense des intérêts nationaux ne peut pas être l’unique critère pour les actions de politique extérieure ». Ah non? Quels autres repères alors?

Les partis du centre se contorsionnent et trouvent mille excuses pour ne pas forcer le Conseil fédéral à retirer sa demande d’adhésion (entre-temps gelée), comme le souhaite l’UDC. Ce qui n’empêche quelques notables de répéter comme des moulins à prières que l’adhésion n’est « actuellement » pas un thème de discussion. Mais il ne faut pas s’y tromper et, surtout, ne pas oublier que ces milieux politiques, assistés de quelques fonctionnaires outrepassant allègrement leurs compétences, ont travaillé des années durant à préparer l’adhésion à l’UE en méprisant sans vergogne les valeurs fondamentales de notre Etat. Pour ces gens, la volonté populaire n’est plus le fil rouge de la politique. L’élite politique veut réaliser ses objectifs sans être gênée par le peuple. Le pire, c’est que cette stratégie sournoise de la Berne fédérale semble avoir du succès. Cela m’inquiète beaucoup.

Notre démocratie directe est incompatible avec le système centraliste de l’UE. Le citoyen suisse a un droit de participation politique exceptionnel. Nous devons en prendre soin si nous voulons sauvegarder ce qui nous reste d’indépendance et de liberté. Car l’UE évolue de plus en plus vers un système autocratique pour ne pas dire dictatorial.

Je vous lance un appel: rappelez-vous à nouveau les principes de la liberté et de la démocratie qui doivent rester nos uniques repères. Et travaillons tous ensemble à renforcer notre démocratie directe, notre fédéralisme et notre système de milice qui ont fait leurs preuves.

Le choix fait démocratiquement par le peuple et confirmé à plusieurs reprises doit être accepté et exécuté. Toutes les autres « options de politique européenne » n’ont plus leur place chez nous.

Le fait que la Suisse ne soit pas membre aujourd’hui de l’UE est incontestablement un mérite de l’UDC. Avec son refus clair et net d’une adhésion à l’UE, l’UDC a mis le holà à la politique excessivement axée sur Bruxelles que pratiquaient le Conseil fédéral et les autres partis gouvernementaux. Nous avons ainsi remporté une victoire d’étape importante pour notre pays. Mais la course continue: la voie bilatérale ayant fini par s’imposer, il s’agit aujourd’hui de se battre pour l’indépendance de la Suisse par rapport à l’Union européenne et pour l’ouverture de la politique extérieure suisse. Braquée jusqu’ici presque exclusivement sur l’UE, la politique économique extérieure de la Suisse doit à nouveau prendre en compte d’autres Etats et d’autres continents. L’UDC veut une Suisse ouverte au monde et compétitive, mais aussi une Suisse qui défend ses droits. Voilà l’objectif que poursuivra fidèlement l’UDC.

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