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La responsabilité de l’UDC pour la Suisse, un plaidoyer pour le bon fonctionnement de la démocratie

Le grand philosophe Voltaire a tenu ces propos demeurés célèbres : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ». Il…

par Ueli Maurer, conseiller fédéral, chef du Département fédéral de la défense,
de la protection de la population et des sports (DDPS)

Le grand philosophe Voltaire a tenu ces propos demeurés célèbres : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ». Il s’agit là d’un principe essentiel de la démocratie. Chacun a le droit de défendre son point de vue avec véhémence. Il est permis de critiquer les autres, mais on n’a pas le droit de leur interdire de donner leur opinion. Car chaque démocrate le sait bien : pour assurer le bon fonctionnement d’une démocratie, il faut que deux conditions soient remplies :

Tout d’abord, les citoyennes et les citoyens doivent avoir la possibilité de se forger une opinion. Ensuite, les décisions prises par le peuple doivent être acceptées et appliquées sans réserves.

La libre formation de l’opinion doit être possible.

Cela constitue l’ABC de la démocratie. En Suisse, c’est quelque chose qui devrait être évident pour tout le monde. C’est intentionnellement que je dis « devrait », car je me fais du souci pour les valeurs fondamentales de notre démocratie.

Il y a dans notre pays des forces qui s’opposent à la libre concurrence. Leur but est de supprimer la libre concurrence des produits et des services. C’est notre bien-être qui est en jeu. Mais il y a visiblement des forces qui entendent même supprimer la libre concurrence des idées et des opinions. Là, c’est notre démocratie qui est visée.

Seul celui qui a la possibilité d’entendre différents avis peut ensuite se forger sa propre opinion.

La démocratie est en quelque sorte le marché des idées. C’est un concept qui remonte à l’Antiquité. Sur la place du marché, des marchandises étaient négociées tandis que, simultanément, on échangeait des opinions. C’est sur cette base que s’est développée la pratique de la discussion politique ainsi que l’autodétermination des citoyens.

Chacun a le droit d’offrir ses produits sur le marché des idées, à savoir des opinions, des réflexions et des solutions. De même, chacun a le droit de vérifier les produits ainsi offerts, d’en évaluer les avantages et les inconvénients. Chacun a le droit de choisir le produit qui lui semble le plus convaincant. Ensuite, on voit s’imposer l’idée qui récolte le plus large soutien, celle qui est approuvée par une majorité des citoyens.

Une tradition de notre pays veut que les citoyens discutent ouvertement et expriment librement leur opinion. C’est déjà ce qui se passait dans le cadre des Landsgemeinde. Cette liberté d’opinion a également été garantie dans la première Constitution fédérale de 1848. A cette époque déjà, la liberté de la presse, la liberté d’association et le droit de pétition garantissaient des discussions ouvertes.

Ces privilèges font partie depuis lors du droit en vigueur. Ils s’appellent « liberté d’opinion » et « liberté de réunion » et figurent aussi dans la Constitution actuelle. Malheureusement, la réalité est quelque peu différente.

Si nous nous retrouvons ici aujourd’hui, c’est parce que l’assemblée des délégués, telle qu’elle était prévue à Lausanne, a dû être déplacée. Des manifestants ont combattu la liberté d’opinion et le débat politique ouvert en recourant aux menaces et à la violence. En outre, nous avons manifestement des autorités qui ont du mal à faire respecter l’ordre constitutionnel. Cela a été le cas lors de notre rassemblement en 2007, mais aussi la semaine dernière, lorsque notre secrétariat général a été attaqué à Berne et, enfin, cela se renouvelle aujourd’hui à Lausanne.

Cette attitude hostile à l’UDC ne constitue pas un cas isolé. Les champions autoproclamés de la tolérance font vite preuve d’une étonnante intolérance face à quelqu’un qui défend une autre conception de la tolérance. Toute personne défendant un autre point de vue se voit immédiatement prise pour cible de diverses attaques.

L’émission Arena, par exemple, se voit attribuer un nouvel animateur parce que la personne qui assumait ce rôle jusque là a été soupçonnée de sympathie pour l’UDC. Bien entendu, ces soupçons sont dénués de tout fondement, mais il suffit que, dans l’intérêt d’un débat passionnant et controversé, un animateur prenne parfois en compte le point de vue du parti qui rassemble le plus grand nombre d’électeurs pour que cela soit considéré comme une atteinte au principe du « politiquement correct ».

Un autre exemple de ce genre d’attitude peut être trouvé à Bâle. Dans un quotidien de la ville travaille un journaliste qui, de temps à autre, exprime un autre avis que celui de la majorité dominante. En réaction, les médias partent tout de suite à l’attaque. Au nom de l’ouverture d’esprit et de la tolérance, voilà ce journaliste accusé d’hérésie.

Pour moi, une telle évolution n’a rien de rassurant. A partir du moment où, en réaction à certaines voix critiques, on ne fait pas usage d’arguments rationnels, mais de menaces, de violence et de mobbing, la libre concurrence des idées ne fonctionne plus. A mes yeux, cela ne constitue rien d’autre qu’une attaque en règle contre la démocratie.

Les décisions populaires doivent être appliquées

La deuxième condition indispensable au bon fonctionnement d’une démocratie, à savoir l’application des décisions populaires, devrait normalement aller de soi dans un pays comme le nôtre, avec sa longue tradition démocratique.

Là aussi, hélas, la réalité est bien différente. On reste songeur à la lecture des commentaires dépréciatifs que l’on peut trouver dans les médias au lendemain de décisions populaires qui ne correspondent pas à ce qui était souhaité dans certains milieux.
Celui qui qualifie les problèmes réels de nos concitoyennes et concitoyens de craintes vagues et diffuses sous-entend que ces personnes ont un comportement irrationnel ou paranoïaque et qu’elles sont donc incapables de prendre une décision raisonnable. Il y a là un raisonnement qui affiche une grande arrogance. En restant sur cette ligne de pensée, on a vite franchi l’étape suivante, qui est de mettre en doute fondamentalement la maturité des citoyens.

On peut voir alors même un journal comme la NZZ, qui se considère comme un défenseur du libéralisme, écrire que le peuple ne peut s’en prendre qu’à lui-même si l’acceptation de l’initiative « Pour le renvoi des étrangers criminels » relance la discussion sur d’éventuelles restrictions à apporter au droit d’initiative. En d’autres termes, cela revient à dire : Peuple, tu as le droit de te rendre aux urnes, mais seulement si tu votes comme nous le désirons. Dans le cas contraire, tu seras privé de tes droits démocratiques.

Je serais heureux que les principes démocratiques aient un fondement plus solide dans cette partie de la société qui se considère comme l’élite de ce pays. J’en appelle à la conscience démocratique de ceux qui sont à la recherche de toutes les raisons imaginables pour ignorer la volonté populaire. Prenez garde, car vous remettez en cause la cohésion nationale ! Prenez garde, car vous vous attaquez au fondement de notre liberté et de notre prospérité !

C’est dans ce contexte que je vois aussi la responsabilité que l’UDC assume pour toute la Suisse. Notre pays a besoin impérativement d’une force politique qui assure la diversité des débats et qui défende les droits populaires. Notre pays a besoin d’une force politique comme garant d’une démocratie vivante !

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