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Le désastre a un nom: Sommaruga – Immigration clandestine par la Méditerranée: un point de la situation dans la perspective suisse

par Roger Köppel, candidat UDC au Conseil national, rédacteur en chef et éditeur de l’hebdomadaire "Weltwoche", Küssnacht (ZH)

La politique d’asile de la Suisse mène dans un cul-de-sac. On ne cesse de renforcer l’attraction que la Suisse exerce sur les immigrants clandestins. Le Conseil fédéral et le département de la justice refusent d’appliquer la législation sur l’asile. Les décisions sont exécutées de manière lacunaire. Le taux de reconnaissance est plus élevé que jamais. Les requérants déboutés ne sont pas renvoyés. Ce n’est pas la misère du monde, mais c’est l’incompétence politique de la Berne fédérale qui fait grimper la statistique de l’asile.

"Tous […] doivent rester en Suisse"

Bien que la Suisse se place au deuxième rang derrière la Suède au classement des pays européens les plus attractifs pour les requérants d’asile, les autorités responsables ne font rien contre l’arrivée d’immigrants clandestins. Le premier responsable au niveau fédéral de la question des réfugiés, Mario Gattiker, a déclaré la semaine passée sur les ondes de la radio alémanique que l’une de ses principales priorités était d’améliorer l’infrastructure pour intégrer les Somaliens. Les signes sont donc à l’ouverture. On s’efforce d’accroître la capacité d’accueil de la Suisse pour les migrants de la pauvreté en provenance d’Afrique.

Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération, est l’incarnation de ce désastre volontairement provoqué. La ministre de la justice ne fait pas preuve de la moindre volonté de regarder la réalité en face. Dans diverses interviews qu’elle a accordées à des journalistes complaisants de la télévision alémanique, elle admet ouvertement son refus d’appliquer le durcissement de la législation sur l’asile que le peuple suisse a exigé en approuvant depuis 2006 deux révisions du droit.

Simonetta Sommaruga ne voit pas de limite à la capacité d’accueil de la Suisse. Elle refuse de parler d’abus. Il est beaucoup plus important, déclare-t-elle avec emphase dans l’émission "Rundschau" de la radio alémanique, que la Suisse reste "ouverte et solidaire". Il faut aujourd’hui avant tout garantir la sécurité des migrants traversant la Méditerranée, a-t-elle affirmé en Suisse romande. La ministre suisse a déjà promis à son collègue italien Matteo Renzi que la Suisse participerait aux "contingents internationaux de réfugiés". Et voici sa généreuse conclusion aux frais des contribuables suisses: "Tous ceux qui ont besoin de notre protection doivent pouvoir rester en Suisse."

Est-ce de l’ignorance? Est-ce intentionnel? Les déclarations de Simonetta Sommaruga sont, ni plus ni moins, un appel général à la violation du droit. Le fait incontestable est que le droit d’asile suisse a été créé à la suite des génocides du siècle passé pour protéger des personnes dont l’intégrité physique, voire la vie est directement menacée pour des raisons politiques. Les réfugiés de guerre, les réfugiés de guerre civile ou des personnes qui fuient une situation sociale et économique sans espoir n’ont donc pas droit à l’asile. On peut trouver cela injuste, mais c’est la loi – aussi bien en Suisse que dans l’Union européenne.

La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a prétendu à la télévision que 50% des migrants clandestins embarquant en Afrique du Nord sont des réfugiés ayant droit à l’asile conformément à la Convention de Genève. Son principal collaborateur diplomatique pour les réfugiés, Mario Gattiker, a confirmé ce chiffre à notre journal. Un mensonge éhonté.

La réalité est que ce sont des migrants économiques clandestins qui s’embarquent en Afrique du Nord. Ces gens, le plus souvent de jeunes hommes, ont quitté depuis longtemps les régions en crise. Ces émigrants clandestins ne sont certainement plus menacés dans leur intégrité physique – pour autant qu’ils l’aient jamais été. Leur unique motif est d’améliorer leurs conditions de vie. C’est compréhensible, mais ce n’est pas légal. Selon l’ONU, quelque 230 millions de migrants sont en route dans le monde. Seuls 16 à 20 millions d’entre eux, donc moins de 10%, sont d’authentiques réfugiés, constate l’ONU. Une personne qui embarque en Afrique du Nord n’a par définition pas droit à l’asile.

98 pour-cent atteignent l’Europe

Ce ne sont pas les plus pauvres et les persécutés qui se pressent dans les bateaux. Ce sont les mieux lotis, les relativement aisés qui paient chacun des milliers de francs pour bénéficier des services des bandes criminelles de passeurs. Certes, il est tragique et bouleversant que pour 2% d’entre eux la traversée de la Méditerranée ait une issue mortelle. Mais ce qui compte, c’est que l’immense majorité, soit 98% des voyageurs, atteignent le continent européen. L’UE ayant amélioré le sauvetage en mer et porté ainsi à 100% le taux de réussite de l’immigration clandestine, la traversée de la Méditerranée gagnera en attractivité auprès les migrants.

Chasseurs et cueilleurs

La forteresse Europe n’existe pas. Plus d’un milliard d’êtres humains vivent en Afrique. L’avenir nous apprendra combien d’entre eux fuiront la pauvreté et migreront vers le nord plus riche. Le magazine d’information allemand "Spiegel" estime que le nombre de demandes d’asile déposées en Allemagne doublera cette année pour passer de 200 000 à 500 000. Détail intéressant: la majorité de ces personnes prétendument persécutées pour des raisons politiques ne demandent pas l’asile dans les pays bordant la Méditerranée, l’Espagne, l’Italie ou la Grèce. Ils préfèrent se rendre, sans se faire enregistrer, dans des pays plus prospères comme la Suisse, l’Allemagne ou la Suède. Nombre des prétendus réfugiés proviennent de Turquie, un Etat pourtant considéré comme sûr.

Il serait cependant injuste de reprocher aux migrants africains et arabes de profiter de l’ouverture totale de la frontière méridionale de l’Europe. L’humain est resté un chasseur et un cueilleur. Il prend tout ce qu’on lui offre. Il est aujourd’hui plus facile d’entreprendre un pénible voyage vers les généreux Etats sociaux d’Europe que de participer à la construction de son propre pays sous la férule de gouvernements africains ou arabes corrompus. Il suffit de demander l’asile pour avoir le droit de venir en Europe. Les gouvernements européens n’appliquant plus sérieusement leur législation sur l’asile, ils sont directement fautifs des abus.

Emotion vibrante

Lors de ses interventions à la télévision, la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga manifeste toujours une émotion vibrante. Elle parle de la misère des victimes de la guerre civile syrienne et des conditions de vie épouvantables dans les régions pauvres où la Suisse finance pourtant depuis des années à coups de milliards une aide au développement manifestement inefficace. Le drame des réfugiés en Méditerranée est sans doute la preuve la plus flagrante de l’absence de résultats tangibles de la "coopération au développement" tant vantée par la Berne fédérale. Les fonds publics investis disparaissent sans effet. S’il en était autrement, on ne verrait pas chaque année des centaines de milliers d’Africains émigrer vers l’Europe. Cet abus du droit d’asile est précédé d’une escroquerie par milliards dont sont victimes les contribuables.

Madame Sommaruga sait à la perfection faire vibrer la corde des grands sentiments. Il est vrai que des drames humains se déroulent en Syrie et dans le Proche Orient. Il est exact que la Suisse participe à l’aide financière directe dans les régions en crise. C’est dans le voisinage des régions en crise qu’il faut créer des infrastructures d’accueil et des camps pour offrir protection et aide aux personnes directement persécutées. Voilà la seule manière d’assécher le marché des bandes criminelles de passeurs. Cela dit, la tragédie syrienne n’a que peu de rapport avec la réalité politique suisse en matière d’asile. Chez nous, ce sont les Erythréens qui forment le plus grand groupe de requérants d’asile, même avant les Sri-Lankais qui n’ont plus de guerre chez eux. Et le groupe qui croît le plus rapidement, ce sont les Kosovars alors que des troupes suisses sont censées veiller à l’ordre dans leur pays.

Les Syriens invoqués de préférence par Madame Sommaruga ne viennent qu’en troisième position. Leurs demandes d’asile ont réalisé durant le premier trimestre 2015 un taux de reconnaissance de seulement 26,3% alors que 48,2% des demandes sri-lankaises ont été acceptées. Comment se fait-il que des réfugiés provenant d’une région réellement en crise bénéficient d’un taux de reconnaissance plus bas que les ressortissants d’un pays volontiers fréquentés par les touristes suisses? Parce que les lois nationales et les particularités de la pratique d’asile suisse influencent davantage les mouvements migratoires que la misère objective que des élus politiques du genre Sommaruga exploitent avec entrain.

En 2006, la Suisse a  durci son droit d’asile à la suite d’une votation populaire. Le nombre de demandes a immédiatement baissé. Il est reparti à la hausse en 2011. Le courage ou l’absence de courage de la direction politique d’appliquer la législation sur l’asile est déterminant. Or, cette volonté politique ne cesse de baisser. Jamais encore on a compté autant de personnes "admises provisoirement". Il s’agit là de personnes dont la demande a été refusée, mais auxquelles on permet de rester dans le pays. 66% de toutes les personnes dans le processus d’asile bénéficient de ce statut, soit plus de 30 000 en chiffre absolu. On n’en a même pas compté autant pendant la guerre de Yougoslavie.

6800 francs sans payer d’impôt

Les taux de criminalité confirment la situation désastreuse de l’asile. Bien que les requérants ne représentent que 0,6% de la population résidante, ils ont commis entre 2001 et 2014 9% des délits pénaux. Des gens qui abusent aussi scandaleusement de l’hospitalité d’un pays ne peuvent pas être de vrais réfugiés.

Il est évident que la Suisse peut, si elle le souhaite, réduire drastiquement le nombre de demandes d’asile. Sous la ministre de la justice PDC Ruth Metzler, soit de 2001 à 2003, le nombre de demandes d’asile variait entre 27 000 et près de 22 000. Son successeur, Christoph Blocher (UDC) a réduit ce chiffre de moitié. Un an déjà après son éviction du Conseil fédéral, le nombre de demandes est remonté à 16 000 sous la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf (PBD). La situation a empiré sous Simonetta Sommaruga: de 22 500 en 2011 nous nous approchons désormais allègrement de 30 000 demandes par an. Des "chiffres excellents en comparaison européenne", ose se vanter Mario Gattiker. Au royaume des aveugles le borgne est roi.

Les coûts explosent. Comme l’a révélé la semaine passée l’UDC dans un document volontairement passé sous silence par les médias, il n’existe pas de compte transparent au niveau de la Berne fédérale. L’UDC estime les charges à un milliard de francs au seul niveau fédéral, montant auquel il faut ajouter deux milliards pour les cantons et les communes. Et c’est sans compter les coûts des procédures pénales ainsi que les dépenses pour l’aide au développement. L’UDC part d’un montant global de six milliards de francs par an.

Dans le canton de Zurich, une famille de réfugiés de 6 personnes au chômage peut compter sur un revenu mensuel sans impôt d’environ 6800 francs, y compris un "accompagnement sociopédagogique" d’une valeur de 2400 francs par mois. Une personne qui pénètre illégalement dans une maison est punie; une personne qui pénètre illégalement dans un pays est récompensée par l’aide sociale. Quand la Berne fédérale aura-t-elle la force de mettre fin à cette folie?

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