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Exposé

Le point de la situation en politique agricole

L’agriculture fait bouger. Elle ne fait pas seulement bouger les agriculteurs, mais aussi le peuple tout entier. L’automne dernier nous avons voté sur le contreprojet à l’initiative de l’Union suisse des paysans. Et voici que le 23 septembre prochain deux nouvelles initiatives agricoles sont présentées au peuple. En novembre, le souverain décidera de l’initiative pour le bétail à cornes et une initiative concernant l’eau potable est en attente. Ces débats politiques et ces initiatives laissent forcément des traces dans l’agriculture.

Si tous ces projets étaient acceptés, l’agriculture devrait être remodelée de fond en comble. Les milieux de gauche et écologistes qui s’érigent aujourd’hui en sauveteurs de l’agriculture sont en réalité les fossoyeurs de la production agricole indigène.

L’agriculture est aujourd’hui dépendante de l’étranger
Depuis la décision d’interdire l’affouragement des porcs avec les déchets des restaurants, nous sommes contraints d’acheter des céréales à l’étranger pour nourrir nos porcs. A cause de cette seule décision, quelque 20 000 hectares de céréales sont cultivés à l’étranger juste pour nos besoins d’élevage de porcs.

Avant, nous n’en avions pas besoin parce que nous disposions des déchets de la gastronomie. C’était une solution parfaitement écologique, mais il a fallu, une fois de plus, que la Suisse s’incline devant la bureaucratie UE qui a interdit ce genre d’affouragement en 2006. Les milieux de gauche et écologistes ont immédiatement sauté sur le train UE et réussi à faire imposer cette interdiction également en Suisse avec le soutien bienveillant des partis du centre. Jouant comme d’habitude son rôle de premier de classe, la Suisse s’est soumise une fois de plus inutilement à une règlementation bureaucratique, compliquée et injustifiable de l’UE.

Mais ce n’est bien entendu pas la seule raison qui explique la dépendance de la Suisse des importations agricoles et, partant, des prés et champs étrangers.

Des céréales sont cultivées sur 30 000 hectares supplémentaires à l’étranger parce que la Suisse a interdit l’affouragement avec des farines animales.

Vous connaissez sans doute également les conséquences de la révision de la loi sur la protection des eaux qui a été approuvée par le Parlement à titre de contreprojet à l’initiative « Eaux vivantes » déposée par la Fédération suisse de pêche, le WWF et Pro Natura. Si nous ajoutons à notre addition les 20 000 hectares que nous perdons à cause de cette protection excessive des eaux, nous arrivons à un chiffre énorme. Tout cela à cause de décisions du Parlement.

La culture de céréales fourragères en Suisse a diminué de moitié en 25 ans
Et voici que ces mêmes milieux de gauche et écologistes se mettent à critiquer les importations de fourrages. Mesdames et Messieurs, moi aussi je suis dérangé par ces importations. J’aimerais mieux que ces céréales soient produites en Suisse, d’autant plus que notre pays est prédestiné à cette culture. En 1992 la production suisse de céréales fourragères atteignait 800 000 tonnes. Elle est tombée à 420 000 tonnes en 2015.

A la vue de ces chiffres ont comprend aisément à quel point l’orientation des réformes agricoles passées était fausse. Le travail n’est plus récompensé. Un joli pré à fleurs rapporte plus d’argent au paysan qu’un champ de céréales.

Ces incitations contreproductives ont été créées par la Berne fédérale. L’UDC s’y est toujours opposée, malheureusement en vain. Et comme vous le savez bien, d’autres nuages s’amoncellent à l’horizon de la politique agricole.

Les paysans suisses veulent produire
Le Conseil fédéral veut forcer la voie à son projet Politique agricole 22+. A n’importe quel prix. Le conseiller fédéral Schneider Ammann a déjà échoué avec sa « Vue d’ensemble de la politique agricole » que le Parlement a enterré le 4 juin dernier. La nouvelle Politique agricole 22+ faisait également partie de cette « Vue d’ensemble ».

Le 15 juin suivant, soit juste 11 jours après le refus du rapport gouvernemental, le conseiller fédéral Schneider-Ammann a fixé les lignes directrices de la nouvelle politique agricole. Vous vous rendez compte? Le gouvernement se moque des décisions du Parlement. Mais ce n’est pas nouveau: cela fait longtemps que des décisions prises par la majorité ne sont plus appliquées par la Berne fédérale. Nous autres gens de l’UDC, nous y sommes habitués. Songeons simplement à la non-application de l’initiative contre l’immigration de masse.

Le procédé du Conseil fédéral en politique agricole est un nouvel exemple de refus de faire un travail imposé par la décision d’une majorité.

Le Conseil fédéral veut imposer sans discuter ses positions en politique agricole. Ce n’est pas acceptable. Le gouvernement doit respecter les décisions du Parlement, qu’elles lui plaisent ou non.

Mais ce qui est beaucoup plus important pour la paysannerie suisse, c’est la suite des événements. Les paysans sont prêts à approvisionner la population en produits de qualité. Jamais encore la Suisse ne comptait autant de jeunes paysans parfaitement formés. Nous disposons des meilleures technologies, et, plus important encore, notre sol et notre climat nous offrent les meilleures conditions pour produire des denrées alimentaires. Si on nous laisse faire.

Halte à l’écologisation et à la bureaucratisation des paysans
La future politique agricole du conseiller fédéral Schneider-Ammann sacrifie encore plus à l’écologie que dans le passé. Mesdames et Messieurs, je suis d’avis que la limite du supportable a été atteinte. En étendant les surfaces écologiques ou surfaces de diversification biologiques, on accroît la pression sur les autres surfaces. Nous ne voulons pas cela. Ni les paysans, ni les consommateurs ne veulent cela.

Il faut à l’avenir donner plus de marge de manœuvre aux paysans et cesser d’accroître leur dépendance de l’Etat. Il ne faut pas que les agriculteurs deviennent des fonctionnaires. Rappelons que l’an passé le peuple suisse a accepté avec un résultat record, soit 78% des votants, l’initiative pour la sécurité alimentaire de l’Union suisse des paysans.

Les citoyennes et citoyens se sont déjà prononcés pour la production indigène
Ce nouvel article constitutionnel doit devenir une partie intégrante de la future politique agricole. Le premier article de la nouvelle disposition constitutionnelle dit textuellement ceci: « En vue d’assurer l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires, la Confédération crée des conditions pour (…) la préservation des bases de la production agricole, notamment des terres agricoles;(…) ». Le peuple suisse s’est donc clairement prononcé pour une production indigène. Il est inacceptable dans ces conditions que le Conseil fédéral continue de surfer aveuglément sur la vague écologiste. Cette politique doit cesser. L’UDC continuera de s’engager avec détermination pour une agriculture productrice.

Il s’agit là tout de même d’une décision du peuple. L’UDC s’est toujours engagée pour une agriculture suisse performante et surtout productrice qui permet aux familles paysannes de vivre. Nous continuerons donc de nous battre pour une telle politique agricole, notamment en stoppant les attaques de la gauche et des milieux écologistes. En septembre prochain déjà nous devrons remonter aux créneaux. Les initiatives agricoles soumises au peuple sont trompeuses et leur principal effet est d’alourdir encore la bureaucratie. Les dispositions clés de l’initiative « FairFood » ont d’ailleurs été reprises dans le contreprojet à l’initiative de l’Union suisse des paysans.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre soutien à cette politique importante pour l’indépendance de la Suisse. Aidez-nous à renforcer l’agriculture suisse!

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