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Exposé

L’école Pamir

L’école obligatoire est devenue une place de jeu privilégiée pour des réformateurs et expérimentateurs de tous bords. L’enseignement frontal du maître de classe devant ses élèves appartient au…

L’école obligatoire est devenue une place de jeu privilégiée pour des réformateurs et expérimentateurs de tous bords. L’enseignement frontal du maître de classe devant ses élèves appartient au passé. Aujourd’hui, les enfants sont censés apprendre sous leur propre responsabilité, ils travaillent en groupe, produisent un petit film sur l’iPad, développent des concepts de projets, bavardent et se promènent dans la salle de classe. L’enseignant n’enseigne plus, tout occupé qu’il est à la gestion de la salle de classe, le classroom-management pour utiliser un terme savant.

Quant aux écolières et aux écoliers qui ont du mal à se concentrer dans ce chaos, on leur recommande tout simplement de coiffer des Pamirs (équipement militaire servant à protéger l’ouïe). Ainsi, on aura aussi répondu aux besoins de ce groupe d’élèves. Vous croyez que je plaisante? Pas du tout. Dans ce système, l’enseignant n’est plus qu’un coach assistant les élèves qui doivent déterminer les matières qu’ils souhaitent apprendre et bien sûr aussi la méthode de cet apprentissage. Fini le bourrage de crâne par l’enseignant, les enfants doivent travailler de manière créative conformément à leurs propres besoins. Se contentant de gérer l’horaire dans la salle de classe, l’enseignant n’a pas le temps de faire exercer les matières et il n’est d’ailleurs pas du tout convaincu de cette nécessité. Les enfants doivent découvrir par eux-mêmes. Les exercices pourront être faits dans le cadre des devoirs à domicile qui, le cas échéant, prendront des heures – à condition qu’on le souhaite, bien entendu.

Il existe des écoles et des salles de classe où les choses se déroulent effectivement comme je viens de le décrire. Soyez les bienvenus à l’ère de l’école Pamir! Cela ressemble à une plaisanterie, mais c’est la triste réalité. Le bon vieux casque de protection Pamir connaît une véritable renaissance – non pas pour équiper les formations militaires blindées, mais pour les enfants en classe.

Les conséquences de ces idéaux pédagogiques commencent à se ressentir. L’école et la famille ne préparent plus à la réalité de la vie professionnelle. De nombreux jeunes sortant de l’école obligatoire sont dépassés par des petits problèmes de calcul mental et ne comprennent pas des textes fort simples – par exemple des modes d’emplois. Mais le plus grave, ce sont leurs lacunes au niveau de la capacité de concentration et de la précision du travail.

Dans quelle direction notre école évolue-t-elle? Nous entendrons de nombreuses interventions à ce sujet aujourd’hui et nous préciserons les exigences de l’UDC dans ce domaine fondamental.

L’actualité me pousse à ouvrir une parenthèse: la semaine prochaine, le Conseil national examinera la convention de l’ONU du 13 décembre 2006 sur les droits des personnes handicapées, ladite convention sur les handicapés. L’objectif de cette convention est de combattre les discriminations, dont sont victimes plus d’un milliard d’êtres humains handicapés dans le monde entier et dans tous les domaines de la vie, et de permettre aux handicapés de participer de manière autonome à la vie sociale. Qui donc pourrait s’opposer à des objectifs aussi magnifiques?

Mais attention! Il vaut la peine d’observer attentivement ce texte même si la commission parlementaire concernée et le Conseil fédéral souhaitent – contre l’avis de l’UDC – adopter cette convention le plus rapidement possible.

Nous ne sommes pas les seuls à nous inquiéter devant ce projet. Les cantons et les associations patronales en craignent eux aussi les effets, notamment de l’article 24 dans le domaine de la formation. Les pays voisins de la Suisse, qui ont déjà ratifié ce texte, rencontrent de gros problèmes, car ce traité exige ladite « inclusion ». En clair, tous les enfants auraient le droit d’être intégrés dans une école « régulière » et les écoles spéciales seraient supprimées. Dans le cadre de la procédure de consultation, plus de 20 cantons ont exigé que la Suisse fasse une réserve concernant l’article 24. Le Conseil fédéral a totalement ignoré cette exigence.

Cette convention exige l’intégration de toutes les personnes, donc aussi des personnes lourdement handicapées, dans les écoles régulières et dans le système de travail régulier. Mesdames et Messieurs, j’ai moi-même un frère handicapé et je peux donc parler d’expérience. Mon frère est affecté du syndrome Down. Il a suivi une école qui lui convient, une dite école de pédagogie curative et non pas une classe régulière. On n’aurait rendu service à personne, ni à lui-même, ni aux autres enfants, s’il avait du apprendre les mêmes matières que les autres enfants. Il n’aurait pas fait de progrès, mais les enseignants et la classe auraient tout de même dû lui consacrer beaucoup de temps et d’attention. Tout le monde y aurait finalement perdu.

Imaginez-vous: de nombreux pays ont déjà signé cette convention de l’ONU. Mais le papier est patient. Par contre, nous savons tous comment les choses se passeraient en Suisse. Le texte ratifié, les autorités suisses se mettrait à l’appliquer à la lettre. Ce serait une atteinte massive à la place industrielle suisse. C’est donc par cette porte dérobée que certains milieux tentent de réaliser leur utopie du « droit au travail pour tous ». Le projet d’imposer une quote-part en faveur des handicapés – déjà refusé à plusieurs reprises – reviendrait en force.

Chers Délégués et Chers Hôtes, notre congrès spécial sur le thème du monde professionnel et de l’école obligatoire arrive à point nommé. Il est important et juste que l’UDC prenne le contrepied à l’esprit du temps. Tout en prenant position dans ce domaine, nous esquisserons également des solutions qui, à notre avis, renforceront à nouveau l’école obligatoire et la formation professionnelle.

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