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Exposé
Conférence de presse de 15. novembre 2005

Les soldats ne sont pas des gendarmes auxiliaires

Il est écrit noir sur blanc dans la Constitution fédérale que l’armée apporte son soutien aux autorités civiles dans des situations d’exception. Dans le modèle directeur de l’armée, les "autres tâches

Il est écrit noir sur blanc dans la Constitution fédérale que l’armée apporte son soutien aux autorités civiles dans des situations d’exception. Dans le modèle directeur de l’armée, les « autres tâches » dévolues à l’armée prennent trop de place au détriment des mandats opérationnels prioritaires que sont la défense du pays et la protection de la population. Au lieu de se concentrer sur ces mandats principaux tout en les adaptant à la menace actuelle, la direction de l’armée se cherche une multitude d’occupations dans le vain espoir de sauvegarder l’image de l’armée.

Compte tenu de la forte diminution des effectifs, les engagements de l’armée en dehors de son mandat de défense du pays doivent se limiter au strict minimum indispensable. Il s’agit d’éviter tout abus du système de milice. Des grenadiers de char, dont la formation a coûté des centaines de milliers de francs, engagés pour organiser le parcage des voitures dans le cadre d’une manifestation sportive ou pour épandre des copeaux de bois constituent non seulement un non-sens économique, mais avant tout un abus grossier du principe de la milice et une insulte pour l’armée. Surtout quand on sait que ces grenadiers de chars ont éventuellement dû quitter un contexte professionnel ou privé exigeant pour faire leur trois semaines de service militaire. L’engagement de militaires hautement spécialisés pour la protection des ambassades ou la préparation de pistes de ski ne doit pas devenir une règle non plus. Ces prétendues « interventions utiles dans l’intérêt de la collectivité » passent totalement à côté de l’objectif visé. En effet, les militaires concernés ne comprennent plus le sens de leur engagement et finissent donc par rejeter l’idée de la milice. Le plus grave, c’est que la formation des militaires sur des systèmes d’armes parfois très exigeants n’atteint plus le niveau qualitatif nécessaire pour permettre à l’armée de remplir son mandat prioritaire de défense.

Les soldats ne conviennent pas aux interventions de police auxiliaire. Or, la surveillance des ambassades montre à quel point les cantons se sont déjà habitués à ces engagements subsidiaires de l’armée. Conçus à l’origine comme une solution transitoire, ces mandats sont devenus la règle depuis de nombreuses années. Les cantons pouvant compter sur la présence de soldats devant les ambassades, ils sont quittes d’engager du personnel pour s’occuper de ces tâches de police. Or, la responsabilité de la sécurité des ambassades incombe en premier lieu aux cantons et aux villes où sont installées ces missions. Si les cantons concernés refusent d’assumer leurs responsabilités, il faudra déplacer les ambassades dans des cantons qui acceptent de faire leur travail. Tant que la Suisse n’est pas directement menacée et tant qu’elle ne se trouve pas dans une situation d’exception, les militaires armés n’ont pas leur place devant les ambassades. Le mandat de l’armée pour la protection des ambassades arrive à échéance fin 2006. L’UDC refusera de le prolonger au-delà.

Soutien des cantons en cas de catastrophes naturelles
Les inondations de l’été dernier ont révélé qu’il était illusoire de penser que les soldats en service long soient à la hauteur de ce type de tâche. Inversement, il s’est avéré que l’armée pouvait offrir des services utiles aux cantons sinistrés grâce à son personnel et à ses moyens de transport aérien. Les militaires engagés étaient d’autant plus motivés qu’il s’agissait effectivement d’une situation d’exception.

Mais ce sinistre a aussi montré que l’armée commence à manquer d’équipements lourds et d’engins spéciaux adaptés à ces situations. Autrefois, les troupes de sauvetage en disposaient en quantité suffisante et aussi du personnel capable de s’en servir. L’armée a atteint les limites de ses possibilités l’été dernier alors que ces inondations étaient relativement limitées. Elle aurait par contre été dépassée par exemple en cas de débordement d’un lac d’accumulation à la suite d’un important glissement de terrain.

Les planificateurs de l’armée jouent avec le feu en orientant systématiquement l’armée, sur le plan du personnel et de l’équipement, vers des engagements à l’étranger et en négligeant ainsi le principal terrain d’intervention de l’armée, à savoir la Suisse. Un jour nous payerons le prix fort pour cette politique.

En résumé, l’UDC présente les exigences suivantes:

  • n il faut cesser d’abuser des citoyens-soldats en leur imposant des services auxiliaires civils et de police;
  • n les effectifs des troupes du génie et de sauvetage doivent être renforcés.
par l’auteur
André Bugnon
UDC conseiller national (VD)
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