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Liberté et responsabilité

Vous avez placé l’assemblée des délégués d’aujourd’hui sous la devise "Responsabilité et liberté". La responsabilité et la liberté, deux notions importantes. Cela sonne bien, responsabilité…

Vous avez placé l’assemblée des délégués d’aujourd’hui sous la devise « Responsabilité et liberté ». La responsabilité et la liberté, deux notions importantes. Cela sonne bien, responsabilité. Liberté sonne encore mieux. Qui d’entre nous peut être contre la liberté? Interrogez vos connaissances, posez la question à votre place de travail. Personne n’est contre la liberté.

Pourquoi donc s’en préoccuper? En fait nous pourrions tranquillement croiser les bras. Si tout le monde est pour la liberté, celle-ci ne peut pas être menacée. Et pour garantir notre liberté, nous avons aussi notre Constitution fédérale. Le mot de liberté y revient 42 fois.

Mais: la liberté est-elle populaire uniquement comme mot? Ou cette popularité est-elle due à la valeur que représente ce mot?

Qu’en est-il réellement de la liberté dans la vie quotidienne? Y est-elle véritablement aussi incontestée qu’on devrait logiquement le penser?

La liberté en péril
Lorsque je parle avec des chefs d’entreprise de n’importe quelle branche, j’entends régulièrement des critiques contre la multiplication des prescriptions qui restreignent la liberté d’entreprendre. Mais la liberté, c’est également de pouvoir se déplacer sans crainte toujours et partout en Suisse. Cette liberté aussi est menacée. Et partout dans le pays les gens s’en inquiètent.

La protection de notre sphère privée fait également partie de notre liberté et avec elle la situation financière de chacun. Le secret protégeant les clients des banques nous accorde donc une certaine discrétion. Dans le passé, du moins. Qu’en sera-t-il à l’avenir de notre liberté personnelle et de notre sphère privée?

Liberté signifie aussi que nous autres citoyens, nous pouvons nous donner nos lois. Avons-nous encore cette liberté? Partiellement tout au plus. Dans de nombreux domaines nous adaptons nos dispositions à d’autres règlementations. Parfois à la suite d’engagements internationaux que nous avons acceptés, parfois à la suite de pressions étrangères. Dans le droit des armes et dans le droit d’asile, par exemple, nous avons été contraints par les règles de Schengen et de l’ONU, dans le cas du passeport biométrique par Schengen et les Etats-Unis, concernant la sphère privée et le secret protégeant les clients des banques par l’UE, les Etats-Unis et l’OCDE, etc. …

Liberté signifie pourtant que nous pouvons discuter ouvertement de toutes les questions importantes. Que nous pouvons exprimer librement notre opinion. Que nous pouvons finalement voter et trouver pour notre pays une solution qui convienne à la majorité des citoyennes et des citoyens.

Avons-nous encore cette liberté? Pouvons-nous, par exemple, encore décider librement de l’immigration? La Suisse compte aujourd’hui quelque 8 millions d’habitants et l’immigration se poursuit sans frein. Ce phénomène modifiera profondément notre pays. On commence à se sentir à l’étroit dans notre pays.

Le malaise augmente. Même les milieux qui, il y a peu de temps encore, louaient avec enthousiasme l’immigration sans contrôle, commencent aujourd’hui à se plaindre de la hausse des loyers, de la stagnation des salaires et du bétonnage de nos beaux paysages. Il devient de plus en plus difficile de dissimuler l’évidence selon laquelle la croissance démographique doit forcément être limitée dans un petit pays.

Mais ce malaise augmente surtout parce que de plus en plus de gens commencent enfin à réaliser que la politique d’immigration échappe pour une grande part à la Suisse. Le séjour des citoyens UE en Suisse est réglé par les dispositions de l’accord sur la libre circulation des personnes. L’entrée des étrangers en Suisse dépend du règlement des visas selon Schengen. En d’autres termes: la Suisse a sciemment renoncé à la liberté de pouvoir elle-même déterminer sa politique d’immigration.

La liberté n’est pas gratuite
Je me demande parfois ce que deviendra finalement notre liberté. Et je fais la réflexion suivante: aujourd’hui, nous vivons dans une démocratie. En principe, il ne devrait donc pas être possible de nous voler simplement notre liberté.

La réponse est simple: nous renonçons nous-mêmes à notre liberté. Parfois de manière consciente, parfois de manière inconsciente. Car la liberté a un point faible: elle n’est pas gratuite, elle a un prix. La liberté exige une contrepartie et cette contrepartie, c’est précisément la responsabilité.

La liberté n’existe pas sans responsabilité. La liberté et la responsabilité forment un tandem indissociable: l’une fonctionne au rythme de l’autre – ou ne fonctionne pas. Tout le monde veut la liberté. Tout le monde parle de responsabilité – du moins aussi longtemps que cela ne concerne que les autres. En revanche, tout le monde n’est pas prêt à prendre ses responsabilités.

Car la responsabilité n’est pas toujours agréable. La responsabilité implique de l’engagement, du travail. La responsabilité est parfois pénible, parfois même désagréable. En l’assumant, on s’expose fréquemment aux critiques, voire carrément à l’hostilité des autres.

Trois raisons expliquant la perte de liberté
La responsabilité, c’est l’investissement dans la liberté. Et la liberté vaut tous les prix. Si nous perdons des libertés, c’est parce que nous refusons d’assumer nos responsabilités. Et cela le plus souvent pour les trois raisons suivantes:

Premièrement, nous cédons régulièrement à la douce tentation du confort. Personne ne nous dit que nous allons perdre une liberté. Non, ceux qui veulent nous la prendre font appel à notre sens du confort. On nous dit: nous nous occupons de ta santé, nous nous chargeons de ta sécurité matérielle, nous veillons à l’éducation de tes enfants, bref nous nous occupons strictement de tout pour toi, y compris de tes loisirs et de tes besoins culturels.

C’est ainsi que nous nous laissons convaincre d’échanger la liberté contre le confort. Et quand nous constatons qu’en réalité nous avons échangé la liberté contre la surveillance, le contrôle et la mise sous tutelle, c’est souvent trop tard.

La deuxième raison provient du fait que les soucis réels de la population ne sont pas pris au sérieux. La démocratie directe constitue pourtant un sismographe parfait pour déceler de manière précoce les tremblements politiques. C’est elle qui nous a donné cette longue période de calme et de stabilité que nous avons derrière nous. Grâce à la démocratie directe, nous disposons d’un système d’alerte précoce pour les soucis, les craintes et les autres insatisfactions. Dans d’autres pays, ces conflits s’accumulent pour finalement éclater dans la rue. En Suisse, la politique a le temps de réagir. C’est important, car des problèmes sociaux irrésolus sont des bombes à retardement.

La responsabilité commence par l’honnêteté. Il faut avoir le courage de désigner les vrais problèmes. Ce n’est que de cette manière que l’on peut chercher des solutions. Celles et ceux qui minimisent les problèmes et enjolivent la situation agissent de manière irresponsable. Là encore, il y a un rapport direct entre la liberté et la responsabilité: ceux qui ignorent les problèmes restreignent leur propre marge de manœuvre.

C’est ce qui nous est arrivé dans le domaine de l’asile. Avec les conséquences désastreuses que nous connaissons. Non seulement le nombre de requérants, mais aussi la violence et la criminalité ont massivement augmenté. On ne cesse de m’interpeller à propos des locaux militaires qui sont occupés par des requérants d’asile. Des autorités communales, la police, les habitants des régions concernés – je peux vous dire que cela commence à bouillonner dans la population. Les gens se sentent abandonnés et trahis par la politique. Même les médias ne peuvent plus ignorer ce phénomène et commencent lentement, très timidement à en parler. En annonçant par exemple que la criminalité due aux requérants d’asile a plus que triplé durant les quatre ans écoulés dans le canton de Zurich.

Ou encore cette déclaration du commandant de la police du canton du Jura annonçant qu’en 2012 tous les Tunisiens présents dans le canton ont commis des délits pénaux. Même en prison. Le président de la Fédération des établissements de privation de liberté Suisse (FES) parle ouvertement d’attaques contre le personnel des prisons. Il est totalement faux de faire du problème des requérants d’asile un problème de logement. Ce problème ne sera pas résolu si nous mettons à disposition un maximum de lits. Il trouvera une solution quand la Suisse cessera d’être un paradis pour les requérants d’asile.

Nous devons intervenir au niveau de la durée des procédures. Quelques chiffres pour vous permettre de faire des comparaisons:

Ces dernières années, le traitement d’une demande d’asile depuis son dépôt jusqu’à la décision ayant force de loi durait en moyenne 413 jours. En cas de recours, cette durée passe à 756 jours. Lorsqu’une une demande est définitivement refusée, il faut compter environ 1400 jours entre le dépôt de la demande et la sortie de Suisse!

La Norvège applique, outre la procédure ordinaire, deux procédures accélérées: la procédure de 48 heures et la procédure de trois semaines. Aux Pays-Bas, la moitié des cas sont traités selon une procédure qui prend 8 jours. Les recours contre ces décisions doivent être traités par les tribunaux en quatre semaines.
N’est-il pas logique, face à ces chiffres, qu’une forte proportion de requérants se dirigent vers la Suisse? Il serait urgent d’agir à ce niveau.

La troisième raison, ce sont les exigences de l’étranger auxquelles nous cédons. Ces pressions sur la Suisse augmenteront. Non pas parce que nous commettons des erreurs, mais tout simplement parce que nous éveillons de la jalousie et de l’envie. La liberté est en effet aussi un atout dans la concurrence internationale. Et cela, les Etats endettés jusqu’au cou ne nous le pardonnent pas.

En politique internationale, assumer ses responsabilités, c’est défendre avec détermination sa propre position. Et, si nécessaire, taper sur la table quand des Etats prétendument amis ne cessent de nous dénigrer.

Le proverbe dit: quand on leur donne le petit doigt, ils nous prennent la main. Dans la situation actuelle nous pouvons ajouter qu’ils ne cherchent pas seulement à nous prendre la main, mais le bras, l’épaule, la tête et tout le reste!

Assumer ses responsabilités, c’est aussi avoir le courage de dire non quand cela est nécessaire. Ce principe vaut toujours et partout, mais tout particulièrement dans nos rapports avec l’étranger. L’objectif ne doit pas être de conclure un maximum de contrats ou de conclure le plus rapidement possible un contrat. Notre objectif doit être d’obtenir un contrat qui ne serve pas seulement l’autre partie, mais qui soit aussi utile à nos propres intérêts, des contrats qui ne se composent pas seulement de concessions suisses. Les traités d’Etat conclus par la Suisse ne doivent pas seulement se résumer en deux phrases: la Suisse accepte, la Suisse paie.

Un concept de liberté qui a fait ses preuves
L’histoire de la Suisse nous donne cependant confiance: elle a toujours été marquée par le combat pour la liberté. Il en est résulté une sorte de recette qui nous garantit la liberté à condition que nous l’appliquions systématiquement:

La recette de la liberté est simple. Elle compte quatre ingrédients.

Premièrement: l’Etat ne règle que ce qui est absolument nécessaire. Lorsqu’il n’est pas absolument nécessaire d’édicter une nouvelle loi, il est absolument nécessaire d’y renoncer.

Deuxièmement: l’Etat ne doit pas s’occuper de tout et de n’importe quoi, mais il doit assumer ses tâches-clés: par exemple, garantir la sécurité de toute la population.

Troisièmement: les citoyens doivent assumer leurs responsabilités et ne pas les déléguer à l’Etat.

Quatrièmement: l’indépendance. Nous réglons nos affaires nous-mêmes. Nous ne cédons pas au chantage et nous ne nous laissons pas mettre sous tutelle.

J’ai dû changer de bureau il y a quelques semaines parce que le Palais fédéral Est subit des transformations. Mon bureau se situe désormais au-dessus de la place où se trouve le monument d’Adrien de Bubenberg, le vainqueur de la bataille de Morat. La phrase suivante est inscrite sur ce monument: « Solange in uns eine Ader lebt, gibt keiner nach » (aussi longtemps que vit en nous une veine, aucun d’entre nous ne cédera).

Cette phrase a repris de l’actualité. Il me semble que ce serait une réponse brève et claire à la cupidité étrangère!

 

par l’auteur
UDC conseiller fédéral (ZH)
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