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Exposé

L’importance du Pacte fédéral

Le Pacte fédéral est juste l’opposé d’une vision grandiose. Il stipule que nous devons assumer nos responsabilités à la base.

"Ne parle pas trop longtemps", m’a recommandé mon frère avant que je prenne la route de St. Lutzisteig. Il avait raison. Quand il s’agit du Pacte fédéral, la brièveté s’impose d’elle-même. Car ce document est une merveille de concision.

Je me souviens très bien lorsque, comme écolier, je me retrouvais devant la vitrine derrière laquelle est exposé le Pacte fédéral au musée de Schwyz. Le cœur battant, je suis monté les escaliers pour voir ce minuscule document, à peine plus grand qu’une page A4. C’est donc tout? J’avais du mal à cacher ma déception.

Je n’ai compris que plus tard que la grandeur de ce document réside précisément dans sa petitesse. Nos ancêtres ont réussi à régler les questions essentielles sur une page. A titre de comparaison: le message du Conseil fédéral concernant la politique agricole 2014-2017 comprend 289 pages. Un paysan en a au moins pour deux semaines jusqu’à ce qu’il comprenne comment il doit conduire son exploitation conformément à la volonté des bureaucrates agricoles de Berne.

Le Pacte fédéral est juste l’inverse: 17 lignes sur 32 fois 20 centimètres. Quelques mots essentiels au lieu d’un verbiage sans fin.

Ce document date du mois d’août 1291. La date est importante, car quelques semaines plus tôt, le 15 juillet 1291, mourrait le roi allemand Rodolphe I. On ne sait pas encore qui prendra le pouvoir du royaume. Les plus hauts dirigeants des vallées d’Uri, de Schwyz et d’Unterwald font alors ce que toute autorité prudente doit faire en de pareilles circonstances: ils prennent des précautions. Ils consolident la sécurité du droit face au risque d’anarchie. Aussi, le Pacte fédéral dicte-t-il les mesures à prendre en cas d’assassinat, d’incendie, de litiges pour de l’argent ou pour d’autres causes.

Le Pacte fédéral répond aux préoccupations des gens

Ce sont là des questions de droit civil et de droit pénal. Le Pacte fédéral s’occupe de la vie quotidienne des gens. Tout simplement. Le Pacte fédéral est un objet d’usage courant. Il est tout sauf prétentieux. Il est à l’opposé des fastes de Versailles ou des palais de verre de Bruxelles. En revanche, il prend en compte les soucis des gens.

Les hommes des trois vallées se promettent assistance "considérant la malice des temps". Nous avons affaire à une alliance de défense "contre quiconque, nourrissant de mauvaises intentions à l’égard de leur personne ou de leurs biens". Il ressort de ces mots une première exigence de souveraineté, car cette protection s’applique "à l’intérieur des vallées" et "vers l’extérieur".

Empêcher l’injustice est une chose. Punir l’injustice en est une autre. Et c’est là que nous découvrons le cœur du Pacte fédéral: "…nous avons promis (…) de n’accepter (…) un juge (…) qui ne serait pas habitant de nos vallées ou membre de nos communautés". En d’autres termes: nous n’acceptons pas de juges étrangers. Et au moyen-âge, les juges sont simultanément les gouvernants. On n’accepte donc plus de seigneurs étrangers dans le pays.

De nombreux professeurs ont rédigé de savantes études pour prouver que le Pacte fédéral est insignifiant. J’y vois un signe positif. A chaque fois que des intellectuels tentent par tous les moyens possibles et imaginables de prouver qu’un épisode de l’histoire suisse est sans importance, c’est le contraire qui est vrai. Nous avons vu suffisamment d’exemples de ce genre durant cette année d’anniversaire. Ces gens sont tous du même bord que l’historien Thomas Maissen, passant leur temps à glorifier l’UE et à mépriser tout ce qui compose l’autodétermination de la Suisse.

Nous n’avons pas besoin de "visions européennes"

Mais revenons au Pacte fédéral et à cette fin du 13e siècle. Il est possible que ces hommes qui ont prêté serment n’aient pas eu l’intention à ce moment-là de conclure une alliance contre les Habsbourg. Ils ne pouvaient pas prévoir que ce petit morceau de parchemin allait contribuer aux grandes batailles de libération de Morgarten et de Sempach. Mais il en est ainsi en politique: ce ne sont pas les intentions, mais ce sont les résultats qui comptent.

Nous nous sommes réunis ici aujourd’hui en tant que Suisses libres. 724 ans après la conclusion du Pacte fédéral. Nous vivons dans un pays unique à plusieurs points de vue. Notre système politique est unique puisqu’il fait du citoyen le souverain grâce aux droits du peuple et à la démocratie directe. Voilà qui confirme si besoin est l’importance du Pacte fédéral. Une importance rétroactive. Seul le résultat compte. Et nous pouvons en être satisfaits: la Suisse a crée plus de démocratie et de prospérité que la majorité des autres pays du monde.

Au fil des 14e et 15e siècles, la Confédération s’est faite elle-même. On a créé des landsgemeinde qui élisent leur landamman et décident du sort de leur pays. C’est la naissance de la démocratie, ce sont les premiers exercices de la souveraineté du peuple. Alors que dans toute l’Europe l’aristocratie conforte sa position et les monarchies se développent, la Suisse se débarrasse peu à peu de ses structures aristocratiques.

Le Pacte fédéral est un élément de cette réaction en chaîne dont sortira finalement la Suisse. La Suisse ne connaît pas la date exacte de sa naissance. Elle a grandi au fil des siècles, de bas en haut. Cet état d’esprit l’a protégée contre de grandes erreurs historiques. Contrairement aux pays voisins, la Suisse n’a jamais été une monarchie avec des rois se conduisant comme des dieux. Elle n’a jamais été une dictature. Voilà pourquoi nous n’avons pas besoin de "vision européenne".

Le Pacte fédéral est juste l’opposé d’une vision grandiose. Il stipule que nous devons assumer nos responsabilités à la base. Que nous devons nous-mêmes définir notre destin. Que nous n’acceptons pas de juges et de seigneurs étrangers. Voilà en quoi réside l’importance historique du Pacte fédéral et son mandat reste valable aujourd’hui: rester libre! Je vous souhaite à toutes et à tous que le Pacte fédéral inspire toujours votre travail politique!

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UDC conseiller national (NW)
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