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Exposé
Conférence de presse de 21. juillet 2006

Non à un renchérissement artificiel de l’électricité

Malgré le rejet parfois massif de divers projets énergétiques qui avaient pour objectif de diriger la production électrique par des taxes d’encouragement et d’incitation et malgré la forte hausse du p

Robert Keller, conseiller national

 
Les idéologies dans le domaine électrique nuisent à la Suisse
Malgré le rejet parfois massif de divers projets énergétiques qui avaient pour objectif de diriger la production électrique par des taxes d’encouragement et d’incitation et malgré la forte hausse du prix de l’énergie, certains milieux cherchent toujours à relancer ces idées au niveau politique. Or, il faut s’opposer catégoriquement à toutes les tentatives visant à rééduquer les citoyens pour les faire consommer des énergies prétendument propres. Ce n’est certainement pas une tâche de la société que de promouvoir, par des concepts et mesures irréalistes, des énergies qui ne peuvent subsister sur le marché. D’autant moins que l’on ne sait absolument pas si ces énergies peuvent un jour remplacer les agents énergétiques fossiles ainsi que la force nucléaire.

Dans l’idée d’un approvisionnement électrique diversifié, on peut certes saluer l’arrivée d’énergies alternatives, mais on doit absolument éviter de favoriser une énergie par rapport à une autre. Un renchérissement artificiel de certaines énergies par des prélèvements obligatoires et un subventionnement d’autres énergies auraient des conséquences fatales pour l’économie suisse et compromettraient l’emploi, donc la prospérité de tout le pays.

L’UDC rejette les taxes étatiques d’incitation et d’encouragement dans le domaine énergétique, tout comme elle s’oppose à un subventionnement de certaines formes d’énergies.

Loi sur le CO2: attendre et ne pas anticiper
En signant le protocole de Kyoto, la Suisse s’est engagée à réduire notablement ses émissions de CO2. La communauté des Etats qui a approuvé cet accord s’est fixé pour objectif de réduire les émissions mondiales de CO2 de 8% jusqu’en 2010 par rapport au niveau de 1990. La Suisse, elle, s’est imposé volontairement un objectif de réduction de 10%.

Donc la Suisse s’est imposé elle-même des conditions plus sévères alors que ses émissions de CO2 représentent juste 0,2% des émissions mondiales. Ce procédé n’est pas raisonnable, surtout à une époque où il s’agit plus que jamais d’assurer à la Suisse un approvisionnement énergétique durable et sûr. Un constat qui s’impose d’autant plus que les plus grands producteurs de CO2, les Etats-Unis, la Chine et l’Inde, ont refusé d’adhérer au protocole de Kyoto. Est-il intelligent de frapper notre économie de contraintes supplémentaires alors que les plus grands pollueurs du monde en matière de CO2 restent à l’écart?

Les Etats-Unis d’Amérique sont responsables de 25% des émissions de CO2 du monde entier. En voie d’industrialisation, la Chine et l’Inde dépasseront sans doute cette proportion. Aussi longtemps que la communauté mondiale ne procède pas par une action coordonnée, cet accord ne restera qu’un exercice-alibi. De plus, seul l’avenir montrera si, réellement, les signataires de l’accord atteindront effectivement leur objectif ambitieux. Bref, au lieu de faire une fois de plus cavalier seul et de jouer les premiers de classe, la Suisse serait bien inspirée d’observer l’évolution avant de se précipiter.

Cette politique motivée par des considérations idéologiques nuit à l’économie et elle est de surcroît en opposition avec une action coordonnée de la communauté internationale. De toute évidence, l’objectif de la loi sur la CO2 n’est pas de réaliser le protocole de Kyoto, mais de renchérir les agents énergétiques fossiles jusqu’à ce que d’autres formes d’énergies deviennent concurrentielles. De surcroît, cette politique empêche de réaliser à des conditions économiques le projet de production électrique avec du gaz naturel auquel songe l’Office fédéral de l’énergie. On le voit bien: des prélèvements obligatoires et d’autres mesures de contraintes sont toujours contreproductives puisqu’ils consistent à pénaliser certains agents énergétiques pour en favoriser d’autres.

L’UDC exige que les objectifs de réduction du CO2 de la Suisse soient adaptés au standard international et elle rejette tout prélèvement obligatoire dans le but d’atteindre les objectifs de la loi sur le CO2. Compte tenu de l’explosion des prix de l’énergie, il faut miser avant tout sur des mesures facultatives pour réaliser les objectifs de CO2.

Les privilèges accordés aux énergies alternatives nuisent à l’économie
L’offre énergétique peut être diversifiée sans intervention étatique comme des programmes de promotion. Ce n’est pas en taxant unilatéralement certaines formes d’énergie que l’on met en place une politique énergétique durable et économiquement utile. Il ne faut pas opposer les agents énergétiques les uns aux autres, mais il faut veiller à une complémentarité judicieuse des énergies dans l’intérêt du développement économique du pays. Des excès nuisibles comme la rétribution obligatoire des injections d’électricité et des investissements aussi énormes que mal réfléchis (à l’image des montants gigantesques dépensés pour les NLFA qui ne couvrent qu’une petite partie des besoins) ne résolvent pas les problèmes d’approvisionnement, pas plus qu’ils ne mettent en place des structures résistant à la concurrence. En fin de compte, c’est au client de choisir la forme d’énergie qu’il préfère. Ce n’est pas la tâche de l’Etat ou de la société de dénaturer la concurrence et de rééduquer les citoyens.

L’UDC s’oppose aux programmes de promotion qui favorisent certains agents énergétiques et neutralisent la concurrence. La multiplication de subventions publiques ne crée certainement pas un marché durable pour les agents énergétiques. Par contre, elle menace l’emploi et compromet la reprise économique. Ces mesures doivent donc être rejetées.

Initiatives en cours
Les initiatives populaires « Eau vivante » et « Taxer l’énergie et non le travail » illustrent parfaitement cette idéologisation de la production électrique.
Elles visent en effet à modifier par des taxes et des actions de redistribution la composition de l’approvisionnement électrique de la Suisse qui a pourtant fait ses preuves.

Dans ce même ordre d’idée, il faut également rejeter les propositions d’abandonner l’énergie nucléaire. Dans le monde entier (sauf en Allemagne pour le moment), la tendance est aujourd’hui à nouveau favorable à l’énergie nucléaire. Les Etats qui ont décidé d’abandonner la filière nucléaire songent à y revenir. La Suisse, par contre, préfère encore mettre la tête dans le sable. C’est justement ce que nous voulons changer.

Les milieux opposés au nucléaire ferment volontairement les yeux devant les problèmes qui résulteraient d’un abandon de cet agent énergétique (lacune encore plus grande dans l’approvisionnement électrique, dépendance accrue de l’étranger) ou les qualifient de mensonges. L’ironie de la situation fait que ce sont exactement les mêmes milieux qui combattent l’extension de l’exploitation hydraulique. Pour s’opposer à l’agrandissement des usines hydrauliques, ils avancent avant tout des arguments de la protection du paysage. Or, les éoliennes tant vantées par ces mêmes milieux suscitent exactement les mêmes réserves. Le rêve totalement irréaliste d’un abandon du nucléaire accompagné d’une réduction des émissions de CO2 et le tout à un prix avantageux doit enfin être dénoncé. Il est une émanation d’une économie planifiée totalement surannée à laquelle les socialistes sont les derniers à croire.

L’UDC rejette les initiatives qui génèrent de nouvelles taxes et actions de redistribution, tout comme elle s’oppose aux propositions d’abandonner l’énergie nucléaire et aux.

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