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Exposé
Conférence de presse de 21. février 2011

Non au libre-échange agricole avec l’UE

La situation alimentaire mondiale se détériore en permanence. Plus d’un milliard de personnes n’ont pas assez à manger ou souffrent de la faim. Malgré ce développement peu glorieux de…

La situation alimentaire mondiale se détériore en permanence. Plus d’un milliard de personnes n’ont pas assez à manger ou souffrent de la faim. Malgré ce développement peu glorieux de l’approvisionnement en denrées alimentaires, le Conseil fédéral s’entête à déstabiliser et à affaiblir l’agriculture productrice suisse. Johann Schneider Ammann, ministre de l’économie, est fermement décidé à sacrifier l’agriculture suisse sur l’autel du bilatéralisme. L’UDC s’y opposera par tous les moyens à sa disposition.

L’avis, selon lequel la Suisse ne doit produire que des marchandises à forte valeur ajoutée et importer tout le reste, repose sur une grave erreur de fond. On peut certes presque tout acheter avec de l’argent, mais non pas un approvisionnement durable et sûr de la population en denrées alimentaires de qualité. Les conditions météorologiques extrêmes, qui se produisent de plus en plus souvent dans le monde entier, provoquent une baisse massive des rendements. De nombreux Etats sont par conséquent contraints de limiter leurs exportations afin de disposer de suffisamment de réserves pour leur propre population. La Suisse sera un des premiers pays touchés par ces restrictions. Aujourd’hui déjà, notre pays importe des denrées alimentaires d’une valeur de 600 francs par an et par personne, contre environ 70 francs en moyenne pour l’UE et de 10 francs pour les Etats-Unis. Ces chiffres confirment on ne peut plus clairement la nécessité pour la Suisse de disposer d’un approvisionnement alimentaire indigène aussi fort que possible.

Arrêt des négociations sur le libre-échange agricole – OMC sans agriculture
Les partisans du libre-échange agricole avec l’UE font miroiter aux familles paysannes suisses la chance énorme de pouvoir exporter leurs produits dans un marché de 500 millions de consommatrices et consommateurs. Mais les apparences sont trompeuses. Alors que le commerce du fromage est complètement libéralisé et que l’on promettait là aussi une forte croissance des exportations avant l’ouverture des frontières, la réalité est aujourd’hui très différente. Les ventes à l’étranger ont certes légèrement augmenté, mais les importations se sont massivement développées durant la même période. Le bilan est donc négatif pour les producteurs suisses.

Les agriculteurs UE approvisionnent aujourd’hui déjà un demi-milliard de consommateurs en faisant un travail très efficace. Mais alors pourquoi sont-ils confrontés à des perspectives bien plus négatives encore que les paysans suisses en termes de ventes et de prix? Comment l’agriculture suisse pourrait-elle s’imposer dans un tel contexte alors que nos lois et ordonnances sont plus sévères et nos coûts de production plus élevés que dans l’UE? Il est malhonnête de vanter devant les familles paysannes suisses les prétendus avantages du libre-échange agricole tout en sachant parfaitement que le résultat sera exactement inverse: la situation difficile actuelle se détériorerait en effet massivement avec un tel accord.

Dans le cadre du cycle de Doha de l’OMC, les négociateurs tentent désespérément depuis des années d’obtenir une globalisation complète des marchés mondiaux. Or, de nombreux Etats encore peu développés ont fini par comprendre qu’une libéralisation complète du commerce n’améliore en rien leur situation. Les nations industrialisées en profiteraient alors que les pays en développement perdraient encore plus de terrain. Le secteur agricole joue un rôle central à ce niveau. Conséquence de la situation alimentaire précaire qui règne dans le monde, l’agriculture doit être écartée des négociations de l’OMC. Cela permettrait de discuter d’une réorientation de l’approvisionnement et de la production alimentaires globales. Même les Etats-Unis, pourtant défenseurs inconditionnels du libéralisme économique, ne sont pas prêts à faire des concessions supplémentaires et adoptent une attitude protectionniste à l’égard de leur propre agriculture. Ce comportement devrait faire tinter les sonnettes d’alarme partout – même en Suisse.

Pas d’accords bilatéraux III, mais une offensive de promotion économique
Les conseillers fédéraux Johann Ammann-Schneider et Micheline Calmy-Rey ont lamentablement échoué avec leur proposition d’ouvrir des négociations sur des accords bilatéraux III avec l’UE. Ce paquet comprendrait notamment le libre-échange agricole et l’intégration institutionnelle de la Suisse dans l’UE. Malgré leur échec au Conseil fédéral, les deux ministres ont tout de même informé les médias sur leurs intentions. Encore une atteinte intolérable et inexcusable au principe tant vanté de la collégialité. Conséquence d’une intégration institutionnelle dans l’UE, la Suisse devrait à l’avenir reprendre le nouveau droit UE en excluant le référendum facultatif. Ce serait la fin d’une Suisse libre, souveraine, indépendante et neutre. La démocratie directe et les droits populaires seraient rangés aux oubliettes. Le moloch UE prendrait les commandes en Suisse.

Le libre-échange agricole inclus dans le paquet des accords bilatéraux III ferait de l’agriculture suisse une prisonnière de Bruxelles. Il faut à tout prix éviter qu’un tel paquet fasse l’objet de négociations. Il est hors de question d’abolir les valeurs politiques suisses au profit d’une organisation centralisatrice et antidémocratique comme l’UE. L’UDC lancera évidemment un référendum contre un éventuel troisième paquet d’accords bilatéraux qui vise à sacrifier les paysans suisses.

Il faut que l’OSEC soit davantage mis au service des exportations de produits agricoles suisses dans le monde entier. Cette organisation de promotion économique de la Confédération est censée aider les entreprises suisses à mettre en place une organisation d’exportation et de commercialisation. On peut sans doute avoir des avis différents sur l’utilité de l’OSEC, mais un service financé avec l’argent des contribuables peut certainement être mis à contribution pour soutenir l’exportation de produits alimentaires suisses de qualité.

La Suisse devrait être heureuse de disposer d’une agriculture axée sur la production et multifonctionnelle. Les familles paysannes garantissent à long terme l’approvisionnement alimentaire du pays ainsi que l’entretien du paysage, et cela à des conditions très avantageuses.

 

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