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OMC – le secteur agricole doit Être exclu!

Vous l’avez appris, Mesdames et Messieurs, l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce, a l’intention de libéraliser au niveau mondial le commerce de produits de tous genres. L’UDC est favorable à…

Vous l’avez appris, Mesdames et Messieurs, l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce, a l’intention de libéraliser au niveau mondial le commerce de produits de tous genres. L’UDC est favorable à la libéralisation du commerce et elle a donc toujours soutenu les accords de libre-échange – sauf dans le secteur agricole – avec tous les pays intéressants pour la Suisse. L’OMC, en revanche, cherche à réaliser le libre accès au marché dans le monde entier, pour tous les producteurs et pour tous les produits. Et cela signifie concrètement que la production agricole régionale sera éliminée par l’importation de produits bon marché. La quantité prendra la place de la qualité et l’unique souci sera de baisser au maximum les prix. La mise en place d’un commerce agricole mondial global et sans borne signifie aussi la suppression de toutes les mesures de protection aux frontières ainsi que des droits de douane. Il s’en suivra forcément une activité de transport effrénée tous azimuts par air, par mer et par terre de produits agricoles.

L’expérience pratique du secteur fromager
Les conséquences du libre-échange avec l’UE dans le secteur agricole sont clairement illustrées par le marché fromager qui est complètement libéralisé depuis un en et demi environ. Madame la conseillère fédérale Doris Leuthard jubile en voyant augmenter les exportations de fromage suisse – mais durant la même période les importations de fromage étranger ont progressé bien davantage. La statistique est incontestable: alors que les exportations n’ont augmenté que de 9,1% entre 2006 et 2008, les importations, elles, ont fait un bond de 25,9% – y a-t-il vraiment de quoi jubiler face à ces chiffres, Madame Leuthard? En fait, cette statistique prouve à l’évidence qu’un produit suisse classique comme le fromage est évincé par la concurrence étrangère même sur le marché indigène. Et ce ne sont pas les consommateurs qui en profitent, mais le commerce, les grands distributeurs et les entreprises de transport.

Si la Suisse peut exporter des quantités infimes de certaines denrées alimentaires – par exemple un peu de Gruyère en France ou quelques saucisses en Allemagne du Sud – il ne s’agit finalement que de cas exceptionnels. On ne saurait en aucun cas parler d’une stratégie de survie et encore moins d’une politique visant à sauvegarder une agricole indigène saine. Pour des motifs de qualité et de protection de l’environnement, en particulier, nombre de consommateurs souhaitent acheter des produits locaux, donc des denrées qui n’ont pas été transportées sur des longues distances. Seule l’agriculture indigène est capable de satisfaire cette demande. Il est totalement absurde de voir une ministre de l’économie lancer des onéreux programmes d’économie d’énergie et d’assainissement de bâtiments pour stabiliser la conjoncture et, parallèlement, plaider en faveur d’un libre-échange agricole sans frontière qui détruit la production alimentaire nationale au profit d’importations bon marché en provenance du monde entier. Et, pour couronner le tout, elle nous annonce une croissance durable du produit intérieur brut de 0,5%. A d’autres!

La Suisse n’a toujours rien compris
L’OMC et le tour des négociations de Doha ont échoué, car de plus en plus de pays se rendent compte que le libre-échange agricole mondial repose sur une théorie économique erronée qui entraîne un désastre alimentaire mondial. Les pays en développement et émergents comprennent aujourd’hui que des marchés sans limite conduisent au naufrage de leur paysannerie, donc à l’appauvrissement de larges couches de leur population. Même un bas niveau des salaires et des prescriptions lâches sur la protection de l’environnement n’y changent rien. Les grandes entreprises des pays industrialisés évinceront l’agriculture classique grâce à leurs énormes ressources financières, moyennant des techniques sophistiquées et automatisées ainsi qu’en privilégiant les monocultures et les productions de masse.

Des organisations internationales de plus en plus nombreuses, mais aussi le monde scientifique mettent en garde contre les conséquences du libre-échange agricole global visé par l’OMC. Une règle fort ancienne veut qu’un pays souverain doit aussi être capable de nourrir sa population par ses propres moyens. Lorsque la production de denrées alimentaires ne sera plus que l’affaire de quelques géants économiques appliquant des méthodes industrielles, nous assisterons à l’émergence de rapports de puissance et de dépendance incontrôlables. Le risque d’abus et de développements écologiques catastrophiques sera énorme.

Il doit être évident pour chacun dans ces conditions que le libre-échange agricole global voulu par l’OMC est non seulement une voie sans issue, mais surtout le meilleur moyen de détruire le secteur agricole de nombreux pays du monde. Voilà un domaine où la Suisse aurait un véritable rôle de pionnier à jouer!

Il faut donc que nous stoppions et que nous ramenions à la raison les politiques et fonctionnaires qui veulent engager notre pays sur cette voie dangereuse.

Voici les exigences de l’UDC:

  • la Suisse doit s’engager solidairement avec d’autres pays pour la sauvegarde d’une agriculture saine;
  • il faut conserver et même renforcer la sécurité de l’approvisionnement ainsi que la souveraineté alimentaire de la Suisse;
  • la Suisse doit se battre avec d’autres pays pour obtenir l’arrêt immédiat des tentatives de l’OMC de libéraliser les échanges agricoles au niveau mondial. En raison des conditions et facteurs particuliers qui régissent la production agricole, celle-ci doit être exclue du libre-échange global.

Le prix que nous payons pour conserver une production agricole indépendante, multifonctionnelle et décentralisée n’est pas excessif et il est certainement beaucoup moins élevé que le prix de la dépendance complète de notre pays de l’étranger. Les protestations et appels au secours des paysans du monde entier nous indiquent que la politique agricole est au bord de l’abîme. Dans une telle situation, il faut cesser de se précipiter en avant et plutôt faire prudemment un pas de côté ou, mieux encore, en arrière.

 

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par l’auteur
Marcel Scherer
(ZG)
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