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Pour progresser il faut commencer par corriger

Depuis les dernières élections, le paysage politique suisse a davantage changé qu’on veut bien l’admettre. La recomposition du Conseil fédéral, véritable jalon dans l’histoire récente de la Suisse, illustre bien ce renouveau. Seuls des journalistes, quelques prétendus experts et les autres partis politiques refusent d’admettre ces changements qui se sont préparés pendant plusieurs années avant de devenir manifestes. On s’est moqué de l’UDC, on l’a passée sous silence et on a diabolisé ou ridiculisé ses têtes dirigeantes. Le dernier exemple en date que j’ai entendu est l’interview du président de la Confédération, Joseph Deiss, le 1er août à la Radio suisse romande: ce Monsieur a saisi cette tribune pour s’attaquer à l’UDC sur le ton d’un politicard enragé de la pire espèce. Les succès politiques de l’UDC semblent avoir profondément blessé et déstabilisé ce pauvre homme. Voilà sans doute la seule explication du fait qu’un président de la Confédération se laisse aller de la sorte. Que les dirigeants d’un parti politique se fassent attaquer, c’est finalement normal. Mais si notre président de la Confédération avait le moindre caractère, il s’excuserait publiquement devant les électrices et électeurs UDC pour ses écarts de langage.

L’appel à la raison est un appel au désastre

Malgré les changements politiques provoqués ces dernières années par la volonté des électeurs, le parti centriste qu’est le PRD se pousse à nouveau du côté des camarades socialistes. Selon ses propres déclarations – je ne fais que citer des responsables PRD – il entend chercher à l’avenir des alliances aussi bien avec la gauche qu’avec l’UDC. Le PDC, au moins, semble avoir retrouvé un peu de stabilité après des années d’errements: il n’y a plus guère de votes au parlement fédéral où il ne serre pas les rangs derrière la gauche. Le président de la Confédération semble prendre avec plaisir la tête de ce mouvement et n’a de cesse de l’encourager.

Aujourd’hui, alors qu’on voit les premiers changements politiques, par exemple dans la politique d’asile et des étrangers du Conseil fédéral, on entend à nouveau l’appel en « faveur d’un retour à la politique de la raison ». La gauche et le PRD retrouvent les confortables copinages des années quatre-vingt et nonante. Ils accaparent postes et prébendes et n’hésitent même pas à accepter des curieux cadeaux électoraux dont ils n’avouent l’existence que quand ils ne peuvent plus faire autrement. Et aujourd’hui, ces élus qui ont reçu de l’argent d’origine douteuse passent pour des pauvres victimes.

Nous le savons bien: nous devons absolument éviter un retour à la politique désastreuse des dernières années, à cette politique menée par la désormais tristement célèbre « coalition de la raison ». La politique du PS, du PRD et du PDC était tout sauf une histoire à succès. Les quinze dernières années, où l’UDC est devenue le parti des « neinsager », entreront dans l’histoire comme une période où la majorité de centre-gauche, le PRD, le PDC et le PS, a cumulé les échecs et où la Suisse était dirigée par un Conseil fédéral faible et divisé. Ces quinze années étaient marquées par des tentatives constantes de mettre les citoyennes et citoyens suisses sous tutelle et de sacrifier la liberté et l’indépendance de la Suisse sur l’autel de Bruxelles. La neutralité, la liberté et l’indépendance de notre pays ont été systématiquement rognées pour préparer son adhésion à l’UE.

Avec son projet d’adhésion à l’accord de Schengen, le gouvernement tente une fois de plus de séduire le peuple avec des fausses promesses. Il y a une année, donc juste avant les élections, les partis du centre juraient encore que l’adhésion à l’UE n’était pas un thème de discussion pour eux. Aujourd’hui, ces mêmes partis sont au premier rang pour brader l’indépendance et la liberté de notre pays aux bureaucrates de Bruxelles. Est-ce cela, la politique progressiste que prétendent mener ces partis?

La politique des autres partis et du Conseil fédéral a conduit la Suisse dans un désastre financier: la dette publique a triplé, les impôts, taxes et redevances à tous les niveaux ont presque doublé, les dépenses de l’Etat croissent beaucoup plus rapidement que l’économie, le nombre de personnes vivant dans la dépendance de l’Etat ne cesse de croître. Nonobstant les belles promesses, les primes d’assurance-maladie ont explosé et l’assurance-invalidité est proche de la faille. Qu’y a-t-il de raisonnable dans cette politique? En fait, seul le « non » catégorique que l’UDC a répété ces dernières années était une proposition constructive.

La politique d’asile et des étrangers a aussi pour but essentiel de prendre les citoyennes et les citoyens pour des imbéciles. Des années durant, les problèmes ont été minimisés, voire carrément niés. Ces mensonges ont coûté des milliards aux contribuables tout en augmentant la violence, la criminalité et les abus de toutes sortes. Les nombreuses promesses de stabiliser la population étrangère ne valaient pas le papier sur lequel elles étaient écrites. Les citoyens se sentent floués. La vie quotidienne des citoyennes dans les communes, les écoles, les quartiers des villes, etc. est en éclatante contradiction avec les belles déclarations de la Berne fédérale si bien que les gens se sont fait leurs propres idées ou préjugés. Alors que des années durant le département fédéral de justice et police n’a produit que du vent, il fait aujourd’hui, sous une nouvelle direction, enfin des propositions valables. C’est bien, mais cela ne suffit pas. Or, même ces tentatives modestes de corriger le cap font déjà hurler certains milieux qui souhaitent le retour du « bon vieux temps ». Mais ce serait une erreur: les partis du centre gauche et le Conseil fédéral sont responsables des dysfonctionnements actuels et ils doivent donc contribuer à les corriger.

Ceux qui souhaitent rétablir l’ancien train-train poussent la Suisse à la ruine et découragent définitivement l’économie et la population. Dans la très grande majorité des cas, les constants « appels à la raison » visent en fait à poursuivre la politique désastreuse menée jusqu’ici et dont la finalité inévitable est le fiasco économique et politique de la Suisse.

 

Il faut toujours se rappeler le mandat des électeurs

En résumé, nous constatons donc que la majorité des politiques et du Conseil fédéral a de la peine à quitter les sentiers politiques battus qui conduisent vers le néant. Faibles et désorientés, les partis de gauche et du centre serrent les coudes pour combattre comme par réflexe l’UDC qu’ils considèrent comme leur ennemi commun. C’est donc à nous qu’il appartient de dénoncer les dysfonctionnements et de proposer des solutions, comme nous l’avons fait dans notre plate-forme électorale.

Nous avons atteint cet objectif avec notre initiative pour la baisse des primes qui vient d’aboutir. Nos propositions visent à supprimer les privilèges dans le secteur de la santé, à imposer la transparence, à encourager la concurrence, donc à rétablir une santé publique plus efficace et financièrement supportable. Notre initiative populaire est une solution constructive à un problème complexe. On verra si une majorité du parlement accepte de corriger le cap. Mais, de toute manière, le peuple aura le dernier mot grâce à notre initiative.

A côté de la hausse constante des primes d’assurance-maladie, l’état des finances fédérales exige une intervention rigoureuse. L’UDC a refusé le budget du Conseil fédéral pour l’année à venir. Nous n’acceptons pas pour la Xème fois un déficit dépassant le milliard, et encore moins quand ce découvert repose sur des prévisions excessivement optimistes du côté des recettes. Nous soutiendrons le ministre des finances lorsqu’il fera des propositions d’économie concrètes. Par contre, nous ne nous sentons pas obligés d’applaudir à chaque fois qu’il lâche un ballon d’essai. Je recommande au ministre des finances de se référer au programme de son propre parti qui prétend préférer les actes aux belles paroles.

L’UDC suit fidèlement son cap politique en vue des votations populaires du 26 septembre prochain. Contrairement aux autres partis qui, avant les élections, ont promis d’œuvrer pour une baisse des impôts, l’UDC maintient cette position aussi après les élections. Nous nous battons donc seuls contre l’assurance-maternité. Pour dissimuler son écart par rapport à ses prétendus principes économiques et libéraux, le PRD prétend agir dans l’intérêt de toute la société en soutenant l’assurance-maternité et fait taire les derniers véritables libéraux dans ses rangs. Pour l’UDC, c’est une évidence: non aux nouveaux impôts, taxes et redevances. Celles et ceux qui ont oublié ce principe essentiel souffrent de perte de mémoire et ont sans doute définitivement perdu la capacité d’apprendre.

Si les trois autres partis gouvernementaux soutiennent les deux projets de naturalisation, c’est uniquement dans le but d’enjoliver la statistique des étrangers. Voilà pourquoi ils proposent de faciliter, voire d’automatiser la naturalisation. Or, la logique exige la voie inverse: on ne naturalise pas pour intégrer, mais on naturalise ceux qui sont intégrés. De plus, on peut au moins demander aux candidats à la naturalisation qu’ils fassent les démarches nécessaires, ce qui est difficilement possible pour un nouveau-né. Je vous rappelle aussi que le programme politique de l’UDC demande l’interdiction de la double nationalité. La conseillère nationale Jasmin Hutter a déposé une intervention dans ce sens. L’UDC se bat pour des valeurs suisses et pour notre identité. L’entretien de l’identité nationale et un sain patriotisme sont des attitudes positives et non pas condamnables. Cela n’a rien à voir avec le nationalisme.

Nous devons aussi mettre fin aux constantes interventions du Tribunal fédéral en politique. Avec notre initiative populaire « pour des naturalisations démocratiques », nous voulons que le souverain retrouve le dernier mot dans les procédures de naturalisation – comme cela a toujours été le cas. Les juges n’ont pas à reprocher au peuple d’avoir des attitudes arbitraires pour justifier la suppression de droits démocratiques. Les juges fédéraux jouent un jeu très dangereux. Le principe de la séparation des pouvoirs est un pilier de notre démocratie. Les pouvoirs judiciaire, exécutif et législatif ont des tâches bien définies qu’ils n’ont pas à outrepasser. Nous sommes sérieusement inquiets devant ce Tribunal fédéral qui s’arroge de plus en plus souvent les droits du parlement et qui remodèle des lois au lieu de se contenter de veiller à leur application. Nous devrons discuter au groupe parlementaire des conséquences de ce comportement en vue des prochaines élections au Tribunal fédéral.

L’arrêt prononcé cette semaine par le Tribunal fédéral concernant l’article sur la discrimination raciale est de la même veine. Le Tribunal fédéral a renforcé cet article, donc modifié une loi sur laquelle le peuple a voté il y a dix ans. Or, en Suisse, il appartient au parlement, voire au peuple, de décider des lois et des modifications de lois. Durant la campagne de votation concernant l’article contre le racisme, les discussions portaient essentiellement sur les possibles restrictions à la libre expression des opinions – dans les discussions de bistro, dans les assemblées, etc. On avait alors promis au peuple que ni les discussions de bistro, ni les débats dans les assemblés de société ou de partis ne seraient touchés par l’article contre le racisme. Cela a fondamentalement changé il y a une semaine. Le nouvel arrêt du Tribunal fédéral supprime quasiment la sphère privée. A l’avenir, tous les tribunaux de suisse devront appliquer la nouvelle jurisprudence du Tribunal fédéral. Les professeurs de droit qui prétendent que ce renforcement ne touche que l’extrême-droite sont ridicules.

Le Tribunal fédéral n’a pas le droit de restreindre excessivement la liberté d’expression. Cette dernière est un droit fondamental. La sphère privée des citoyens doit être protégée. On ne peut pas prétendre tout simplement que tout est public. Durant la prochaine session d’automne, l’UDC déposera des interventions parlementaires visant à supprimer l’article contre le racisme dans le Code pénal. Le contrôle étatique 24 heures sur 24 sur la vie privée des citoyens ne correspond pas à notre conception d’une société libérale faite de citoyennes et de citoyens responsables.

Par ailleurs, nous attendons avec impatience la révision des lois sur l’asile et sur les étrangers. Nos propositions, dont certaines attendent depuis plusieurs années sur la table du parlement, seront enfin débattues. Mais la concrétisation des idées du conseiller fédéral Christoph Blocher ne sont qu’un pas dans la bonne direction. Voilà pourquoi nous n’avons pas rangé aux oubliettes notre troisième initiative sur l’asile, mais nous la gardons au contraire en tête de liste de nos projets politiques.

La Suisse a besoin de plus d’UDC pour résoudre ses problèmes. J’invite encore une fois le PRD à prêter main-forte à ce grand projet. Ces Messieurs-Dames ont assez attendu. Le temps de l’action est venu. L’UDC engage à cet effet ses locomotives – des wagons, il y en a assez dans les autres partis et dans les bureaux des administrations.

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