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Exposé

Pour une Suisse compétitive au niveau international

Durant les semaines et mois à venir, on qualifiera l’UDC à l’unisson et avec un plaisir évident de parti hostile à l’économie et isolationniste. Ce chœur se renforcera plus on s’approchera de la…

Durant les semaines et mois à venir, on qualifiera l’UDC à l’unisson et avec un plaisir évident de parti hostile à l’économie et isolationniste. Ce chœur se renforcera plus on s’approchera de la votation sur Schengen/Dublin. Par tous les moyens et à coups de millions dépensés en publicité, les mêmes milieux tentent de faire croire à la population que la survie de la Suisse dépend de cet accord bilatéral ainsi que de l’extension de la libre circulation des personnes aux nouveaux pays membres de l’UE. Une argumentation cousue de fil blanc et trompeuse. Voyons donc le fond de la question et commençons par constater d’emblée que ni la prospérité, ni la croissance économique de la Suisse ne dépendent de Schengen ou de la libre circulation des personnes. Pour assurer la prospérité et relancer la croissance, il faut commencer par régler des problèmes bien plus vastes.

Cette énergie et cette énorme quantité d’argent qui sont dépensées pour cette votation proviennent de deux groupes. Premièrement, des partisans de l’adhésion à l’UE qui espèrent que l’acceptation de Schengen entraîne une rapide adhésion de la Suis¬se à l’UE. Les débats au parlement ont été révélateurs à ce propos. La gauche et les Verts veulent cet accord pour entrer aussi vite que possible dans l’UE. Ils sont prêts à avaler toutes les couleuvres pour atteindre cet objectif, y compris le dispositif policier mis en place par Schengen. L’essentiel pour eux est de pousser la Suisse le plus rapidement possible dans l’UE. Ouvertement déclaré par la gauche, cet objectif est malheureusement aussi celui de la majorité du Conseil fédéral et des partis du centre, même s’ils ont plus de peine à l’admettre. Cela n’est pas sans rappeler un phénomène observé dans les courses d’orientation: plus on court vite dans la mauvaise direction, plus on perd l’orientation. Les partis du centre ont d’ailleurs la même attitude dans bien d’autres discussions politiques.

Deuxièmement, il existe aussi des managers qui espèrent cacher leur propre incompétence grâce à ces accords. Le comportement des associations économiques lors des votations de ces dernières années était consternant. Au lieu de se battre pour imposer les principes du libéralisme, elles se sont engagées pour l’adhésion à l’ONU et pour l’engagement des troupes suisses à l’étranger. Elles ont accepté de renoncer à des allègements fiscaux pour soutenir une Swissair en ruine. Elles ont fait tout cela avec un grand sérieux comme s’il s’agissait de sujets économiques fondamentaux. Tout en se lamentant devant l’augmentation des charges salariales annexes, elles ont soutenu l’assurance-maternité. Récemment, elles sont allées jusqu’à fraterniser avec les syndicats pour donner force obligatoire aux conventions collectives de travail. Du coup, le marché suisse du travail perd toute sa souplesse, pire, il est carrément coulé dans du plomb. Celles et ceux qui ne ratent pas une occasion de commettre des erreurs aussi graves devraient avoir la décence de ne pas reprocher à l’UDC d’avoir une attitude hostile à l’égard de l’économie. Quand tout allait bien, les erreurs des associations économiques pouvaient passer inaperçues. Aujourd’hui, en cette période économique difficile, elles se manifestent dans toute leur étendue.
Négocier pour ne pas adhérer

Quant à l’UDC, elle suit rigoureusement la même voie depuis 15 ans: nous voulons des négociations bilatérales pour ne pas devoir adhérer à l’UE et pour conserver l’indépendance de la Suisse. Voilà une différence fondamentale par rapport aux partisans de l’adhésion qui prétendent emprunter la même voie, mais qui marchent en sens opposé. Les accords bilatéraux avec l’UE ne doivent pas servir à préparer le terrain à l’adhésion, comme l’a dit ingénument Madame la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey. Or, ce procédé a été appliqué dès les premiers accords bilatéraux et dans chaque dossier la Suisse s’est bassement inclinée devant l’UE. Ce fut par exemple le cas avec l’accord sur les transports terrestres qui, depuis une semaine, ouvre les routes suisses aux camions de 40 tonnes sans restriction aucune. La Suisse avait d’abord calculé une taxe de transit de 600 francs à travers les Alpes, mais l’UE ne voulait payer que 300 francs. La fameuse rencontre de Kloten a débouché sur une taxe de 325 francs et elle a été bruyamment célébrée comme une « percée » alors que la Suisse a cédé presque complètement devant les pressions de Bruxelles pour conclure cet accord coûte que coûte. Et aujourd’hui la Suisse accueille des colonnes puantes et bruyantes de camions étrangers sur son axe nord-sud et elle paie par dessus le marché 80% de la RPLP, soit 800 millions de francs par an. Par contre, nous construisons des beaux tunnels qui coûtent chaque année plus chers et dont l’exploitation coûtera des millions alors qu’on nous avait promis que ce serait une bonne affaire. La Suisse a été totalement abusée dans cette affaire par l’Union européenne qui lui a imposé sa politique des transports. Pour l’UE, l’accord sur les transports terrestres est si important que jamais elle ne résiliera les accords bilatéraux – même si la Suisse n’accepte pas d’étendre la libre circulation des personnes aux dix nouveaux Etats membres. La menace de la clause de la guillotine que brandit le Conseil fédéral aujourd’hui est un pur mensonge. La Suisse doit conclure des accords qui servent non seulement les intérêts de l’UE, mais aussi les nôtres afin que nous ne soyons pas contraints d’adhérer à l’UE.

Nous devons résoudre nous-mêmes nos problèmes

L’UDC se bat depuis des années contre les négligences de l’Etat, contre la hausse des impôts, des redevances et des taxes, donc contre la détérioration de la compétitivité de notre pays, parce que nous sommes persuadés que nous devons résoudre nous-mêmes nos problèmes. Si nous n’y parvenons pas de manière indépendante, nous y parviendrons encore beaucoup moins quand nous serrons serrés dans un grand complexe. C’est une énorme illusion de croire que l’UE va régler nos problèmes à notre place. C’est vrai aussi pour la sécurité du pays. Nous devons prendre conscience de notre force, faire en toute indépendance nos choix et assumer nos obligations. Je suis heureux de pouvoir dire que nos deux conseillers fédéraux Schmid et Blocher n’ont pas approuvé l’accord de Schengen. Notre parti doit en tirer la conviction et la force de s’opposer vigoureusement à l’accord de Schengen quand celui-ci sera soumis au peuple. L’économie suisse peut retrouver le chemin de la croissance, mais elle ne doit pas pour cela répéter les erreurs des autres. Il s’agit maintenant d’agir et de corriger les erreurs que nous avons commises nous-mêmes dans le passé.

Il faut enfin attaquer le mal à la racine

Nous n’avons pas à répéter stupidement tout ce que l’on dit à Bruxelles, mais nous devons rapidement résoudre les problèmes de fond qui se posent à la Suisse. Durant les quinze ans écoulés – donc depuis que l’UDC a été estampillée « Neinsager-Partei » – la charge fiscale a augmenté en Suisse beaucoup plus rapidement que dans les autres nations industrialisées. La déclaration selon laquelle la Suisse est toujours dans une position favorable doit être fortement relativisée. Notre système social fédéraliste fait que les prélèvements obligatoires ne sont pas tous inclus dans la quote-part fiscale. La charge fiscale qui pèse sur l’économie suisse est donc bien plus élevée qu’on affirme généralement. Cela vaut aussi pour l’accroissement rapide des dettes et des intérêts de la dette. En 2008, la Confédération affichera une dette de 150’000 francs par famille de quatre personnes et le service de la dette coûtera 5000 francs par famille. Il faut être dépourvu de la moindre compétence sociale et du moindre sens des responsabilités pour ne pas tout mettre en œuvre afin de préserver les générations à venir de cette ruine. La majorité du centre-gauche a raté l’occasion de régler ces problèmes lorsqu’une solution était encore relativement facile à mettre en place. Aujourd’hui, cela devient de plus en plus dur.

Nous savons aussi que la survie de nos œuvres sociales exigera une augmentation massive des impôts à l’avenir. La libre circulation des personnes y contribuera pour une bonne part. Cette situation doit nous contraindre à réagir, à corriger le cap, à économiser partout où cela est possible. Pour commencer, il faut mettre fin au mensonge de la gauche concernant les économies. Nous n’avons pas encore économisé un sous jusqu’ici; nous avons simplement légèrement réduit la croissance des dépenses. D’autres pays, comme par exemple les nouveaux Etats membres de l’UE ou des pays asiatiques, sont aujourd’hui beaucoup plus attrayants pour des raisons fiscales, mais aussi à cause de leur libéralisme économique. La prospérité de la Suisse ne peut reposer que sur des entreprises novatrices, sur une fiscalité avantageuse, sur une situation intéressante, sur une bonne formation, sur le multilinguisme et, surtout, sur la volonté de travailler plus et plus longtemps que les autres. Notre pays est donc intéressant pour des entreprises internationales. Mais notre politique de centre-gauche nous fait perdre tous ces avantages – à moins que l’on nous compare avec l’Allemagne dont on connaît les grosses difficultés économiques.

Assainissement des finances publiques et réforme de l’imposition des sociétés

Nonobstant les atouts que la Suisse possède toujours, nous devons constater que de nombreux engagements et affectations restreignent considérablement la marge de manœuvre financière de l’Etat. Ces dernières années, le centre-gauche n’a cessé d’encaisser plus d’impôts et de multiplier les dettes. Ils ne l’a pas fait pour réaliser des investissements utiles, non, uniquement pour financer la consommation courante. Cette politique entraîne une augmentation des impôts et des charges sociales, donc une augmentation des coûts de production des entreprises et, partant, une baisse de la compétitivité internationale de la place économique suisse. Il est tout simplement naïf de vouloir résoudre ces problèmes en important une main-d’œuvre prétendument bon marché – prétendument, parce que ces personnes devraient finalement gagner autant que les travailleurs indigènes.

Les problèmes structurels que connaît la Suisse sont si graves qu’on ne peut pas tout simplement les exporter ou les écarter du revers de la main. Des associations économiques ou partis politiques authentiquement libéraux devraient – comme l’UDC le fait depuis des années – s’attaquer aux problèmes faits maison au lieu d’espérer du secours de l’UE dont les locomotives économiques sont largement enlisées. Dans un contexte globalisé, il ne suffit plus de défendre des avantages existants. La Suisse a besoin d’une stratégie économique offensive pour sauvegarder sa prospérité. Cette stratégie implique notamment des solutions fiscales novatrices et des pouvoirs publics économes. Chaque individu doit à nouveau assumer ses responsabilités et ne pas s’en débarrasser sur l’Etat qui, lui-même, étouffe sous les dettes. Pour l’UDC, une réforme de l’impôt sur les sociétés qui apporte de réels allègements est d’une importance centrale. Nous avons besoin d’entreprises vigoureuses qui créent des emplois.

En conclusion, l’UDC va défendre en 2005 une politique économique qui améliore les conditions-cadres – dans le domaine fiscal, notamment – et qui supprime des contraintes inutiles comme par exemple le droit de recours des associations. Nous avons besoin d’une politique qui veille à ce qu’il reste à chacun d’entre nous davantage pour vivre et non pas le contraire comme aujourd’hui.

par l’auteur
UDC conseiller national (ZH)
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