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Exposé
Conférence de presse de 23. octobre 2008

Regagner la confiance perdue

Les mesures de la Confédération et de la Banque nationale suisse en faveur de l’UBS servent en fin de compte à stabiliser toute la place financière suisse et elles sont de ce fait justifiées. S’il s’a

Les mesures de la Confédération et de la Banque nationale suisse en faveur de l’UBS servent en fin de compte à stabiliser toute la place financière suisse et elles sont de ce fait justifiées. S’il s’agissait exclusivement d’une mesure isolée en faveur d’une entreprise suisse, cette intervention de l’Etat devrait être refusée. Une comparaison avec l’action de sauvetage lancée par le gouvernement en faveur de Swissair, à laquelle l’UDC s’était opposée, est déplacée. Il s’agissait à l’époque d’une prestation de service isolée qui pouvait être produite par d’autres entreprises. De surcroît, Swissair était définitivement insolvable et, pour couronner le tout, le projet gouvernemental visait à maintenir cette entreprise dans des dimensions totalement disproportionnées.

Système en crise
Aujourd’hui nous avons affaire à une crise mondiale du système financier. Presque tous les Etats industrialisés et banques d’émission ont entre-temps mis en place des programmes de soutien massifs pour stabiliser les marchés financiers. Ces garanties étatiques étrangères ont généré de graves distorsions de la concurrence au détriment de la Suisse. Or, la place financière joue un rôle-clé en Suisse en raison des considérables plus-values économiques qu’elle génère et de son importance économique pour le pays. La place financière et bancaire suisse est garante au niveau mondial de la qualité, de la sécurité, de la confiance et de la discrétion qui entourent les prestations de services et produits d’exportation helvétiques. Cette confiance paraît manifestement ébranlée aujourd’hui. On ose à peine imaginer le choc que subirait la place financière suisse, l’industrie d’exportation, voire toute l’économie nationale si une grande banque devait tout à coup se déclarer insolvable. La perte de confiance au niveau international ne pourrait jamais être compensée, surtout quand non voit d’autres Etats intervenir massivement sur le marché pour soutenir le système financier. La cessation des activités d’une grande banque aurait des conséquences désastreuses pour les salariés, les contribuables et pour les petites et moyennes entreprises.

Le mot-clé: la confiance
Les marchés mondiaux, les investisseurs institutionnels et les petits épargnants sont plus que jamais à la recherche d’instituts et d’établissements financiers dignes de confiance. L’argent afflue aujourd’hui vers les pays où l’Etat offre les meilleures garanties ou vers des personnalités qui, par leur comportement passé et présent, inspirent le plus confiance. Il s’agit généralement de sociétés clairement structurées avec des responsabilités bien définis. L’enchevêtrement international croissant de la politique et de l’économie conduit à des structures opaques et à un mélange des responsabilités. De plus, certains milieux sont tentés dans cette situation de prendre des risques indéfendables. Cette attitude semble avoir été déclenchée par des systèmes d’incitation mal conçus et débouchant sur le versement de bonus dont le montant n’est ni explicable, ni justifiable raisonnablement. Le versement de bonus n’est pas faux en soi, mais il pose problème quand il fait partie d’un système incitant à prendre des risques excessifs et à opérer des investissements erronés. Si ces développement fatals n’ont pas été identifiés à temps, c’est parce que les instituts concernés souffraient de graves lacunes au niveau de la direction et d’une insuffisance de leurs instruments de contrôle. Tel fut le cas pour l’UBS et il serait totalement vain de le nier.

Il faudra vérifier les demandes en responsabilité civile qui peuvent éventuellement découler de ces manquements. Dans tous les cas, l’avidité sans borne des responsables est condamnable. Elle a gravement affecté la confiance du peuple. Pour retrouver une confiance perdue, il faut, en politique, la participation du peuple et, dans le monde économique, la participation – renforcée en l’occurrence – des actionnaires. Placées au cœur de l’intérêt public, les banques exigent de surcroît le contrôle de la Commission fédérale des banques (CFB) qui doit à l’avenir intervenir plus rapidement et plus efficacement en exploitant toutes les possibilités que lui a données le législateur. Mais nous n’avons certainement pas besoin d’un Etat qui dirige lui-même des banques et qui lance des actions de sauvetage à tout bout de champ.

Interventions de l’Etat limitées dans le temps et au strict minimum nécessaire
Pour l’UDC, il est évident que cette intervention doit être limitée dans le temps. Elle s’oppose à un engagement durable comme le revendique le PS. Le mélange des droits de propriétaire et des tâches de l’autorité de surveillance conduit forcément à des conflits d’intérêts. Nous attendons du Conseil fédéral qu’il définisse de manière parfaitement claire dans son ordonnance le plafond et les conditions-cadres de cette intervention limitée dans le temps et qu’il adopte aussi au niveau interne une stratégie de sortie pour la Confédération. Le Conseil fédéral doit, en collaboration avec la CFB en tant qu’instrument de contrôle, veiller à ce que la question politiquement délicate des rémunérations et des bonus soit clairement réglée. Il serait inacceptable qu’une banque faisant de grosses pertes continue de verser des bonus. Il faut aussi mettre en place un dispositif de contrôle pour toute la durée de l’engagement afin de permettre une intervention rapide. Nous sommes clairement d’avis que les événements récents ne constituent pas un prétexte à des nationalisations à tour de bras comme le souhaitent évidemment les camarades socialistes. Nous voulons éviter des actions précipitées au niveau de la régulation et de la loi. Dans ce contexte nous tenons à souligner une fois de plus avec toute la clarté nécessaire que la sphère privée des gens doit être protégée et que le secret protégeant les clients des banques doit absolument être sauvegardé. Nous condamnons sans ambages l’attitude arrogante de l’Allemagne et la traitrise des Verts qui sont prêts à céder à ces pressions.

L’importante fonction de la Banque nationale
Contrairement au Conseil fédéral qui a pris juste à temps la bonne décision après avoir naïvement enjolivé la situation, la Banque nationale a correctement jugé la situation. Le programme de mesures porte d’ailleurs clairement l’empreinte de la BNS. Cette dernière continuera à l’avenir d’assumer une tâche importante dans le rétablissement de la confiance publique, notamment en fournissant aux banques des liquidités suffisantes. Mais pour mener cette action, elle a elle-même besoin de fonds propres. Nous demandons donc une fois de plus de stopper les ventes d’or et d’augmenter au contraire les stocks de métal jaune ainsi que les réserves monétaires. De surcroît, il faut désormais entreposer les réserves d’or en Suisse, une mesure qui, elle aussi, contribuerait à rétablir la confiance. Nous souhaitons également que la BNS discute avec l’UBS non seulement d’une participation aux bénéfices des titres contaminés repris, mais aussi d’une participation aux éventuelles pertes y relatives.

Leçons politiques
Il s’agit aujourd’hui de tirer les premières leçons politiques de cette crise des marchés financiers. Ni des particuliers, ni des entreprises, ni des Etats ne peuvent vivre sans risque et personne ne peut non plus assumer tous les risques. L’endettement public est lui aussi limité. Ce programme de mesures pour stabiliser les marchés financiers doit donc être une action unique.

En analysant les comptes de l’Etat et les comptes des assurances sociales, il faut bien constater que la politique gère ses affaires d’une manière analogue à celle des banques aujourd’hui incriminées. Nous prenons des risques énormes en agissant sans financement assuré. La sécurité politique est incarnée par les contribuables, en l’occurrence même par des contribuables qui ne sont pas encore nés. Exigeons donc des responsables politiques le respect des mêmes principes que ceux que nous adressons aux dirigeants de l’économie. L’UDC en tout cas continuera de mener une politique parfaitement clair à ce sujet et de dénoncer systématiquement les manquements.

par l’auteur
UDC conseiller national (ZH)
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