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Exposé
Conférence de presse de 19. décembre 2013

Reprendre le contrôle de l’immigration

Le chef d’entreprise que je suis sait parfaitement bien que le modèle à succès suisse aurait été impossible sans main-d’œuvre étrangère. Les entreprises du bâtiment en ont tout particulièrement profité et je fais partie des privilégiés qui occupent des professionnels étrangers extrêmement compétents même parmi les cadres supérieurs. Un collègue du Conseil des Etats a déclaré un jour que les étrangers étaient surtout compétents dans la criminalité. Dans un souci de justice, je dois ajouter qu’il existe aussi des étrangers très compétents dans des activités honnêtes.

Le chef d’entreprise que je suis sait parfaitement bien que le modèle à succès suisse aurait été impossible sans main-d’œuvre étrangère. Les entreprises du bâtiment en ont tout particulièrement profité et je fais partie des privilégiés qui occupent des professionnels étrangers extrêmement compétents même parmi les cadres supérieurs. Un collègue du Conseil des Etats a déclaré un jour que les étrangers étaient surtout compétents dans la criminalité. Dans un souci de justice, je dois ajouter qu’il existe aussi des étrangers très compétents dans des activités honnêtes.

Nous savons tous que la Suisse recrute depuis des siècles de la main-d’œuvre étrangère. Elle l’a cependant toujours fait de manière contrôlée et en tenant compte de son marché du travail. La Confédération et les cantons ont chaque année fixé des plafonds d’entente avec l’économie. En règle générale, les entreprises obtenaient le personnel dont elles avaient besoin en le recrutant dans le monde entier. Des divergences n’ont surgi qu’en périodes de haute conjoncture lorsque l’Etat nous freinait – à juste titre dois-je dire aujourd’hui – pour éviter des vagues de licenciements lors d’un ralentissement économique.

J’admets volontiers que la libre circulation globale reste mon régime préféré. Chacun devrait pouvoir travailler et se construire une existence là où il en a envie et où on a besoin de lui. Comme chef d’entreprise, je pourrais choisir parmi des millions des personnes en quête de travail pour trouver la main-d’œuvre qui me convient le mieux. Mais il ne s’agit pas seulement des intérêts des entreprises; il faut aussi tenir compte du bien-être de toute la Suisse. Une libre circulation des personnes au niveau mondial ne pourrait fonctionner que si tous les pays offrent des conditions-cadres à peu près équivalentes. Or, les différences sont aujourd’hui si grandes en termes de prospérité, d’économie de marché, de sécurité du droit et d’institutions sociales qu’une libre circulation complète ne peut pas fonctionner. Il arrive ainsi qu’un chômeur français gagne à Bâle deux fois plus et même davantage qu’en travaillant 12 heures par jour dans son pays.

J’étais un partisan convaincu de la libre circulation des personnes avec les 15 "anciens" membres de l’UE, car les économies de ces pays étaient à peu près comparables. Or, l’UE connaît un développement passablement incontrôlé. Des pays de l’est y ont adhéré et bientôt sans doute tous les Balkans et peut-être même la Turquie en feront partie. Les chefs d’entreprise y trouvent des avantages, car ils peuvent choisir des collaborateurs dans une économie comptant quelque 700 millions de travailleurs. Les effets sur les salaires d’une telle liberté de circuler sont aussi évidents. Nous connaissons tous cette règle: plus il y a de cerises sur le marché, moins elles sont chères. Mais nous autres chefs d’entreprises, nous devons être conscients de la responsabilité que nous portons face notre pays. Il n’est tout simplement pas tolérable d’engager à court terme des gens pour ensuite s’en débarrasser après quelques mois via les institutions sociales. Cette attitude est antisociale. Il faudrait au moins prévoir pour les travailleurs étrangers un engagement d’une durée minimale d’un an. Dans ces conditions, certaines personnes en Suisse y réfléchiraient sans doute à deux fois avant d’engager du personnel étranger. Rappelons que les institutions sociales sont aussi financées par l’économie.

Bien que nous soyons en période de haute conjoncture, le taux de chômage dépasse largement 3%. J’ai du mal à admettre l’argument selon lequel les immigrants participent au financement de l’AVS. Ces hommes et ces femmes deviendront forcément un jour des rentiers AVS. Je comprends toutes les personnes qui cherchent du travail en Suisse pour s’y construire une existence. J’en ferais également partie. La Suisse est et restera très attractive pour les ressortissants de tous les Etats UE. Elle offre des salaires, des rentes et des prestations sociales plus élevées, ses écoles sont meilleures, elle est plus sûre et sa qualité de vie est plus élevée. Notre assurance-chômage offre aux immigrants des indemnités complètes dès le premier jour de leur engagement à condition qu’ils aient cotisé pendant au moins un an dans n’importe quel pays de l’UE.

L’économie suisse est une histoire à succès absolument unique. Nous devons prendre soin de cet héritage de nos ancêtres. Un nivellement par le bas, par exemple jusqu’au niveau de l’UE, doit être évité. La politique d’immigration doit servir les intérêts de la Suisse et non pas ceux des immigrants. Nos entreprises ont parfois besoin de spécialistes américains, australiens, indiens ou sud-africains, mais aujourd’hui elles sont obligées de donner la préférence à des ressortissants UE. Il ne s’agit absolument pas de résilier les contrats bilatéraux. L’initiative contre l’immigration de masse se contente de donner au Conseil fédéral le mandat d’ouvrir des négociations avec l’UE parce que la Suisse est dépassée par une immigration nette de quelque 80 000 personnes par an.

Bruxelles ne déroulera certainement pas le tapis rouge devant les négociateurs suisses. Mais il s’agit de bien faire comprendre que la Suisse n’est absolument pas la profiteuse pour laquelle on tente de la faire passer. Quand je songe aux infrastructures NLFA, aux milliards pour la cohésion, aux contributions à la re-cherche UE ou encore aux frontaliers, j’ai beaucoup de mal à admettre ce re-proche. La réalité est bien plus que la Suisse ne cesse d’avaler des couleuvres dans ses rapports avec l’UE.

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par l’auteur
This Jenny
UDC conseiller aux Etats (GL)
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