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Exposé
Conférence de presse de 30. décembre 2010

Schengen, c’est plus de frais, plus de bureaucratie, moins de fédéralisme et moins de liberté

Mes collègues ont décrit la situation: Schengen est synonyme de problème à de nombreux points de vue. Au lieu du gain de sécurité qu’aurait dû apporter l’accord Schengen/Dublin selon les promesses…

Mes collègues ont décrit la situation: Schengen est synonyme de problème à de nombreux points de vue. Au lieu du gain de sécurité qu’aurait dû apporter l’accord Schengen/Dublin selon les promesses du Conseil fédéral, nous sommes aujourd’hui contraints de limiter les dégâts. Ce constat vaut notamment pour les visas, les frontières extérieures ainsi que la politique d’asile et d’immigration.

Je me concentrerai dans ce qui suit sur les coûts et sur les domaines qui revêtent une importance décisive pour le citoyen que je suis. Premièrement, je suis un fédéraliste convaincu et un défenseur inconditionnel d’une Suisse souveraine et indépendante. Deuxièmement – et c’est très important – je refuse que la « responsabilité individuelle » devienne une notion vide de sens.

1. Les coûts

Schengen coûte trop cher à la Confédération et aux cantons. Pour en arriver à ce constat j’ai consulté les explications de vote du Conseil fédéral avant le scrutin sur Schengen/Dublin et j’ai comparé ces chiffres avec les dépenses réelles engendrées par cet accord jusqu’ici.

Il y a un peu plus de cinq ans, on a voulu faire croire aux citoyennes et aux citoyens que Schengen/Dublin coûterait 7,4 millions de francs par an à la Suisse. « Plus de sécurité pour relativement peu d’argent » – une promesse qui a incité de nombreux votants – même des régions frontalières – à déposer un oui dans l’urne.

Il suffit aujourd’hui d’observer la nouvelle pratique en matière de visas, et notamment le grand nombre de visas Schengen obtenus frauduleusement par des individus indésirables forçant ainsi l’entrée en Suisse, pour arriver à un constat clair et net: la promesse d’une « plus grande sécurité » doit être reléguée au royaume des contes de fées.

Deux chiffres pour illustrer la tromperie dont ont été victimes les citoyennes et citoyens suisses: au lieu des 37 millions de francs annoncés par le Conseil fédéral, l’accord de Schengen a coûté 185 millions de francs à la Suisse durant les cinq ans écoulés. Cette somme comprend les contributions à l’UE, les postes de travail supplémentaires dans l’administration fédérale, les dépenses exorbitantes pour l’informatique et les investissements onéreux pour la surveillance de la frontière extérieure temporaire avec la Principauté du Liechtenstein.

A elles seules, ces lourdes charges financières que l’accord de Schengen représente pour la Confédération – et auxquelles il faut ajouter les coûts pour les cantons, qui sont manifestement importants, mais qui n’ont toujours pas été calculés sérieusement – feront réfléchir les citoyens critiques quant à l’utilité de l’appartenance à Schengen.

A propos des coûts justement, ladite frontière extérieure de Schengen entre la Suisse et sa voisine et amie depuis toujours, la Principauté du Liechtenstein, nous offre un exemple révélateur: cette frontière divise depuis deux ans la vallée du Rhin – comme entre la Pologne et la Biélorussie ou entre l’Italie et la Libye! Les désagréments, qui en résultent quotidiennement pour les citoyennes et les citoyens de cette région (chaque passage frontalier est filmé pour Big Brother UE), n’ont aucune contrepartie utile. Pire: non seulement ce dispositif ne sert à rien, mais il est de surcroît très onéreux.

Le gouvernement st-gallois a demandé à la Confédération d’apporter une contribution équitable au coût que ce contrôle représente pour le canton de St-Gall. En vain. Le canton paie l’ensemble de la facture. On le voit: le coût final de 185 millions ne comprend pas, beaucoup s’en faut, toutes les charges.

Des dépenses énormes d’un côté, un rendement négatif (perte de sécurité) de l’autre côté – aucun comptable du monde ne vous conseillerait d’investir dans Schengen.

2. Le conflit de compétences entre la Confédération et les cantons

Schengen a généré un chaos au niveau de la répartition des compétences entre la Confédération et les cantons. Il est urgent que le Conseil fédéral élimine les graves insécurités de droit qui en résultent à tous les niveaux.

J’habite à moins de 500 mètres de la frontière. A cet endroit on se rend quotidiennement compte des problèmes de délimitation entre la police cantonale et le Corps des gardes-frontière de la Confédération. De toute évidence, aussi bien les interpellations que les arrestations et le recours aux armes par les gardes-frontière ne sont pas réglés. Les tensions entre le CGF et la police sont évidentes.

Les contrôles effectués par le Corps des gardes-frontière dans les zones à l’arrière des frontières génèrent des doubles emplois pénibles pour tout le monde. Les directeurs cantonaux de la police chantent volontiers le refrain « un espace, une tâche, une conduite », mais dans la pratique c’est plutôt « un espace et une confusion ».

3. Le droit des armes

Jusqu’à la conclusion de l’accord de Schengen, la Suisse vivait une tradition des armes marquée par le libéralisme et la responsabilité individuelle. Aujourd’hui, on exige même un contrat écrit pour la cession d’une arme entre particuliers. Une règlementation complètement à côté de la réalité: depuis toujours un tireur sportif, qui vendait son arme à un camarade, se contentait d’une poignée de main pour sceller le marché. Aujourd’hui il se rend punissable en agissant de la sorte.

Nous autres Suisses, nous ne pouvons même plus vivre nos traditions les plus anciennes sans être contrôlés par le législateur. Merci Schengen!

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