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Exposé
Conférence de presse de 17. février 2009

Situation initiale: échec de la réforme Armée XXI

Dans le cadre de la réforme Armée XXI le concept d’instruction pourtant efficace a lui aussi été bouleversé. On parlait alors d’une nécessaire "professionalisation" de la formation militaire. C’est da

Dans le cadre de la réforme Armée XXI le concept d’instruction pourtant efficace a lui aussi été bouleversé. On parlait alors d’une nécessaire « professionalisation » de la formation militaire. C’est dans ce but que l’instruction de milice, qui avait pourtant fait ses preuves dans l’armée suisse, a été ridiculisée en se faisant qualifier de système « d’apprentis formant d’autres apprentis ». On a sciemment renoncé à un modèle d’instruction efficace qui faisait la fierté de notre pays et que nous aimions présenter à nos hôtes étrangers comme un modèle de réussite.

Les cadres qui payaient leurs galons – les sous-officiers, les chefs de section et les commandants de compagnie – étaient jadis engagés comme instructeurs dans les écoles de recrues et pouvaient ainsi acquérir une expérience de commandement. Cela était en adéquation parfaite avec l’article 48 de la loi sur l’armée qui prévoit que:

« Les commandants de troupe sont responsables de l’instruction et de l’engagement des troupes qui leur sont subordonnées. »

La réforme de l’instruction introduite par Armée XXI contrevient à cette disposition légale, dans le sens où ce sont aujourd’hui des officiers et des sous-officiers de carrière ainsi que des soldats effectuant des services longs qui prennent en charge l’instruction dans les écoles de recrues. La séparation de la responsabilité de l’engagement et de celle de l’instruction est pourtant illégale! A cela s’ajoute que ce nouveau concept ne pourra jamais fonctionner par manque de personnel qualifié.

Cette nouvelle forme d’instruction, que nous connaissons aujourd’hui, a également des répercussions négatives sur les cours de répétition. Les cadres de milice ne sont plus en charge de l’instruction dans les écoles de recrues et doivent sans autre préparation former des hommes durant les cours de répétition. Tout cela ne favorise pas la motivation des troupes.

La réforme de l’instruction ou l’échec d’Armée XXI
Depuis le ramollissement de l’instruction militaire et les attaques répétées contre le principe de milice, l’état de préparation de la troupe s’est considérablement modifié ou plutôt détérioré. En raison du rallongement de l’école de recrues les nouveaux soldats sont en partie mieux préparés. Toutefois l’armée a aussi décidé de renoncer complètement à certains domaines d’instruction et de les renvoyer à plus tard ou même de les abandonner à la théorie de la montée en puissance. A cela s’ajoute que le niveau d’instruction de la troupe baisse à nouveau après l’école de recrues. Il y a plusieurs raisons à cela. Par exemple les missions subsidiaires comme la garde des ambassades, des engagements lors de manifestations sportives mais aussi le traitement complaisant des demandes de dispense. C’est ainsi que les cours de répétition deviennent des exercices frustrants pour les cadres. Une dérive lourde de conséquences: les cadres de milice se détournent en effet progressivement de l’armée.

La préparation à la guerre au centre des préoccupations
L’instruction militaire n’a en principe qu’un seul but: elle doit garantir l’aptitude du pays à soutenir une guerre. Une armée qui n’est pas capable d’affronter un adversaire militaire, n’est pas digne de ce nom. Avec Armée XXI, cette exigence n’est pas remplie. Le chef de l’armée lui-même a dû reconnaître fin 2007 que notre armée n’est pas prête pour un coup dur. Il convient donc de tourner le dos au concept d' »armée d’instruction orientée vers le combat ». Lorsque l’on « engage » des pans entiers de la troupe dans des « missions » comme le damage de pistes lors de descentes de ski alpin, l’encadrement d’ivrognes rentrant des fêtes ou la surveillance de pylônes électriques lors de l’Euro 08, le moral et le niveau de formation de la troupe baissent rapidement. Cette utilisation abusive de soldats comme main d’œuvre bon marché n’a rien à voir avec la préparation à la guerre, qui signifie au contraire que la troupe de combat doit remplir sa mission de combat. Les unités territoriales doivent être en mesure d’affronter des catastrophes. Les missions doivent donc être au centre de toute instruction.

Responsabilité de l’instruction – responsabilité de l’engagement
La séparation illégale de l’engagement et de l’instruction s’est avérée dévastatrice pour la formation militaire. Seul un commandant, qui avec ses cadres est personnellement responsable de l’instruction de la troupe qui lui a été confiée, sait ce qu’il peut lui demander en cas de coup dur. La séparation de la responsabilité de l’instruction de celle de l’engagement peut être une solution adaptée aux armées professionnelles. Pour notre armée de milice, et nous le répétons, une telle dissociation est purement et simplement dénuée de sens. C’est pourquoi nous demandons que l’on annule cette réforme et que l’ancrage régional des formations en cours de répétition soit de la responsabilité des commandants des différentes régions territoriales.

Retour au système du paiement des galons
L’abandon du système du paiement des galons est lourd de conséquences pour le niveau d’instruction de l’ensemble de l’armée. Rien ne peut remplacer l’expérience du commandement. Avec le règlement actuel les chefs de section et les commandants de compagnie ne rencontrent leurs unités que tard et sans aucune expérience pratique du commandement. Souvent les chefs de section ne sont pas à la hauteur de la tâche qui les attend. L’ancienne exigence, selon laquelle l’instructeur doit être lui-même l’un des mieux formés, doit absolument être prise à nouveau au sérieux. Quant au principe de « la compétence au service du commandement », il doit retrouver ses lettres de noblesse. En clair: retour au système du paiement de galons.

Une instruction compatible avec le principe de milice
L’instruction des officiers est une formation au commandement. Et l’expérience du commandement s’acquiert par la pratique, en menant des hommes. Aujourd’hui pourtant, l’armée mise beaucoup sur la théorie et les certificats de compétence, au lieu de privilégier l’expérience du commandement. La « production rapide et à la chaîne » d’officiers aux dépens de la formation au commandement nuit à toute armée qui se respecte. La foi de l’économie privée dans les diplômes a depuis longtemps cédé la place au désenchantement: rien ne vaut la pratique. Avec l’intervention de militaires de carrière dans l’instruction, les cadres de milice sont de plus en plus relégués au rang d’accessoires. Ce qui a des répercussions très négatives sur les soldats de milice, qui, au vu de ce concept nuisible, tournent le dos à l’armée dans des proportions encore jamais vues. Il faut donc absolument revenir à une « instruction compatible avec le principe de milice » où le commandant responsable de l’instruction de ses hommes est également responsable de leur engagement sur le terrain. Les cadres de milice doivent à nouveau être formés pour diriger des troupes.

La séparation de la responsabilité de l’instruction de celle de l’engagement constitue le défaut le plus criant de la réforme qui chamboule aujourd’hui l’armée suisse.

par l’auteur
Hans Rutschmann
(ZH)
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