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Exposé
Conférence de presse de 15. octobre 2007

Toute tolérance devient à la longue un droit acquis

La lecture des faits divers ne nous émeut bientôt plus, tant le sordide revient avec une régularité de métronome. A Lausanne, au cours de l’été, trois agressions ont été commises au préjudice de…

La lecture des faits divers ne nous émeut bientôt plus, tant le sordide revient avec une régularité de métronome. A Lausanne, au cours de l’été, trois agressions ont été commises au préjudice de prostituées travaillant dans le quartier de Sébeillon. Ces victimes n’ont pas été choisies au hasard. Souvent en situation irrégulière, elles n’ont guère la possibilité de porter les faits à la connaissance de la police, ce qui signifierait leur renvoi quasi-immédiat. Les auteurs ajoutent le cynisme à la bassesse. A La Chaux-de-Fonds, des brigands masqués neutralisent une femme de ménage au petit matin et prennent la fuite avec une collection de montres anciennes d’une valeur de plusieurs millions. Dans le bas du canton, après trois agressions violentes, les chauffeurs de bus menacent de se mettre en grève si d’aventure de tels faits se reproduisent. A Yverdon, les abords de la gare sont régulièrement le théâtre de bagarres en tout genre dégénérant parfois en bataille rangée avec la police comme tout récemment à l’occasion de l’arrestation d’un jeune en fugue d’une maison spécialisée. A Genève, on découvre au fond d’un jardin le cadavre d’une jeune femme assassinée. Le mari, principal suspect, s’enfuit au Burkina-Faso. Au Jura, un inconnu s’en prend au buraliste de la poste des Bois au moyen d’un colis prétendument piégé. Le responsable de la sécurité du géant jaune n’est pas dépaysé, il était à moins de 40 kilomètres de là au mois d’août à l’occasion du braquage de la poste d’Evilard. Quelques jours plus tard, c’est au moyen d’un marteau qu’un individu cagoulé menace la boulangère du Noirmont. Vendredi dernier, au Sentier, à la Vallée de Joux, des malfrats tentent de cambrioler une bijouterie au moyen d’une voiture bélier. Le véhicule prend feu au moment du choc, l’incendie gagne le bâtiment contraignant une famille à fuir son logement.

Si lieux et modes opératoires varient, on observe le plus souvent un point commun entre ces différents délits, les auteurs sont d’origine étrangère. Les statistiques sont à cet égard éloquentes. Longtemps, la gauche a nié cette réalité avant de l’admettre à contrecœur. Non seulement les faits sont têtus, comme le disait volontiers Lénine, mais en plus, ils ont une fâcheuse tendance à donner régulièrement raison à l’UDC. Que faire dans ces conditions?

Une élue socialiste a trouvé la solution. Il convient de ne plus communiquer les chiffres à la population dans la mesure où le bon peuple serait dépourvu des ressources intellectuelles pour pouvoir réellement apprécier la situation. Les esprits simples ne manqueront pas de d’exprimer leur position quant à cette affirmation le 21 octobre prochain.

Etonnamment, alors que la délinquance étrangère prenait de plus en plus de place dans la chaîne judiciaire, le Parlement, dans un moment d’égarement, a pris le 13 décembre 2002 une décision à rebours du bon sens, à savoir la suppression de l’article 55 du code pénal qui traitait de l’expulsion judiciaire. Cette abrogation a pris effet le 1er janvier 2007 et dès lors, les mesures d’éloignement de notre territoire ne peuvent plus que se baser sur la Loi Fédérale sur Séjour et l’Etablissement des Etrangers en attendant l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur les Etrangers.

A l’heure actuelle, les cantons sont responsables d’appliquer les dispositions encore en vigueur, d’où des disparités choquantes d’un endroit à l’autre. A St-Gall, une Conseillère d’Etat au fait de ses responsabilités n’hésite pas à expulser les étrangers se comportant d’une manière intolérable. En Gruyère, un préfet réclame l’éloignement d’une bande de jeunes particulièrement remuants mais le Conseiller d’Etat socialiste responsable du Département précise d’emblée que la requête devra être examinée à l’aune de critères divers et variés. Que les délinquants concernés se rassurent, la décision n’est pas prête de tomber. A Neuchâtel, c’est encore plus simple, ne quittent la Suisse que celles et ceux qui le veulent bien.

Cette situation est intolérable et l’UDC a décidé d’y mettre bon ordre en lançant l’initiative dite du renvoi. La forme choisie pour accompagner cette initiative, soit les fameuses affiches aux moutons noirs a souvent occulté le fond, à savoir le texte lui-même aussi convient-il d’y revenir. Que demandons-nous?

Nous souhaitons que soient expulsés les étrangers ayant été condamnés par un jugement entré en force pour meurtre, viol ou tout autre délit sexuel grave, pour un acte de violence d’une autre nature tel que le brigandage, la traite d’êtres humains, le trafic de drogue ou l’effraction ou s’ils ont perçu abusivement des prestations des assurances sociales ou de l’aide sociale.

A titre de comparaison, rappelons que l’article 55 CPS prévoyait que le juge pouvait expulser du territoire suisse, pour une durée de trois à quinze ans, tout étranger condamné à la réclusion ou à l’emprisonnement.

D’une manière générale, nous constatons donc que notre initiative réclame simplement le rétablissement de la double peine. D’aucuns estiment qu’il s’agit là d’une mesure discriminatoire à l’égard des étrangers. Nous pensons au contraire que nous sommes en droit d’exiger des migrants qu’ils respectent nos lois. Si d’aventure ils ne veulent ou ne peuvent respecter notre ordre juridique, la Suisse n’est pas pour eux.

par l’auteur
Yvan Perrin
UDC conseiller national (NE)
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