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Exposé

Un signal clair donné par l’Etat de droit

Il faut relever d’emblée que les incompatibilités entre les cultures islamique et occidentale ne sont pas du tout de nature religieuse; elles tiennent au droit, donc au fait que la sharia précède…

Il faut relever d’emblée que les incompatibilités entre les cultures islamique et occidentale ne sont pas du tout de nature religieuse; elles tiennent au droit, donc au fait que la sharia précède la création de l’Etat et constitue en quelque sorte le socle sur lequel est bâti l’Etat (la nomocratie islamique). L’islam distingue trois états territoriaux: dans le Dar el Islam (pays de la paix), l’islam a triomphé et règne sans partage; dans le Dar el Harb (pays de la guerre), les infidèles sont au pouvoir et dans le Dar el Suhl (que l’on peut traduire par pays de l’armistice), l’islam est encore en minorité et doit donc s’adapter, mais chaque musulman qui y vit doit tout entreprendre pour faire triompher un jour sa religion. Dans cette conception des choses, les minarets, les cimetières séparés, mais aussi les écoles coraniques et les mosquées deviennent des petites régions extraterritoriales en terre impure, des têtes de pont de l’islam sur le territoire desquels, même s’il est modeste, la seule loi islamique s’applique.

Dans le Dar es Islam, le pays sacré où l’islam s’est établi, aucune loi concurrençant la sharia – par exemple, notre droit pénal et civil – n’est admise. Ce « pays sacré » de l’islam comprend aujourd’hui en Europe de nombreux quartiers urbains de France, de Grande-Bretagne et d’Allemagne. Les musulmans y vivent en majorité; ils y ont leurs cimetières, leurs mosquées et leurs écoles coraniques. Ces lieux sont répartis dans tout l’Occident et croissent par leur nombre et leur taille. Les minarets sont tout au plus les symboles de cette pénétration à l’image des petits drapeaux que les généraux piquent sur leurs cartes d’état-major pour marquer l’avancée de leurs troupes. Le mot minaret vient de « El Manar », le phare. Or, ces « phares du jihad » ou ces « baïonnettes de l’islam », pour reprendre les termes du premier-ministre turc Erdogan, ne répondent pas à une exigence du Coran et ne jouent aucun rôle dans le rituel religieux de l’islam. Le muezzin a été inventé bien plus tard, mais sa présence est fréquemment justifiée par un parallèle discutable avec les cloches des églises chrétiennes. En fait, le minaret est avant tout le symbole bien visible d’une soumission totale à une doctrine et à l’intolérance qui en découle – même si cette dernière suscite des controverses entre les différents courants islamiques. Pour les Alévites ou les musulmans sécularisés, par exemple, les minarets sont un affront et le signe qu’une certaine expression de l’islam cherche à se positionner comme la seule représentation de cette religion en Suisse.

Dans la conception universelle de l’islam radical, toutes les régions du monde qui étaient autrefois islamiques doivent le redevenir. Le moyen d’atteindre cet objectif est le jihad qui, dans 97% des cas où il apparaît dans le Coran, définit la guerre sainte contre les infidèles alors que dans 3% seulement des cas, ce mot doit être compris comme un « combat intérieur », une « purification spirituelle » ou une « recherche ». Chaque lieu d’où est visible un minaret et chaque région que l’on voit depuis un minaret doivent devenir islamiques. Face à cette revendication, on comprend que cet édifice fréquemment sous-estimé par les Européens joue un rôle bien plus important que celui qu’on lui prête communément.
Un minaret haut de 21 mètres est actuellement en construction à Poitiers, ville où Charles Martel a mis en fuite les Sarazins en 732. Des haut-parleurs y seront installés. Mais on a promis à la population qu’ils resteront muets. Alors pourquoi en installe-t-on? Le fait est qu’à de nombreux endroits où la construction d’un minaret a été autorisée la voix du muezzin retentit aujourd’hui plusieurs fois par jour. C’est le cas par exemple à Grenade, en Bosnie, à Oxford, à Londres, à la Nouvelle-Delhi et même à Lhassa, la capitale du Tibet. Des résistances se manifestent ailleurs, et pour des raisons facilement compréhensibles: le but de ce mouvement est d’installer la norme islamique dans le monde entier et les minarets ne sont que la manifestation visible – et fréquemment bruyante – de cette pénétration. Le Conseil islamique de Grande-Bretagne l’a clairement dit en mars 2008: « L’appel à la prière devra devenir partie intégrante de la vie en Grande-Bretagne et en Europe. » Or cet appel annonce cinq fois par jour le principe suivant: « Allah est le plus grand. Je témoigne qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah. Je témoigne que Mohammed est le messager d’Allah. Venez à la prière. Venez à la félicité. Allah est le plus grand. Il n’y pas d’autre vrai Dieu qu’Allah ». A côté de cette profession de foi, les cloches de nos églises sont d’une neutralité remarquable – d’autant plus qu’elles servent pour l’essentiel à donner l’heure.

Quelles intentions à long terme se cachent donc derrière ces édifices qui sont tout sauf innocents?
Plusieurs cas survenus récemment démontrent que les démocraties occidentales sont de plus en plus prêtes, au nom d’un pluralisme légal postmoderne et tolérant et au détriment de leur propre régime légal territorial, à accepter sur leur territoire des systèmes légaux divergents et concurrents.

  • L’Etat américain du Michigan n’exige plus, lors des contrôles de personnes, que les femmes voilées se découvrent. Il a ainsi créé une situation juridique concurrente sur son propre territoire.
  • La Commission de recours en matière d’asile a décidé que « le droit suisse ne pouvait pas se permettre de se juger supérieur à un droit étranger »; partant de cette affirmation, elle a admis un mariage conclu avec une mineure et en l’absence du mari.
  • Exemple particulièrement frappant de ce pluralisme juridique: en Allemagne, une juge a refusé de prononcer un divorce « parce que dans l’islam le châtiment corporel de l’épouse est permis ».
  • Les excisions de jeunes filles sont également pratiquées en Suisse. Elles correspondent à une pratique culturelle impunie dans divers pays islamiques alors que la loi suisse et celle des autres Etats occidentaux les considèrent comme une mutilation des parties génitales.
  • Les assassinats d’honneur (de femmes surtout) sont tolérés notamment dans les pays islamiques ayant une forte structure clanique, alors que jamais les régimes légaux occidentaux n’admettraient des « justifications » comme, par exemple, l’honneur blessé à cause du refus d’un mariage arrangé, un souhait de divorce ou des contacts sexuels en dehors du mariage.

L’unique objectif de l’islam est d’établir sur le territoire de notre Etat un régime juridique contraire au droit suisse et fondé sur une conception totalement différente des droits de l’homme. Comme l’a d’ailleurs constaté la Cour européenne des droits de l’homme, la sharia est incompatible avec notre conception du droit notamment dans les domaines du droit du mariage, des droits de l’homme ou encore du droit pénal. Le fait d’accepter le port du voile par des enseignantes musulmanes ou les cours de natation séparés pour les enfants musulmans sont des exemples de concessions justifiées par la tolérance à l’égard de cultures étrangères et qui paraissent peu importantes alors qu’en réalité elles ouvrent la boîte de Pandore du point de vue du droit. Ces adaptations apparemment modestes de lois et de règles visent à faire reconnaître en Suisse un droit parallèle totalement étranger au nôtre. S’agissant par exemple des mariages arrangés de mineurs, on admet que des droits fondamentaux (le droit de se marier) soient violés au nom d’autres droits humanitaires (la liberté religieuse corporative). Notre société libérale doit absolument exiger que les personnes appartenant à des cultures extra-européennes acceptent sans réserve dans notre pays non seulement la liberté de se marier, mais aussi l’ensemble de notre système juridique.
Aussi longtemps que nous devons nourrir des doutes quant à la volonté d’accepter les principes de notre Etat de droit, les minarets n’ont pas leur place chez nous.

par l’auteur
Oskar Freysinger
UDC Chef de campagne pour la Suisse romande (VS)
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