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Exposé
Conférence de presse de 16. janvier 2007

Une définition absurde de la neutralité du DFAE; une « neutralité active » n’existe pas!

Pour être crédible aujourd’hui, en l’an 2007, la neutralité suisse doit résister à une analyse dans la perspective des conflits actuels et constituer ainsi le concept de la politique extérieure de la

Pour être crédible aujourd’hui, en l’an 2007, la neutralité suisse doit résister à une analyse dans la perspective des conflits actuels et constituer ainsi le concept de la politique extérieure de la Suisse. Toute autre approche équivaut à une liquidation plus ou moins sournoise de la neutralité.

De plus en plus souvent – depuis quelque temps surtout face au conflit du Proche-Orient – le DFAE se fixe sur une définition de la neutralité tout simplement absurde, irréaliste et, partant, dépourvue de tout crédit. La neutralité, argumente la préposée au DFAE, ne s’applique aujourd’hui qu’à des guerres formellement déclarées entre des Etats. Si elle nous disait que la neutralité ne s’applique qu’à des combattants qui se tapent dessus à coups de haches en pierre, elle ne serait pas plus éloignée de la réalité qu’avec sa définition citée plus haut. Les événements qui se déroulent en Irak ne sont-ils donc pas assimilables à une guerre? Le conflit du Proche-Orient n’a-t-il donc pas le caractère d’une guerre?

Liquidation sournoise de la neutralité par le DFAE
Une responsable politique qui tente de lier la neutralité, qui est toujours profondément ancrée dans le peuple suisse, à des formes de conflits qui n’existent plus aujourd’hui cherche forcément à tromper le public concernant ses intentions véritables: elle cherche à liquider derrière le dos du peuple la neutralité suisse qui est pourtant un mandat constitutionnel donné au Conseil fédéral.

Les conflits violents, qui sont une réalité malgré l’absence de déclarations de guerre formelles, reposent également sur des intentions politiques et sont déclenchés par des forces qui ne sont pas toujours des Etats. Que cette politique menée par des moyens violents vise des frontières nationales ou qu’elle ait d’autres causes, elle provient toujours de groupes ou de forces qui veulent accroître leur pouvoir politique. Dans tous les cas, on ne saurait prendre partie dans le combat violent opposant ces forces. La sécurité de son propre pays et de son propre peuple exige qu’on ne se mêle pas de manière irréfléchie d’un tel conflit. Chaque prise de position dans un conflit entraîne de risque aigu que des partisans proches ou lointains des forces mêlées au conflit tentent de déplacer leurs activités violentes dans notre pays. La guerre asymétrique est également menée par des forces qui exercent du pouvoir.

Un pays qui se mêle de manière irréfléchie de tels conflits risque de devenir rapidement lui-même le théâtre de ces affrontements. Ou ose-t-on affirmer que les attentats du 11 septembre 2001 à Washington et New York ainsi que les attaques sanglantes contre un train à Madrid et contre le métro de Londres sont totalement détachés des conflits internationaux, qu’ils sont pour ainsi dire « tombés du ciel »?

La neutralité intégrale implique une politique de neutralité permanente
Il est évident que la neutralité ne commence pas seulement quand deux Etats se sont formellement déclaré la guerre. La neutralité s’applique dès que des tensions se traduisent ou menacent de se traduire par un recours à des moyens violents. Dans le monde d’aujourd’hui, une politique de neutralité intelligente mise au service de la paix dans la région touchée par le conflit et aussi de la sécurité du propre pays commence toujours quand le risque d’un conflit armé se précise sérieusement, et cela quels que soient les enjeux de ce conflit.

Pour éviter d’être ridicules sur la scène internationale, le gouvernement et le DFAE doivent enfin prendre en compte les conflits et leurs formes dans le monde d’aujourd’hui. La neutralité dans la perspective du monde et des conflits asymétriques actuels interdit à la Suisse de pactiser de quelle que manière que ce soit avec une partie à un conflit armé. Une politique de sécurité crédible menée dans le cadre de la neutralité interdit au gouvernement de se mêler de manière irréfléchie d’un conflit ou de se laisser pousser à prendre position contre sa volonté. Cela afin d’éviter que de quelconques alliés des parties au conflit ne déplacent leurs actions violentes en Suisse.

L’ONU et la « guerre juste »
La Suisse doit aussi rigoureusement sauvegarder son indépendance par rapport aux positions que l’ONU peut prendre dans des conflits. L’ONU se compose de puissances qui poursuivent des objectifs politiques. Ces puissances n’appliquent pas toutes, beaucoup s’en faut, les principes de la démocratie et de l’Etat de droit. Prétendre que les décisions prises par l’ONU s’inspirent d’idéaux planant au-dessus de la politique profane des puissances, c’est, dans le meilleur des cas, croire naïvement à la « guerre juste », une utopie qui revient régulièrement dans l’histoire du monde et qui a déjà égaré les Croisés au niveau politique et religieux.

Un pays qui veut sauvegarder sa capacité de médiation dans de graves conflits internationaux doit, aujourd’hui comme hier, se conformer à une stricte impartialité. Seul un Etat qui a su et qui sait rigoureusement rester à l’écart des confrontations est à même de mener une politique de médiation désintéressée et inspirée uniquement par la recherche de la paix – si les parties au conflit souhaitent effectivement une médiation.

La tâche d’un neutre
Au lieu de liquider la neutralité sous le couvert de constructions politiques irréalistes, le Conseil fédéral, et plus particulièrement le DFAE, feraient mieux de se tourner enfin vers une tâche que dans le monde actuel seul un pays strictement neutre peut accomplir avec tout le crédit nécessaire: combler les graves lacunes qui existent encore dans le droit international de la guerre.

Manœuvrée par les grandes puissances qui y occupent une position dominante sur le plan institutionnel, l’ONU ne réussit manifestement pas à adapter le droit international de la guerre aux conflits modernes. La Suisse en tant qu’Etat dépositaire des Conventions de Genève pourrait s’attaquer à cette tâche – de manière pragmatique et en se fondant sur les violations élémentaires des droits de l’homme que l’on constate dans le monde entier. Quand des Etats – membres de l’ONU! – exploitent des chaînes de télévision diffusées dans le monde entier qui présentent des images d’exécutions – il vaut mieux parler d’abattages – d’otages innocents au service d’un chantage politique, on est de toute évidence en présence d’une violation extrême du droit international de la guerre. Saisir ces événements pour lancer une initiative en faveur d’une adaptation générale des Conventions de Genève aux formes modernes des conflits, voilà une tâche pour la Suisse. Une tâche qui, manifestement, ne peut être abordée que par un pays neutre, un pays dont l’autorité repose exclusivement sur un engagement désintéressé et humanitaire en faveur du règlement d’une situation devenue intenable.

Si la préposée au DFAE voulait effectivement s’atteler à cette tâche importante et la mener à bien avec toute la patience nécessaire, elle devrait commencer par remplir deux conditions: d’abord, son engagement pour la neutralité devrait devenir enfin crédible et sa politique devrait être mise exclusivement au service de la cause, et non pas de sa personne pour des mises en scènes internationales. Une « neutralité active » n’existe pas! Les notions « neutralité » et « active » s’excluent mutuellement; elles sont en l’occurrence contradictoires: soit en prend position pour une partie au conflit, soit on reste neutre. Les compromis entre ces deux positions enlèvent tout crédit à la neutralité suisse et nuisent à notre pays.

 

par l’auteur
Ulrich Schlüer
(ZH)
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