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Journal du parti Franc-parler octobre 2013

Contrôler l’immigration

En tant qu’entrepreneur, je suis parfaitement conscient que le succès économique de la Suisse n’aurait pas été possible sans les étrangers. Nos entreprises de construction en ont particulièrement profité, et je fais partie des chanceux qui emploient des travailleurs et travailleuses étrangers hautement qualifiés même à des postes de cadres supérieurs.

La Suisse a toujours généreusement recruté de la main-d’œuvre étrangère. Cela s’est fait de manière contrôlée et il a toujours été tenu compte de la situation actuelle du marché du travail. La Confédération et les cantons fixaient des maxima, en concertation avec les représentants des milieux économiques. Nous, entrepreneurs, obtenions en règle générale les gens dont nous avions besoin, en provenance du monde entier. Il existait tout au plus des décalages en période de haute conjoncture, lorsque l’État nous freinait – à raison, je dois dire – afin d’éviter des vagues de licenciements ultérieures.

Le bien-être général de la Suisse avant les intérêts des entreprises
J’admets volontiers que je préférerais, à titre personnel, une libre-circulation étendue au monde entier. Tout le monde pourrait alors travailler et s’établir là où il en aurait envie et où on aurait besoin de lui. Et moi, en tant qu’entrepreneur, je pourrais choisir parmi des millions de personnes celles qui me conviendraient le mieux. Pourtant, il n’y a pas que les intérêts des entreprises qui comptent et il est nécessaire de prendre en compte l’intérêt général de la Suisse. Une libre circulation des personnes mondiale ne pourrait fonctionner que si tous les pays présentaient à peu près les mêmes conditions de base. Or actuellement, les différences en termes de prospérité, d’économie de marché, de sécurité du droit et d’institutions sociales sont si grandes qu’une libre-circulation totale n’est tout bonnement pas faisable. Ainsi, un chômeur français à Bâle gagne deux fois plus que s’il travaillait douze heures par jour dans son pays.

Plus il y a de cerises sur le marché, plus leur prix baisse
J’étais un partisan convaincu de la libre circulation des personnes avec les 15 États « historiques » de l’UE, car ces 15 économies étaient plus ou moins comparables à la nôtre. Cependant, l’UE connaît en ce moment un développement incontrôlé. Elle a entre-temps intégré des États d’Europe de l’est, et bientôt viendront probablement s’y ajouter tous les pays des Balkans ainsi que la Turquie. Cela nous apporterait indubitablement des avantages, à nous entrepreneurs, puisque nous pourrions choisir parmi 700 millions de candidats. Les effets prévisibles sur les salaires sont eux aussi évidents. Chacun le sait : plus il y a de cerises sur le marché, plus leur prix est bas. Nous autres entrepreneurs devons toutefois aussi nous rendre compte que nous portons une responsabilité vis-à-vis du pays. Il ne serait pas acceptable que nous engagions des gens à court terme, avant de nous en débarrasser après un ou deux mois quand nous n’en avons plus besoin, pour les confier aux institutions sociales. Un tel comportement est asocial. Il faudrait prévoir une durée d’engagement minimale d’un an. Certains y réfléchiraient ainsi à deux fois avant d’engager des étrangers – ou des Suisses. Après tout, les institutions sociales sont aussi financées par l’économie.

L’immigration doit s’inscrire dans l’intérêt de la Suisse
La place économique suisse est un modèle de réussite unique. Il est de notre devoir de prendre soin de cet héritage de nos ancêtres. Il est ex-clu de permettre un nivellement par le bas, notamment au niveau euro-péen. C’est pourquoi nous devons reprendre le contrôle de l’immigration. L’immigration doit servir les intérêts de la Suisse, plutôt que ce soit la Suisse qui adapte sa politique aux intérêts des migrants. Il n’est pas ici question de résilier les accords bilatéraux. Néanmoins, l’initiative contre l’immigration massive vise à donner au Conseil fédéral le mandat de négocier avec l’UE concernant le problème que pose l’immigration annuelle nette de 80’000 Européens.

La Suisse ne se compose pas un menu à la carte
On ne saurait dire que nous soyons reçus avec fanfare et tapis rouge à Bruxelles. Pourtant, nous devons clarifier aux yeux de tous que la Suisse ne se compose pas un menu à la carte, contrairement à ce qui lui est reproché. Personne ne peut affirmer que seule la Suisse profite des infrastructures NLFA, des milliards de cohésion, des fonds de recherche européens ou des frontaliers ! Je dirais plutôt que notre repas à la table de l’UE consiste surtout à avaler des couleuvres.

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par l’auteur
This Jenny
UDC conseiller aux Etats (GL)
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