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Journal du parti Franc-parler décembre 2017

L’autodétermination et la liberté préservées

Le vote du 6 décembre 1992 sur l’adhésion à l’EEE/UE portait sur une question centrale : la Suisse devait-elle rester la Suisse ou renoncer à son indépendance et à son autodétermination, donc abandonner notre liberté et notre neutralité ? Les Suisses devaient-ils signer un pacte quasi colonial avec la Communauté européenne (CE) – aujourd’hui UE ? Le Conseil fédéral et le Parlement l’ont voulu, nous avons lutté contre et avons gagné.

Le Conseil fédéral avait alors écrit dans son Message au Parlement: « Notre adhésion à l’EEE ne peut plus être considérée comme la dernière phase de notre politique d’intégration. Elle doit être vue comme s’inscrivant dans une stratégie européenne à deux phases, avec pour but la pleine adhésion de la Suisse à la CE. »

La Suisse serait aujourd’hui membre de l’UE
Le 6 décembre 1992, le peuple et les cantons ont dit non à ce pacte colonial et se sont prononcés en faveur de l’indépendance et de l’autodétermination de notre pays. Si les Suisses avaient glissé un oui dans l’urne à la Saint-Nicolas 1992, le pays serait aujourd’hui membre de l’UE.

Intérêts égoïstes avant l’intérêt commun
Mais pourquoi diable de plus en plus de politiciens bourgeois chevronnés se sont-ils mis à douter des piliers fondamentaux de notre État et à s’y attaquer ? En 1989, après la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc de l’Est, qui marquait la fin de la guerre froide, beaucoup d’entre eux ont perdu la tête et ont pensé que la paix était gravée dans le marbre. Cette naïveté a notamment fait naître des idées telles que la suppression ou, du moins, le remaniement total de l’armée. Certains ont aussi voulu s’écarter de la ligne, difficile à suivre, de défense de l’indépendance et de la neutralité. Beaucoup se sentaient à l’étroit dans notre petit État souverain. Ils ont vu leur salut dans l’intégration et l’adhésion à ce qui s’appelait alors la Communauté européenne (CE), l’actuelle Union européenne. Ils projetaient sur l’UE leurs propres souhaits et intérêts, l’intérêt commun du pays étant devenu le cadet de leurs soucis. Fini la guerre, les frontières devenaient obsolètes. Or, peu après, l’ex-Yougoslavie – à une heure de vol de chez nous à peine – sombrait dans une terrible et sanglante guerre civile.

Le monde est fait de personnes
Nombre de bourgeois et, à l’unisson, les associations économiques rê-vaient aussi en 1992 de marchés intérieurs sans frontières, fantasmaient sur des unions monétaires et de nouvelles opportunités économiques. Ces milieux perdaient de vue que le monde est fait de personnes et non de concepts intellectuels. Ils refusaient de voir à quel point l’UE était mal pensée. À l’époque, en 1992, l’UE n’était qu’un projet. On ne savait pas exactement ce qu’il deviendrait. Il était alors encore plus difficile qu’aujourd’hui de discuter de ses défauts.

Nouvel accord d’enchaînement
La présidente de la Confédération, Doris Leuthard, n’entend pas signer un accord cadre institutionnel avec l’UE comme cela était prévu au début 2017, mais en 2018. Il s’agit une fois de plus de s’enchaîner à l’UE, mais pire encore qu’en 1992: la Suisse s’engagerait par cet accord à une reprise générale de lois étrangères, à la reconnaissance de juges étrangers et à accepter les sanctions que l’UE pourrait prononcer contre elle. Là encore, l’enjeu de la votation sera Etre ou ne pas être pour la Confédération suisse.

Tous contre l’UDC
Une fois de plus, hélas, l’UDC mène seule son combat. La classe politique soutiendra à nouveau la capitulation suisse. C’est pourquoi l’UDC doit à nouveau prendre les choses en main. Comme en 1992 ! Heureusement, cette fois la donne est plus favorable qu’à l’époque, où la population était partagée en deux. Aujourd’hui, 80% des Suisses, même en Suisse romande, ne veulent plus adhérer à l’UE. Et plus de 90% sont favorables à la neutralité.

Au vu de ces chiffres, les politiciens ont retourné leur veste mais pas changé d’avis pour autant. Les partis bourgeois PLR et PDC affirment certes officiellement ne plus vouloir adhérer à l’UE. Pourtant, ils tiennent à cet accord, qui en fin de compte pousserait la Suisse dans l’UE.

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