À Genève, nous connaissons mieux qu’ailleurs l’importance des relations internationales. Notre canton accueille des organisations, des institutions et des acteurs venus du monde entier. Cette vocation internationale nous rappelle une évidence : la crédibilité d’un pays repose autant sur ses engagements que sur sa capacité à les tenir.

Dans le domaine stratégique de la défense, la Suisse est en train de perdre cette crédibilité. Les restrictions imposées à notre industrie du matériel de guerre ont conduit plusieurs partenaires européens à se détourner de nos entreprises. Pourquoi commanderaient-ils des équipements suisses s’ils ne peuvent avoir la garantie de les utiliser, de les échanger ou de les entretenir lorsque les circonstances l’exigent ?
Les conséquences dépassent largement les seules considérations commerciales. En perdant ses débouchés, notre industrie perd progressivement ses capacités de production, ses compétences et sa place dans les chaînes d’approvisionnement internationales. Ce sont autant de ressources dont notre propre armée pourrait avoir cruellement besoin demain.
Une indépendance stratégique nécessaire
Dans un monde marqué par des tensions croissantes, la Suisse ne peut se permettre de devenir un simple spectateur, dépendant des décisions prises à l’étranger pour assurer sa propre sécurité.
La modification de la loi sur le matériel de guerre vise à rétablir un cadre plus réaliste, permettant à nos entreprises de retrouver leur place auprès de partenaires fiables, tout en maintenant des mécanismes de contrôle et les prérogatives du Conseil fédéral.
Notre pays a toujours su conjuguer ouverture sur le monde et défense de ses propres intérêts. Il doit aujourd’hui retrouver cet équilibre.
Pour être un partenaire respecté, il faut aussi être un partenaire sur lequel on peut compter. Et pour la Suisse, c’est une question de crédibilité, de sécurité et d’indépendance. Le 29 novembre, votons OUI à la modification de la loi sur le matériel de guerre.