La neutralité suisse : un pilier à défendre sans compromis
La neutralité n’est pas une option parmi d’autres. Elle est l’un des fondements de notre prospérité, de notre sécurité et de notre crédibilité internationale. Pourtant, ces dernières années, elle a été affaiblie par des décisions politiques qui brouillent notre position et entament la confiance dont bénéficie la Suisse à l’étranger.

La neutralité suisse est un instrument concret de politique étrangère, reconnu depuis 1815, qui a permis à notre pays de rester à l’écart des conflits et de s’imposer comme un acteur respecté sur la scène internationale. C’est précisément cette constance qui a fait de Genève une capitale mondiale du dialogue, siège des Nations Unies, du CICR et de centaines d’ONG.
Mais cette position privilégiée repose sur une condition : la crédibilité. Or, celle-ci se fragilise dès lors que la Suisse donne le sentiment de s’aligner sur un camp. Lorsque notre pays reprend des sanctions ou s’inscrit dans des logiques de blocs, il s’éloigne de son rôle de médiateur. Sans neutralité claire, la Suisse s’expose à des pressions politiques et perd sa capacité à offrir ses « bons offices ».
L’érosion de la neutralité, un danger systémique
Une Suisse perçue comme partiale ne peut plus être un lieu de négociation crédible. Elle affaiblit Genève internationale, qui dépend de notre neutralité. Aujourd’hui, certains signaux montrent que ce rôle est remis en question, au moment même où le mondeaurait plus que jamais besoin de médiation. Sans neutralité, la Suisse est menacée jusque dans son intégrité territoriale ; au milieu des grandes puissances dans un monde globalisé et instable, cette dangereuse posture n’est tout simplement pas imaginable.
L’initiative sur la neutralité vise à remettre de la clarté là où l’ambiguïté s’est installée, inscrivant dans la Constitution une neutralité « perpétuelle et armée », garante de notre indépendance et de notre sécurité. Elle fixe un cap : celui d’une Suisse souveraine, qui ne se laisse pas entraîner dans des alliances militaires ni dans des conflits étrangers.
Pour Genève, pour la Suisse, une neutralité forte n’est pas un repli mais une force, la condition de notre liberté d’action, de notre crédibilité et de notre rôle unique de pont entre les nations. OUI à l’initiative sur la neutralité, c’est défendre ce qui fait la Suisse.

