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Assurer l'AVS
09.02.2004 - Toni Bortoluzzi

Assurer l'AVS

Le thème de la prévoyance vieillesse inquiète à juste titre la population suisse. Cela n'a finalement rien d'étonnant. Les effets de...

Le thème de la prévoyance vieillesse inquiète à juste titre la population suisse. Cela n'a finalement rien d'étonnant. Les effets de la démographie et du développement économique sont connus et ont fait l'objet de vastes recherches. Le rapport sur la prévoyance-vieillesse à trois piliers ainsi que les rapports IDA FiSo 1 et 2 ont clairement mis en évidence l'évolution qui nous attend. Faute de corrections, il faudra injecter des sommes importantes dans ce système. La charge sociale a passé durant les douze ans écoulés de 21 à env. 28% du PIB, ce qui représente une augmentation de plus de 30% en valeur réelle. Cette évolution a des effets négatifs sur l'économie suisse et, partant, sur l'emploi. Pour nombre de cotisants, la charge sociale a dépassé le niveau du supportable. L'expansion de l'économie grise est un signe indubitable dans ce sens.

Des Etats occidentaux comparables à la Suisse et présentant une charge sociale égale ou légèrement supérieure à celle de notre pays prennent actuellement des mesures drastiques en réduisant notamment les rentes. Pour toutes celles et tous ceux qui veulent éviter de tels débats en Suisse, mais aussi échapper à des hausses d'impôt massives, il est évident que la 11e révision de l'AVS est un pas dans la bonne direction. Nous sommes à la croisée des chemins en politique sociale. La limite du raisonnable a été dépassée après des décennies d'expansion de l'Etat social et d'augmentation des prélèvements.

Personne ne peut raisonnablement prétendre aujourd'hui qu'il existe des problèmes sociaux sérieux qui exigent une extension des assurances sociales. C'est plutôt le contraire qui est vrai. Il faut veiller à ce que la génération des actifs soit déchargée et non pas grevée de nouveaux prélèvements sociaux.

Les mesures prises dans la 11e révision de l'AVS tiennent compte du développement social. Plus de 80% des femmes en âge d'exercer une activité lucrative peuvent faire état d'un emploi. La limite d'âge à 65 ans pour tous est donc parfaitement acceptable, tout comme les autres adaptations modérées et socialement équilibrées concernant les droits des survivants. Il faut également tenir compte dans ce contexte que, parallèlement, les prestations ont été augmentées dans la LPP avec l'abaissement de l'âge d'entrée.

La 11e révision de l'AVS ne vise pas un démantèlement social, comme le prétendent certains. En réalité, les prestations de l'AVS progressent naturellement du fait de l'augmentation de l'espérance de vie des assurés. Notre système de prévoyance-vieillesse à trois piliers est souple et il a fait ses preuves. Cela dit, il faut renoncer à faire des expériences dangereuses compte tenu des développements inévitables.

Dans cette situation, il faut notamment éviter les retraites anticipées qui entraînent des charges financières pour l'AVS. Une politique modérée - à l'image de cette 11e révision de l'AVS - et le recours aux ressources supplémentaires que sont l'or de la BNS et la totalité du pour-cent de TVA pour l'AVS - prélevé depuis 1999, mais toujours pas versé intégralement à l'AVS - garantissent pour quelques années les rentes AVS sans qu'il soit nécessaire d'augmenter les prélèvements.

09.02.2004 - Toni Bortoluzzi

Assurer l'AVS

Le thème de la prévoyance vieillesse inquiète à juste titre la population suisse. Cela n'a finalement rien d'étonnant. Les effets de...

Le thème de la prévoyance vieillesse inquiète à juste titre la population suisse. Cela n'a finalement rien d'étonnant. Les effets de la démographie et du développement économique sont connus et ont fait l'objet de vastes recherches. Le rapport sur la prévoyance-vieillesse à trois piliers ainsi que les rapports IDA FiSo 1 et 2 ont clairement mis en évidence l'évolution qui nous attend. Faute de corrections, il faudra injecter des sommes importantes dans ce système. La charge sociale a passé durant les douze ans écoulés de 21 à env. 28% du PIB, ce qui représente une augmentation de plus de 30% en valeur réelle. Cette évolution a des effets négatifs sur l'économie suisse et, partant, sur l'emploi. Pour nombre de cotisants, la charge sociale a dépassé le niveau du supportable. L'expansion de l'économie grise est un signe indubitable dans ce sens.

Des Etats occidentaux comparables à la Suisse et présentant une charge sociale égale ou légèrement supérieure à celle de notre pays prennent actuellement des mesures drastiques en réduisant notamment les rentes. Pour toutes celles et tous ceux qui veulent éviter de tels débats en Suisse, mais aussi échapper à des hausses d'impôt massives, il est évident que la 11e révision de l'AVS est un pas dans la bonne direction. Nous sommes à la croisée des chemins en politique sociale. La limite du raisonnable a été dépassée après des décennies d'expansion de l'Etat social et d'augmentation des prélèvements.

Personne ne peut raisonnablement prétendre aujourd'hui qu'il existe des problèmes sociaux sérieux qui exigent une extension des assurances sociales. C'est plutôt le contraire qui est vrai. Il faut veiller à ce que la génération des actifs soit déchargée et non pas grevée de nouveaux prélèvements sociaux.

Les mesures prises dans la 11e révision de l'AVS tiennent compte du développement social. Plus de 80% des femmes en âge d'exercer une activité lucrative peuvent faire état d'un emploi. La limite d'âge à 65 ans pour tous est donc parfaitement acceptable, tout comme les autres adaptations modérées et socialement équilibrées concernant les droits des survivants. Il faut également tenir compte dans ce contexte que, parallèlement, les prestations ont été augmentées dans la LPP avec l'abaissement de l'âge d'entrée.

La 11e révision de l'AVS ne vise pas un démantèlement social, comme le prétendent certains. En réalité, les prestations de l'AVS progressent naturellement du fait de l'augmentation de l'espérance de vie des assurés. Notre système de prévoyance-vieillesse à trois piliers est souple et il a fait ses preuves. Cela dit, il faut renoncer à faire des expériences dangereuses compte tenu des développements inévitables.

Dans cette situation, il faut notamment éviter les retraites anticipées qui entraînent des charges financières pour l'AVS. Une politique modérée - à l'image de cette 11e révision de l'AVS - et le recours aux ressources supplémentaires que sont l'or de la BNS et la totalité du pour-cent de TVA pour l'AVS - prélevé depuis 1999, mais toujours pas versé intégralement à l'AVS - garantissent pour quelques années les rentes AVS sans qu'il soit nécessaire d'augmenter les prélèvements.