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La gauche et son objectif d’une rente unique – une analyse

Mesdames et Messieurs, quel est l’objectif final du PS en matière de prévoyance vieillesse? Une étatisation complète. Ce qui gêne le plus les socialistes dans le système actuel, c’est l’existence du deuxième pilier grâce auquel chaque salarié économise son propre capital vieillesse de manière indépendante et en assumant ses responsabilités.

Le PS a donc inscrit dans son programme politique l’objectif suivant: dans la prévoyance vieillesse, l’accent doit être déplacé des caisses de pension vers l’AVS. En d’autres termes, la prévoyance professionnelle, où chacune et chacun économise de l’argent en vue de sa propre retraite, doit être affaiblie alors que l’institution étatique qu’est l’AVS doit être renforcée.

Jusqu’ici, les tentatives du PS de miner notre efficace modèle à trois piliers sont heureusement restées sans succès. Par exemple, la conseillère nationale socialiste Rossini voulait augmenter les rentes AVS de 50% par le biais d’une initiative parlementaire (03.466). Le projet n’a même pas réussi à franchir la rampe du National. La plus récente action de sape socialiste a échoué en votation populaire lorsque 21 cantons et près de 60% des votants ont rejeté l’initiative AVSplus. Encore une fois, la revendication de la gauche était claire: financer par une hausse des impôts et des redevances une extension des prestations de l’AVS coûtant plus de quatre milliards de francs. La classe moyenne eût été la principale victime de ce projet irresponsable.

Le dernier projet touchant à la prévoyance vieillesse et sur lequel nous voterons le 24 septembre prochain va encore plus loin que l’excessive initiative AVSplus: non seulement il augmente les prestations de l’AVS moyennant une hausse des impôts et taxes, mais il affaiblit en plus le deuxième pilier qui a largement fait la preuve de son efficacité. Le but des socialistes est en effet de transformer progressivement la prévoyance professionnelle en une machine étatique de redistribution en soumettant également le 2e pilier au système de la répartition par analogie à l’AVS.

La principale différence entre le premier et le deuxième pilier, donc entre l’AVS et la caisse de retraite, réside dans le système de financement. L’AVS est financée selon ledit système de répartition alors que le deuxième pilier repose sur le système de capitalisation. Dans le premier cas, les recettes d’aujourd’hui servent directement à alimenter les rentes d’aujourd’hui. La rente AVS étant limitée, mais les cotisations étant perçues sans plafond via des prélèvements sur les salaires, les rentes des personnes qui n’ont pas cotisé suffisamment pour réaliser une rente complète – les immigrants seront de plus en plus nombreux dans ce cas – sont financées par les arts et métiers et la classe moyenne. Dans le deuxième pilier, en revanche, chaque salarié économise son propre capital vieillesse qui, lors de sa mise à la retraite, sera transformé en rente.

Les socialistes, avec le généreux soutien du PDC qui se qualifie désormais de "social", ont réussi à faire entrer dans le projet un passage qui exproprie sournoisement les salariés économisant pour constituer leur deuxième pilier. Concrètement, il s’agit d’abuser du fonds de sécurité du deuxième pilier, qui sert en fait à garantir les fonds de prévoyance de caisses insolvables, pour augmenter les rentes prétendument "réduites" de la prévoyance professionnelle. En clair: les épargnants du deuxième pilier n’ont plus droit à leur propre capital vieillesse, mais doivent en céder une partie à ceux qui n’ont pas assez économisé. Ce sont avant tout des étrangers à bas revenu qui profiteront de cette disposition. Le PS franchit un grand pas en direction de son objectif, à savoir imposer le mécanisme de redistribution également dans la prévoyance professionnelle – cela, comme de coutume, à charge des citoyens travailleurs et contribuables dont la responsabilité individuelle est foulée au pied et qui doivent une fois de plus passer à la caisse.  

Mais le projet PS/PDC franchit une étape supplémentaire: la hausse massive des prestations de l’AVS augmentera dans peu de temps les coûts annuels de cette institution de plus d’un milliard de francs par rapport à aujourd’hui. C’est pour cette raison d’ailleurs que le comité soutenant le projet répète comme moulin à prière que le financement est assuré pour la prochaine décennie grâce à la hausse de la TVA. Mais alors viendra le temps pour les générations des années à forte natalité de réclamer leur droit à la rente, si bien que les déficits de l’AVS exploseront. Conséquence de cette extension financièrement insupportable des prestations de l’AVS: le Conseil fédéral devra dans quelques années déjà présenter un nouveau projet d’augmentation de la TVA ou de hausse des prélèvements sur les salaires. L’Union syndicale l’admet d’ailleurs elle-même dans sa brochure en relevant qu’un financement supplémentaire sera nécessaire la prochaine décennie. Les syndicalistes évoquent à cet effet une hausse de la TVA de 1%, ce qui signifiera alors un passage de 8,3 à 9,3%. Rappelez-vous: lorsque la TVA a été introduite en 1995, elle n’était encore que de 6,5%. Conformément au principe de la boule de neige, ce projet augmente les impôts et les prestations de l’AVS alors que l’on sait parfaitement qu’une décennie plus tard la situation financière de l’AVS sera beaucoup plus grave qu’aujourd’hui, donc que les réformes seront infiniment plus difficiles à réaliser.

Notons enfin que le texte mis en votation et d’autres projets en préparation au Département fédéral de l’intérieur submergent le deuxième pilier de règlementations bureaucratiques, de lois et d’ordonnances. La conséquence sera une augmentation des frais administratifs dont la gauche tirera ensuite prétexte pour combattre les caisses de pension. Le conseiller fédéral Alain Berset veut aussi obliger les caisses de pension d’investir les fonds de prévoyance qui leur sont confiés dans des titres énergétiques et écologiques, même si ces placements offrent un mauvais rendement. Ce même ministre met aussi tout en œuvre pour que, dans le cadre de la révision en cours des prestations complémentaires, les possibilités de prélèvement de capital vieillesse soient restreintes au point que les économies personnelles réalisées par les cotisants ne soient bientôt disponibles que sous forme de rente – au taux de conversion prescrit par l’Etat. Le but de ces projets est toujours le même: affaiblir les caisses de pension et renforcer la machine étatique de redistribution via l’AVS.

Cette réforme de la prévoyance vieillesse est une attaque perfide de la gauche contre la prévoyance vieillesse privée et basée sur la responsabilité individuelle. Il faut que vous preniez bien conscience que les 70 francs supplémentaires par mois que veut distribuer la gauche ne peuvent pas être simplement ramassés sur la route. Ils doivent être financés par de nouveaux impôts et redevances. Nous savons déjà pertinemment qui devra payer la facture de cette opération: la classe moyenne et les arts et métiers devront une fois de plus passer à la caisse pour faire profiter la clientèle de la gauche.

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