Exposé

Le Conseil fédéral sacrifie les paysans sur l’autel de l’adhésion à l’UE

Le Conseil fédéral et le Parlement, sous l’impulsion de la conseillère fédérale PDC Doris Leuthard, abandonnent l’agriculture suisse au libre-échange. L’objectif secret de cette politique agricole…

Toni Brunner
Toni Brunner
conseiller national Ebnat-Kappel

Le Conseil fédéral et le Parlement, sous l’impulsion de la conseillère fédérale PDC Doris Leuthard, abandonnent l’agriculture suisse au libre-échange. L’objectif secret de cette politique agricole funeste est toujours l’adhésion à petits pas à l’UE. Ce processus accepte implicitement la disparition de nombreuses exploitations en Suisse.

L’assentiment de la coalition, formée du PS, du PRD et du PDC au Conseil national, à l’introduction unilatérale et incompréhensible du principe du « Cassis de Dijon », montre que le Parlement non plus n’est pas en mesure ou ne souhaite pas mettre un terme aux courbettes et aux révérences du Conseil fédéral. La qualité et la diversité des produits suisses s’en ressentiront considérablement. Les marges des importateurs augmenteront et anéantiront du même coup les baisses de prix promises aux consommateurs, la Suisse connaîtra une augmentation du trafic des marchandises et la production agricole suisse perdra des emplois. Et comme si cela ne suffisait pas, Doris Leuthard aspire toujours au libre-échange dans le secteur agricole avec l’UE, allègrement, comme si rien n’avait changé sur le plan de la politique étrangère ou de la politique économique. Les prochaines négociations sur le thème auront lieu début juin. Plutôt que de renoncer à ces accords désastreux pour l’agriculture nationale, des réserves au bilan sont déjà provisionnées aujourd’hui, en vue de financer de soi-disant « mesures d’accompagnement » aussi coquettement appelées « aides à la reconversion » dans le jargon du Conseil fédéral, mais qui sont en fait des primes à la disparition. Au lieu de renforcer notre agriculture, c’est une branche importante de l’économie nationale de notre pays qui est sacrifiée à ces accords et des dizaines de milliers d’emplois qui disparaîtront au profit de l’UE. Ces considérations sont aussi valables pour les autres mesures d’ouverture du marché prévues dans le cadre des négociations à l’OMC.

Le libre-échange doit aller de pair avec une concurrence loyale, c’est-à-dire que les mêmes conditions, les mêmes moyens de production, les mêmes directives en matière de qualité et les mêmes contrôles doivent s’appliquer à tous les acteurs du marché. Il est impensable que d’un côté la Suisse mette en œuvre des directives et des réglementations contraignantes et qui renchérissent la production indigène, et que de l’autre elle autorise l’importation de denrées, produites dans des conditions incertaines en matière de protection de l’environnement et des animaux.

L’UDC soutient de manière inconditionnelle le principe d’une agriculture suisse indépendante, qui est l’un des piliers principaux de la souveraineté et de l’identité de notre pays.
L’UDC s’engage pour une agriculture, qui entretient notre paysage rural, d’une importance capitale pour notre tourisme et notre bien-être, qui se porte garante d’un approvisionnement suffisant de la population suisse en denrées de haute qualité et qui assure un peuplement décentralisé de la Suisse.

C’est pourquoi l’UDC fait part des revendications suivantes:

  • Le Conseil fédéral, en la personne de Doris Leuthard, doit immédiatement interrompre les négociations sur le libre-échange dans le secteur agricole avec l’UE, particulièrement dans le contexte actuel de guerre économique que nous connaissons. 
  • La garantie d’un approvisionnement suffisant de notre pays en produits locaux sains et de haute qualité doit être une priorité. Le principe du « Cassis de Dijon » ne doit pas être introduit unilatéralement.
  • Le Conseil fédéral doit concentrer sa politique agricole sur une production autonome et répondant aux normes du marché et non l’orienter en fonction d’une adhésion éventuelle à l’UE.
  • Le Conseil fédéral doit tenir compte des intérêts de l’agriculture et non seulement de l’économie lors des négociations multilatérales d’accords commerciaux. Ces accords entérinent en effet l’abaissement des barrières douanières et la diminution des subventions au seul profit des Etats exportateurs de produits agricoles.
  • Les revenus des exploitations ne doivent pas baisser davantage.
  • Dans l’aménagement du territoire il convient de traiter l’agriculture avec une certaine souplesse, pour lui permettre dans la mesure du possible de générer des revenus supplémentaires.
Toni Brunner
Toni Brunner
conseiller national Ebnat-Kappel
 
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