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Exposé
Conférence de presse de 03. juillet 2006

L’UDC rejette un accord de libre-échange dans le secteur agricole avec l’UE

Jusqu’ici, l’agriculture a toujours été considérée en Suisse comme une partie de l’économie. Cela ne semble plus être le cas à l’avenir en raison de l’issue incertaine des négociations OMC et du proje

Jusqu’ici, l’agriculture a toujours été considérée en Suisse comme une partie de l’économie. Cela ne semble plus être le cas à l’avenir en raison de l’issue incertaine des négociations OMC et du projet du Conseil fédéral de conclure avec l’UE un accord de libre-échange dans le secteur agroalimentaire.

En fait, un accord de libre-échange avec l’UE dans le secteur agroalimentaire devrait avoir pour objectif de renforcer la compétitivité de l’agriculture suisse et de baisser les prix à la consommation. S’agissant du premier objectif, il paraît difficile à atteindre, car les effets d’un accord de libre-échange sur les prix à la production sont faibles, voire carrément nuls. Le prix excessif de la production agricole suisse s’explique, comme dans d’autres branches économiques, par le niveau élevé des salaires et du coût des investissements. De plus, l’Etat multiplie les exigences et les contraintes qui augmentent également les coûts de production. Le dernier exemple en date, c’est l’obligation de doter les tracteurs de filtres à particules. Un accord de libre-échange ne modifierait pas cette situation. Il est tout de même étonnant de voir un Conseil fédéral annoncer son intention d’harmoniser l’agriculture par le biais d’un accord de libre-échange tout en multipliant parallèlement les réglementations spéciales. Le libre-échange n’améliore donc pas la compétitivité de l’agriculture suisse et le slogan politique des « importations parallèles » – que l’UDC réfute – n’est qu’un leurre. Exemple: les agriculteurs suisses dépensent beaucoup plus pour l’énergie que pour les semences, les engrais et les traitements phytosanitaires. Alors que les prix de ces produits sont restés à peu près stables ces dernières années, le coût de l’énergie a massivement augmenté en raison des impôts, taxes et redevances prélevés par l’Etat. Même constat pour la RPLP: cette redevance est payée à raison de 75% par le trafic intérieur de marchandises. L’agriculture et les consommateurs en font les frais, la première sous la forme de marges réduites, les seconds par une hausse des prix des marchandises.

Mais les effets sur les prix à la consommation sont limités, car plus de 45% des denrées alimentaires sont importées. Le secteur de la transformation et le commerce de détail se battent avec les mêmes problèmes. Bien que l’agriculture ait livré ses produits à des prix qui ont baissé de 25% – environ 2,5 milliards de francs en valeur absolue – durant les 12 ans écoulés, les consommateurs ont connu durant la même période une augmentation du prix des denrées alimentaires de 15%. Il y a là de toute évidence un dysfonctionnement, mais qu’un accord de libre-échange ne parviendra certainement pas à résoudre.

Un tel accord ne résout pas des problèmes structurels, mais repousse simplement la solution de ces problèmes à plus tard.

La discussion sur un accord de libre-échange ne doit pas se limiter au secteur agricole. En fait, ce projet à des conséquences économiques bien plus larges. Le Conseil fédéral veut en effet inclure dans le libre-échange les branches en amont et en aval, mais il ne dit ou ne sait pas ce qu’il entend par là. A propos du projet d’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, on avait dit qu’une telle convention entraînerait la suppression de 100’000 emplois en Suisse. Ce chiffre peut sans doute être extrapolé à l’accord de libre-échange agroalimentaire avec l’UE. En clair, cet accord provoque l’exportation d’emplois de l’agriculture, des branches en amont et de l’industrie alimentaire vers des pays connaissant des coûts de production moins élevés. Pire, nous n’exportons pas seulement des emplois, mais aussi des créations de plus-values. Est-ce vraiment la tâche de notre économie nationale?

Un accord de libre-échange ne place pas la Suisse au même niveau que ses partenaires, bien au contraire. La pression due aux importations bon marché augmentera sans que l’industrie alimentaire suisse ait des chances équivalentes d’exporter ses produits de qualité supérieure. La branche fromagère, qui exporte depuis plus de cent ans, réussit actuellement tout juste à équilibrer le rapport entre les importations et les exportations. Cela dit, au moment du débat sur les accords bilatéraux I on avait promis aux paysans qu’ils pourraient augmenter de 20% leur production laitière jusqu’en 2007. Il n’en est plus question aujourd’hui.

Un accord de libre-échange agricole avec l’UE affaiblirait par ailleurs la position de la Suisse dans les négociations OMC. Il est évident que la Suisse serait contrainte de faire des concessions supplémentaires, et cela non seulement face à l’UE. Inversement, on comprend que l’UE soit intéressée au libre-échange pour ses produits agricoles et alimentaires. La Suisse est aujourd’hui déjà l’un de ses principaux marchés pour ces produits. Et il n’est pas exclu que ces négociations permettent à l’UE de faire passer la Suisse à la caisse dans d’autres domaines. Pour demander un accord de libre-échange agricole, il faut forcément songer à l’adhésion à l’UE. Cet accord sert donc à casser l’opposition des paysans à l’adhésion de la Suisse à l’UE. Avec chaque rattachement institutionnel supplémentaire à l’UE, le Conseil fédéral se rapproche de son objectif de pousser définitivement la Suisse dans l’UE.

L’UDC invite le Conseil fédéral à ne pas ouvrir de négociations exploratoires avec l’UE. Celles-ci ne répondent à aucune nécessité. Il s’agit bien plus de concevoir une politique agricole indépendante qui tienne compte des intérêts de l’agriculture, de l’espace rural et des branches économiques en amont et en aval.

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