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Oui à Frontex. En tant que membre de Schengen, nous sommes tributaires de la protection de la frontière extérieure

Contrairement à la volonté de l’UDC et d’autres organisations critiques à l’encontre de l’Union européenne, le peuple suisse a approuvé l’accord de Schengen/Dublin en 2005, s’engageant dès lors à en reprendre tous les développements.

A l’époque, il y avait (et il y a toujours encore) de bonnes raisons de s’y opposer : le concept de Schengen est la liberté de déplacement au sein de l’Europe, sans contrôle des personnes aux frontières nationales et tout en fermant rigoureusement les frontières extérieures de l’UE. Cela est toutefois resté très théorique ; si cela sonnait bien sur le papier, ce n’est qu’un raté de plus dans la pratique (comme beaucoup de choses au sein de l’UE).

Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, est un pilier toujours plus important de Schengen
Frontex a pris de l’importance face à la pression de la crise migratoire de 2015. D’ici la fin 2027, une armée entière de quelque 10’000 hommes devrait être sur pied ; elle ne sera certes pas déployée sur place mais l’on pourra y faire appel en cas de besoin. Le budget sera alors d’un milliard d’euros. La contribution suisse restera toujours de l’ordre de 4.5%, représentant dès lors 61 millions de francs par an au lieu de 24 millions actuellement.

Frontex coordonne la coopération dans le domaine de l’immigration illégale et la protection des frontières extérieures tout en soutenant les Etats dans le renvoi des clandestins. L’agence de protection des frontières coopère activement avec plus de 20 pays hors de l’UE et coopère entre autres avec les garde-côtes libyens, qui interceptent les embarcations transportant des migrants et les conduisent dans un port sûr. Il est prévu d’intensifier la surveillance aérienne en mer Méditerranée et de mettre en place un service composé de spécialistes de la détection de faux documents.

Voulons-nous nous associer avec des militants de gauche favorables à l’immigration ?
Les objectifs du comité référendaire sont diamétralement opposés à la mission de Frontex. Nous parlons ici d’activistes immigrationnistes du mouvement « No border ». Pour eux, s’appliquent « les Droits de l’Homme » qu’ils ont eux-mêmes défini (consistant entre autres à tout un chacun le droit de pouvoir s’installer n’importe où dans le monde). Un non le 15 mai ne servirait que les intérêts de ces activistes de gauche comme Carola Rackete et leurs organisations, soit ceux qui se battent en faveur de routes migratoires sûres, légalisées et pour des programmes de relocalisation irresponsables, pour des contingents de réfugiés, pour un regroupement familial généreux et pour un service de ferry sans obstacles en Méditerranée.

Les partisans du référendum sont, entre autres, les Jeunes socialistes, les enfants de la grève du climat, le GSsA, les Verts, le Parlement des migrants, le Collectif féministe pour la grève des femmes, les autonomistes et le Mouvement pour le socialisme. Voulons-nous nous associer avec ces militants de gauche ? Avec tous ceux qui veulent que les mafias de passeurs oeuvrent sans entrave, qui veulent que personne ne fasse barrage aux dizaines de milliers de migrants économiques en Méditerranée ?

La position de l’UDC est claire dans la mesure où nous admettons que Frontex fonctionne mal et que la construction de Schengen, selon laquelle les frontières extérieures doivent être rigoureusement protégées et que seules les marchandises peuvent être contrôlées aux frontières intérieures, ne fonctionne pas du tout. Dire que Schengen apporte plus de sécurité, comme on nous l’avait autrefois promis, est la plus grande des blagues. Mais tant que la Suisse restera membre de Schengen, nous serons tributaires de la protection des frontières extérieures. Pour résoudre certains problèmes comme l’immigration illégale en direction de l’Europe, une collaboration avec d’autres pays reste judicieuse. Un oui de l’UDC à cette étape de la réforme ne constitue pas un oui de l’UDC en faveur du système défaillant de Schengen.

Si en tant que parti nous combattons Frontex, cela nous retombera dessus lors de la prochaine vague d’immigration et nous ne pouvons pas nous le permettre, ne serait-ce que pour des raisons tactiques. Dites donc oui à Frontex. Merci.

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