Schengen et Frontex : après avoir pesé les pour les contres, c’est un NON clair et net !

La Suisse fait partie du réseau de sécurité de Schengen. L’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) soutient les Etats Schengen sur le plan opérationnel pour le contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen. La Suisse collabore avec Frontex depuis maintenant plus de 10 ans. Depuis 2019, Frontex s’est développée au sein de l’UE. Avec cette extension, elle reçoit ainsi plus d’argent et de personnel. La Suisse doit maintenant faire sa part dans cette réforme. Ce projet promet un contrôle plus efficace des frontières extérieures mais il entraîne également une augmentation des coûts et du personnel. La gauche a lancé un référendum contre ce dernier.

Andreas Glarner
Andreas Glarner
conseiller national Oberwil-Lieli (AG)

L’UDC était contre l’accord de Schengen lors de la campagne de votation en 2005. L’ensemble des arguments que nous avions formulés se sont réalisés. Nous avons délégué la responsabilité de nos frontières à l’Union européenne ; nous n’avons dès lors plus le droit de contrôler nous-mêmes nos frontières mais devons miser sur un contrôle correct des frontières extérieures de l’UE. Et bien évidemment, les frontières extérieures de l’UE sont de véritables passoires…

Frontex, c’est aussi cher qu’inefficace
Le Conseil fédéral fait l’éloge du système d’information Schengen (SIS). Oui, nous lui devons certains succès et c’est une bonne chose que nous puissions en faire partie. Nous pourrions toutefois aussi acheter cette prestation. Quand bien même : est-il judicieux de ne plus contrôler nos propres frontières, de transférer ces contrôles à l’UE et d’espérer ensuite que cela soit fait convenablement ? Non, bien entendu et c’est justement parce que pratiquement n’importe qui peut entrer en Europe sans contrôle que nous devons nous appuyer sur le SIS. Il est donc absurde de faire les éloges des succès obtenus par un système dont les résultats sont en définitive nettement moins bons que si nous contrôlions nous-mêmes nos frontières.

Bien évidemment, tout cela nous coûte également beaucoup plus cher que ce qui avait été promis à l’époque. Lors de la campagne de votation, nous parlions de 2.3 millions de francs. Aujourd’hui, en réponse à une question qui lui était adressée le 14 juin 2021, le Conseil fédéral parle alors « d’un peu plus de 24 millions pour 2021, 38 millions environ pour 2022 et 42 millions pour 2023 ». Pour 2024, le Conseil fédéral s’attend à quelque 46 millions de francs ! On peut toujours se tromper un petit peu… mais voilà que selon le projet qui nous est soumis, les coûts supportés par la Suisse passeront à 61 millions de francs en 2027 !

Le PS et les Verts rejettent le projet pour des raisons toutefois totalement différentes. La gauche veut accueillir au moins 4000 réfugiés tous les 2 ans dans le cadre du programme de réinstallation. Ils demandent également que quiconque empêche, par la violence ou la menace, une personne de demander l’asile en Suisse ou dans un Etat de l’espace Schengen soit puni d’une amende ou d’une peine de prison d’un an maximum. Vous savez toutefois bien que pour beaucoup de gens de gauche, une simple demande bruyante est d’ores et déjà considérée comme de la violence. Le PS, les Vert’libéraux et les Verts affirment que la Suisse est « co-responsable » des prétendues violations des droits de l’Homme commises par Frontex, par son soutient financier à l’agence.

Toujours est-il que selon le projet, les interventions de la Suisse aux frontières extérieures de l’UE ne peuvent pas être déduites du contingent de garde-frontières aux frontières suisses. Les interventions de Frontex sont soumises à une procédure d’autorisation similaire à celle des interventions militaires à l’étranger. Le Conseil fédéral décide d’une durée de l’intervention allant jusqu’à 6 mois, tandis que l’Assemblée fédérale se prononce sur les interventions d’une durée supérieure.

Le projet comprend notamment des mesures de compensation humanitaires dans le droit d’asile. Les voies de recours des demandeurs d’asile sont renforcées et l’assistance dans les procédures de recours est étendue.

Si la Suisse refuse ce développement de l’acquis Schengen, sa collaboration avec les Etats Schengen / Dublin prendra automatiquement fin, à moins que les Etats de l’UE et la Commission européenne ne fassent un geste en faveur de la Suisse et ils le feront sans aucun doute, car l’accord est très clairement dans l’intérêt de l’Union européenne. Voilà pourquoi il faut dire NON à Frontex !

Andreas Glarner
Andreas Glarner
conseiller national Oberwil-Lieli (AG)
 
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