
Depuis quelques années, on constate une tendance à l’extension des diagnostics psychiatriques, des états ou comportements jugés naguère normaux étant qualifiés aujourd’hui de maladie. L’intégration de ces troubles dans les maladies psychiques fait exploser les coûts de la santé et risque au surplus de conduire à des erreurs de diagnostic. Avec la dernière édition de l’ouvrage américain "Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders" ("Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux"), qui fait référence en matière de psychiatrie, il faut s’attendre à une nouvelle extension des pathologies, de nouveaux troubles (troubles alimentaires, troubles émotionnels, troubles de la mémoire, troubles de l’attention, anxiété) étant reconnus comme maladie et les diagnostics de dépendance (addiction à Internet, achats compulsifs, addiction au travail, addiction sexuelle, etc.) augmentant. Face à cette situation, nous prions le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes:
1. Comment a évolué le nombre de diagnostics et de traitements de troubles psychiques depuis 2004?
2. L’évolution en Suisse est-elle comparable à celle observée à l’étranger?
3. Quel montant total représentent en Suisse les frais de santé occasionnés par les troubles psychiques et leur traitement?
4. Quel coût occasionnent-ils à l’assurance-maladie et à l’assurance-invalidité?
5. Quels traitements et quels frais sont-ils couverts par l’assurance-maladie obligatoire dans le domaine des troubles psychiques?
6. Quels troubles sont-ils reconnus par l’assurance-invalidité?
7. Quelle autorité décide-t-elle en Suisse de l’intégration de nouveaux troubles dans les maladies psychiques et du diagnostic de ces troubles?
8. Quelle autorité examine-t-elle si de nouveaux troubles psychiques doivent être reconnus par l’AI et par l’assurance-maladie obligatoire?
9. Si l’augmentation du nombre de troubles psychiques reconnus comme maladie se confirme, a-t-elle une incidence dans le domaine scolaire en termes, par exemple, de mise en place de mesures de pédagogie spécialisée ou d’augmentation des effectifs?
10. Quelles mesures le Conseil fédéral compte-t-il prendre pour lutter contre cette tendance, si elle se vérifie, d’autant plus que ces mesures permettraient de prévenir de fausses épidémies, des erreurs de diagnostic, l’abus de médicaments ou la stigmatisation de personnes en difficulté comme malades psychiques, et de faire l’économie de frais de traitement élevés?