Depuis des années, les mêmes milieux économiques nous servent le même discours : sans immigration massive, la Suisse manquerait de main-d’œuvre qualifiée. Cette rengaine est répétée à longueur de débats pour tenter de faire peur à la population avant la votation sur l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! ».

Derrière ces grands discours moralisateurs se cache une réalité beaucoup moins avouable : certains veulent surtout maintenir un système fondé sur une main-d’œuvre étrangère bon marché, flexible et jetable.
Pendant que l’on importe chaque année des dizaines de milliers de travailleurs supplémentaires, plus de 266’000 personnes sont aujourd’hui à la recherche d’un emploi dans notre pays. Parmi elles, de nombreux Suisses de plus de 50 ans, expérimentés, compétents, mais devenus indésirables sur un marché du travail où il est souvent plus simple — et moins coûteux — d’engager à l’étranger. Voilà le véritable scandale.
Une réalité totalement différente des discours de l’économie
On ose nous expliquer qu’il manquerait de personnel qualifié alors que des milliers de nos concitoyens peinent à retrouver une activité. Dans de nombreux secteurs, les entreprises préfèrent recruter à l’extérieur plutôt que de former des apprentis suisses, investir dans la formation continue ou maintenir en emploi des collaborateurs plus âgés. Cette logique du remplacement permanent tire les salaires vers le bas et fragilise notre cohésion sociale.
En tant qu’entrepreneur, je connais les besoins de l’économie. Oui, certaines branches recherchent des compétences spécifiques. Mais la solution durable ne consiste pas à ouvrir toujours plus grand les frontières. Elle consiste à mieux valoriser les ressources déjà présentes en Suisse. Former davantage ici. Réintégrer nos chômeurs. Donner une vraie chance aux travailleurs expérimentés. Encourager les entreprises à investir dans les compétences locales plutôt qu’à dépendre continuellement d’une immigration incontrôlée.
L’immigration de masse a un coût énorme pour la Suisse
Cette croissance démographique effrénée a un coût immense pour la population : explosion des loyers, saturation des routes et des trains, pression sur les infrastructures, bétonnage des terres agricoles, surcharge des écoles et du système de santé. La Suisse étouffe.
Les opposants prétendent défendre la prospérité. Mais quelle prospérité ? Celle des multinationales et des grands groupes qui profitent d’un réservoir de main-d’œuvre toujours plus vaste ? Certainement pas celle des familles suisses qui voient leur qualité de vie se dégrader année après année. Les chiffres sont clairs : la prospérité par habitant est en stagnation.
L’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » ne vise pas le repli sur soi. Elle demande simplement du bon sens, de la mesure et de la responsabilité. Aucun pays ne peut absorber une croissance démographique illimitée sans conséquences. Même le Conseil fédéral reconnaît que l’immigration actuelle pose des défis majeurs.
Le 14 juin, nous avons l’occasion d’envoyer un message clair, en votant OUI. La Suisse doit rester maîtresse de son avenir. Nous voulons une immigration maîtrisée, une économie au service de la population et des perspectives pour nos propres travailleurs.