Il y a un moment où il faut arrêter de tourner autour du pot. Le loup est devenu un problème majeur pour nos éleveurs. Partout en Suisse et plus spécifiquement dans le canton de Neuchâtel, la situation devient tout simplement insoutenable.

Début juin, deux génisses ont été tuées sur les hauteurs des Verrières. En juillet, les attaques se sont multipliées dans les Montagnes neuchâteloises. Entre le 4 et le 26 juillet, huit bovins ont encore été tués ou blessés sur le territoire de la meute de La Brévine. Et les attaques se sont rapprochées de la Tourne et du Mont-Racine. Combien faudra-t-il encore de bêtes sauvagement éventrées avant que l’on comprenne ?
Je suis agriculteur et éleveur. Un animal n’est pas un chiffre dans une statistique ou une ligne dans un rapport administratif. Nous le faisons naître, nous le soignons, nous le nourrissons. Nous nous levons la nuit lorsqu’un vêlage se passe mal. Nous travaillons sept jours sur sept pour nos bêtes. Retrouver au matin un animal mort ou gravement blessé par un prédateur est une réalité que certains commentateurs feraient bien de venir voir sur le terrain.
On nous répond avec des clôtures, de la surveillance, des formulaires et toujours davantage de mesures de protection. Bien sûr que les éleveurs prennent leurs responsabilités. Mais nos pâturages ne sont pas des zoos entourés de murs de trois mètres ! Voulons-nous vraiment transformer nos paysages à grands frais pour qu’ils ressemblent à Guantanamo ?
Ceux qui nous nourrissent doivent être protégés
Le loup a sa place dans notre pays uniquement tant que sa population reste sous contrôle et que la sécurité des troupeaux peut être garantie. Lorsqu’un individu ou une meute multiplie les attaques, la réponse doit être rapide : il faut pouvoir tirer. Pas dans trois mois. Pas après la prochaine attaque. Maintenant.
Le canton de Neuchâtel a demandé l’autorisation de réguler le mâle de la meute de La Brévine. C’est nécessaire. Mais nous devons aller plus loin. Les cantons doivent disposer d’une véritable marge de manœuvre pour intervenir rapidement, sans devoir franchir un parcours administratif interminable pendant que les attaques continuent.
La protection du loup ne peut pas passer avant celle de nos animaux de rente et de nos familles paysannes. Nous avons suffisamment attendu, suffisamment protégé et suffisamment compté les victimes.
Nos campagnes ne doivent pas devenir un terrain d’expérimentation pour une politique du loup déconnectée de la réalité.
Quand un loup s’attaque de manière répétée aux troupeaux, il doit être éliminé. Point final.
Trop, c’est trop !