Depuis des années, les habitants de Boudry (NE) et de toute la région subissent les conséquences du plus grand centre fédéral d’asile de Suisse. Vols, incivilités, agressions, harcèlement dans les transports publics, intrusions, dégradations : la liste est longue. Trop longue. Après des années de mesures provisoires et de promesses, il est temps de prendre une décision claire.

J’ai récemment déposé au Conseil national la motion 26.4172 demandant au Conseil fédéral d’organiser dans les meilleurs délais la fermeture du centre fédéral d’asile de Boudry et de transférer ses tâches et ses capacités vers d’autres sites appropriés, hors du canton de Neuchâtel.
Soyons clairs : cette demande ne tombe pas du ciel. Initialement prévu pour 480 places, le centre a connu des pics dépassant 800 personnes lors des périodes de forte pression migratoire. Pour faire face aux problèmes, il a fallu renforcer les patrouilles de police, engager des agents de sécurité dans les transports publics et améliorer constamment la coordination entre les différentes autorités. Est-il normal qu’un centre fédéral nécessite durablement de tels dispositifs pour préserver la tranquillité publique ?
À cela s’ajoute la facture. Les compensations versées par la Confédération ne couvrent pas l’ensemble des charges supportées par notre canton dans les domaines policier, judiciaire et pénal. Autrement dit, les contribuables neuchâtelois paient aussi les conséquences d’une infrastructure qui relève de la Confédération.
Oui, certaines mesures ont permis d’améliorer la situation. Mais devoir maintenir pendant des années des dispositifs extraordinaires démontre précisément que le problème est structurel. Mettre toujours davantage de moyens pour contenir les conséquences n’est pas une solution durable.
Depuis 2018, Neuchâtel assume une charge considérable. Pourquoi notre canton devrait-il continuer indéfiniment alors que les limites du site sont désormais évidentes ? La population a suffisamment attendu. Ma motion demande donc une solution simple et durable : fermer le centre de Boudry et répartir ses capacités ailleurs.
A terme, il faut également limiter l’asile en Suisse
Mais déplacer les capacités ne réglera pas, à lui seul, le problème de fond. In fine, la Confédération doit prendre ses responsabilités. Le Département fédéral de justice et police, dirigé par le conseiller fédéral Beat Jans, doit enfin agir pour limiter l’asile et reprendre le contrôle de la situation. Il ne s’agit pas simplement de déplacer les problèmes de Boudry vers une autre région de Suisse : il faut agir à la source. C’est précisément pour cela que nous aurons besoin de l’initiative pour la protection des frontières, qui demande notamment de mieux contrôler nos frontières et de limiter l’accès à l’asile pour les personnes arrivant en Suisse par des pays tiers sûrs.
Fermer le centre de Boudry est nécessaire. Mais empêcher que d’autres Boudry apparaissent demain l’est tout autant. Il est temps que Berne entende enfin les Neuchâtelois et change de cap.