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Exposé

Pas de perspectives pour une sécurité alimentaire durable en Suisse

A l’article 104 de la Constitution fédérale – le fameux article sur l’agriculture – il est inscrit clairement et sans ambiguïté quels sont les devoirs de l’agriculture nationale. Entre autres, l’alinéa 1 prévoit, aux côtés de l’entretien du paysage rural, de la conservation des ressources naturelles et de l’occupation décentralisée du territoire, la mission d’assurer l’approvisionnement de la population. A cet effet, le souverain a accepté l’initiative sur la sécurité alimentaire il y a tout juste trois ans avec près de 80% des voix, comme l’a rappelé mon collègue Werner Salzmann en introduction. Le nouvel article 104a prévoit à nouveau et précise l’étendue de la sécurité de l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires.

Malgré l’inscription de cette mission dans la constitution, la production locale de denrées alimentaires est tombée sous la barre des 60%. Lors des débats parlementaires concernant l’article 104a de la Constitution, l’ancien Conseiller fédéral Schneider Amman avait déclaré à plusieurs reprises que le gouvernement ferait tout son possible pour que le taux d’auto-approvisionnement ne descende plus. La crise du coronavirus nous a montré que ce sont précisément l’agriculture et l’approvisionnement en aliments sains qui sont centraux et prioritaires pour un Etat de souverain, également en période de perturbations. Cet pour cette raison que le Conseil fédéral a déclaré l’agriculture comme importante pour l’approvisionnement et, partant, comme essentielle pour le système.

La PA22+ qui s’annonce fonce cependant dans la direction opposée. Le Conseil fédéral part du principe que l’application de la PA22+ entrainera une diminution de 10% de la marge d’auto-approvisionnement. Cela signifie que nous ne produirions, d’ici quelques années, que la moitié des calories dont nous avons besoin. Tout le reste serait ainsi importé de l’étranger. Bien que le monde politique et l’industrie alimentaire affirment que les critères de durabilité sont pris en compte pour les produits importés, il sera impossible à l’avenir de s’assurer que les produits importés répondent aux exigences élevées de nos produits locaux.

La perte d’autosuffisance à laquelle le Conseil fédéral souhaite consentir repose sur des hypothèses théoriques élaborées sur la base de calculs et de modélisations. Malheureusement, quand j’examine de près la nouvelle politique agricole en tant que pratiquant du domaine, je constate que la voie que nous semblons choisir nous conduira à tomber clairement en dessous des 50% d’autosuffisance d’ici quelques années. Et cela certainement bien plus vite que ce que pensent les fonctionnaires de l’OFAG et le Conseil fédéral. Les atteintes à la production animale au travers de nouvelles exigences concernant le fourrage, l’élevage et la gestion du fumier porteront leurs effets dans quelques années seulement. Les nouvelles idées en matière de plantations, comme la renonciation aux moyens de protection des cultures ou la promotion des cultures non-labourées jusqu’à l’idée de permaculture entraineront des faillites et des fermetures. Nous vivons déjà cette année les premiers exemples de cultures difficiles, par exemple avec la betterave sucrière ou le colza. Les capacités de production et de transformation réduite, que ce soit dans les exploitations agricoles ou dans les entreprises commerciales, seront très difficiles à combler.

D’ici 2050, la population mondiale atteindre 9,5 milliards d’individus. Pour pouvoir répondre aux besoins de la population, l’agriculture mondiale devra produire 60% de plus qu’aujourd’hui. L’agriculture suisse devra aussi augmenter significativement sa production et fournir des efforts en profitant de nos bons sols et de notre climat optimal. Une augmentation des importations serait contraire à l’éthique : cela engendrerait de manière globale bien plus de dommages que de gains.

Nos exploitations familiales sont des projets intergénérationnels. Dans le monde agricole, les investissements sont généralement amortis sur de très longues périodes, à l’inverse des entreprises industrielles ou du secteur tertiaire. Dans la majorité des cas, un investissement dans les bâtiments, les granges ou les machines doit durer plus d’une génération. Par le passé, la politique agricole était revue tous les quatre à huit ans. Parfois pour des détails, parfois pour des changements fondamentaux. Des investissements entiers pouvaient être remis en question. Il est temps que les paysans puissent enfin obtenir une plus grande fiabilité de la part du législateur en ce qui concerne la sécurité de l’investissement.

Avec la PA22+, le Conseil fédéral veut en outre baisser les revenus de l’agriculture. Les paysans ont pourtant de très bas revenus, aujourd’hui déjà. Il est totalement irresponsable de vouloir baisser encore les revenus de ce secteur comme le désire le Conseil fédéral. Qui plus est, la diminution de la charge administrative que les politiciens promettent depuis de longues années ne pointe pas le bout de son nez dans la nouvelle politique agricole. Toutes ces raisons sont suffisantes, aux yeux de l’UDC, pour renvoyer la PA22+ au Conseil fédéral afin qu’il la révise comme il se doit.

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par l’auteur
Martin Haab
UDC conseiller national (ZH)
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