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Election du directeur général de la SSR: critique précipitée?

L’UDC a critiqué la semaine dernière l’élection de Roger de Weck comme nouveau directeur général de la SSR. Cette attitude lui a valu les attaques de divers médias. Il n’est pas tolérable de…

Martin Baltisser
Martin Baltisser
(AG)

L’UDC a critiqué la semaine dernière l’élection de Roger de Weck comme nouveau directeur général de la SSR. Cette attitude lui a valu les attaques de divers médias. Il n’est pas tolérable de critiquer le nouvel élu alors qu’il n’est pas encore entré en fonction, a-t-on pu lire. L’unique objectif de l’UDC serait de faire des intellectuels une nouvelle cible pour ses attaques. Or, il s’avère de plus en plus clairement que les critiques de l’UDC sont parfaitement justifiées.

Il est évident que l’élection du nouveau directeur général ne s’est pas déroulée comme elle aurait dû. On a en effet appris après coup que le profil des exigences a été modifié dans le courant de la procédure de sélection des candidats. Il était en fait incontesté à gauche comme à droite que le nouveau directeur général de la SSR devait en premier lieu posséder des qualités de gestionnaire. Une entreprise employant plus de 6000 personnes et devant affronter d’importants problèmes structurels a besoin à sa tête d’une personne ayant l’expérience du management. Ce poste ne convient définitivement plus pour récompenser des hauts fonctionnaires méritants ou pour servir de champ d’expérimentation à d’anciens journalistes. On ne sait pas grand-chose sur la procédure d’élection qui est aussi transparente que le choix d’un nouveau pape. Une chose est cependant certaine: si le conseiller fédéral Moritz Leuenberger a effectivement influencé la décision, il a grossièrement outrepassé ses compétences.

Monsieur de Weck a de surcroît un problème évident avec l’UDC. Un homme qui dans 49 éditoriaux sur 210 tape sur l’UDC souffre d’une fixation intellectuelle qui paraît difficile à guérir. Il lui appartient maintenant de faire la preuve qu’il peut traiter correctement et objectivement l’UDC et ses électeurs. Il ne suffit pas à ce propos de renvoyer simplement à la Constitution fédérale et à la législation sur la radio et la télévision. Monsieur de Weck doit d’abord prouver que sa fameuse tolérance dont il se vante à chaque occasion ne s’arrête pas au centre politique comme cela a été le cas jusqu’ici.

De ce point de vue donc, la critique exprimée mercredi dernier par l’UDC était pour le moins modérée. L’UDC est habituée à l’hostilité plus ou moins marquée des médias SSR. Elle ne tient pas non plus à être aimée par Roger de Weck. Le nouveau directeur doit cependant se méfier d’un éventuel ras-le-bol des payeurs de taxes de concession qui ont de plus en plus de mal à identifier la SSR à un authentique service public. L’UDC garantit qu’elle donnera une voix bien audible à ces citoyens contraints de payer la redevance SSR.

Martin Baltisser
Martin Baltisser
(AG)
 
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