Imposition individuelle : Un retour de bâton programmé

Présentée comme moderne et équitable, l’imposition individuelle cache une réalité bien moins avouable. Derrière les slogans, ce projet fragilise les finances fédérales, complique la vie des familles et prépare un choc budgétaire dont l’agriculture sera l’une des premières victimes. Refuser l’imposition individuelle, c’est refuser une fuite en avant.

Thomas Stettler
Thomas Stettler
conseiller national Soyhières (Cne Courroux) (JU)

Une réforme coûteuse, un budget agricole en ligne de mire
L’imposition individuelle entraînerait une perte estimée à plus de 600 millions de francs de recettes fédérales par an. Ce manque devra être compensé par des économies ou de nouveaux prélèvements. Or, lorsque les recettes baissent, ce sont en priorité les dépenses non liées qui sont visées. Le budget de l’agriculture en fait partie.

Un fait est trop souvent passé sous silence : de nombreux agriculteurs paient peu ou pas d’impôt fédéral direct, en raison de revenus modestes et irréguliers. L’agriculture ne sortira donc pas gagnante de cette réforme. Au contraire, la baisse des recettes fédérales mettra encore davantage sous pression les paiements directs, les aides structurelles et le soutien à la relève.

Affaiblir les finances fédérales, c’est affaiblir notre capacité à soutenir une agriculture indigène forte, garante de notre sécurité alimentaire et de l’occupation du territoire.

Bureaucratie fiscale : le conflit est programmé
L’agriculture suisse croule déjà sous la bureaucratie. La comptabilité est devenue, pour de nombreuses exploitations, un combat annuel avec l’administration fiscale. L’imposition individuelle ne simplifiera rien : au contraire, elle compliquera tout.

Le doublement des déclarations, la ventilation artificielle des revenus au sein des couples, les décisions provisoires, puis les oppositions et réclamations deviendront la norme. Les conflits avec l’autorité fiscale sont programmés. Et leurs conséquences sont bien concrètes : dossiers bloqués, retards, impossibilité d’obtenir à temps des bourses d’études, des aides à la caisse-maladie, des subventions ou des crédits agricoles.

L’imposition individuelle n’est ni neutre ni technique. Elle affaiblit les finances fédérales, met sous pression le budget agricole et aggrave une bureaucratie déjà étouffante. Le retour de bâton est programmé.

Refuser cette réforme, c’est faire preuve de responsabilité. C’est défendre des finances publiques saines, une agriculture viable et un État qui respecte le travail de ses citoyens. Mobilisons-nous ! Votons clairement NON à l’imposition individuelle.

Thomas Stettler
Thomas Stettler
conseiller national Soyhières (Cne Courroux) (JU)
 
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